BU MERCURE MAL ADMINISTRÉ. 21 S
sueurs abondantes); que ces symptômes perturbateurs s'opposent môme à ce que le métal déploie son action antisyphilitique (1), ou au moins que celle-ci se trouve entravée (2).
592. — Une expérience personnelle ne m'a pas encore appris s'il est vrai que le soufre pulvérisé soit capable d'arrêter la salivation lorsqu'elle commence; toutefois un grand nombre d'auteurs disent en avoir obtenu les meilleurs effets. Les lois de la chimie peuvent nous rendre compte , du reste, de cette action, car le soufre passant dans la masse du sang doit y rencontrer le mercure, avec lequel il forme un composéfaelhiops minéral) qui n'a pas l'énergie du premier de ces corps.
593. — Quelques auteurs conseillent d'exposer le malade à un grand froid, d^autres de le tenir à une forte chaleur ; les uns et les autres se proposent d'éviter, par ce moyen, la salivation; mais tous les deux manquent le but, surtout lorsqu'ils perdent de vue les causes qui peuvent indiquer Tune ou l'autre de ces températures.
594# — Si un refroidissement passager fait qu'une très petite dose de mercure agisse sur les glandes salivaires, sans qu'il y ait de signes de pléthore , il suffit de tenir chaudement le malade et de lui faire prendre un diaphonique pour arrêter cet effet. Mais s'il y a pléthore et fièvre inflammatoire en même temps que salivation , il faut pratiquer une saignée, et , plus sûrement encore, exposer le malade à l'air frais , et le soumettre à tous les réfrigérants généraux.
(1) Au moins diminue-t-ellc la fièvre mercurielle.
(2) Sydenham {Epist. respons. ad Henri P aman) dit que Je mercure doit détruire !c virus vénérien sans provoquer la salivation, pour mériler le nom d'anlisyphililique.
595. — Les moyens préférés à tous les autres' sont les purgatifs drastiques (1), auxquels on accorde la puissance d'arrêter tout à coup la salivation. L'expérience a cependant démontré qu'il n'y avait pas de méthode plus funeste. La salivation n'est pas, en effet, arrêtée par ce moyen , elle augmente même souvent après que l'action primitive du purgatif est épuisée , surtout si la sécrétion salivaire est amenée par un état d'irritation générale. Qui ne sait combien ces moyens évacuants si énergiques augmentent la faiblesse, surtout lorsqu'on les répète souvent , comme il est recommandé ? Une saignée n'enlèverait pas plus de force au malade. En un mot, l'expérience et la réflexion se réunissent pour faire rejeter une pratique aussi nuisible et aussi funeste.
596. — Je crois que si le mode d'action du camphre était mieux connu , on pourrait en retirer un meilleur parti qu'on ne l'a fait jusqu'à présent; mais nous en sommes encore à ignorer quelle est la disposition organique à laquelle il correspond , et à quelle dose il convient de le donner pour en retirer le plus d'avantage possible. J'ai souvent eu occasion de le prescrire, et j'en ai obtenu de bons effets , lorsqu'il y avait chez le malade une irritabilité nerveuse persistante. Je le donnai à la dose de 6 grains par jour, en ayant soin de le continuer jusqu'à ce que la salive n'eût plus d'odeur. Peut-être est-il le meilleur moyen à opposer à la salivation, quand celle-ci coïncide avec une transpiration supprimée.
597. — Linné a vu une salivation déjà ancienne être arrêtée par une in fusion de marube blanc ; il recommande même l'infusion vineuse de cette plante. Sanchez reeom-
(1) Dans les trente premières années de ce siècle, Desault s'était souvent élevé contre cette pratique.