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mande les bains de vapeur dans le même but. Mais le chevalier de Hutten raconte un grand nombre d'insuccès dus à ce moyen.
598. — Morris a souvent fait usage du contrayerva dans les cas les plus rebelles; il en donne deux scrupules par jour. D'autres ont proposé de poser des vésicatoires à la nuque.
599. — J'accorde à chacun de ces moyens l'importance qu'il mérite ; mais je-crois que Ton sera toujours plus habile à éviter la salivation qu'à essayer de la détruire, lorsqu'une fois elle s'est établie.
600. — Il sera donc toujours très utile de ne s'abstenir d'aucun de ces moyens lorsqu'ils seront indiqués par une disposition connue de l'organisme, soit qu'il existe un état de faiblesse et d'irritabilité qui s'oppose au traitement par le mercure, soit que le malade se trouve en proie à un état maladif qui nécessite l'emploi des moyens fortifiants généraux (578, 579) ou spéciaux (580, 585). On se trouvera bien aussi, en présence d'un cas de maladie vénérienne invétérée et compliquée d'autres affections, de recourir à des applications locales faites sur les parois de la bouche , avant de donner le mercure, cherchant ainsi à tonifier et à fortifier autant que possible les glandes salivaires , afin d'éviter que l'action du mercure ne s'y porte trop violemment.
601. — Je me suis toujours bien trouvé dans cette intention de conseiller au malade , quelques jours avant d'arriver au traitement anlisyphililique, de tenir dans sa bouche un médicament tonique incapable de causer des nausées, et de le promener dans toute l'étendue de cette cavité. La préparation qui m'a paru la plus efficace est un électuaire composé de cachou , de gomme kino , d'alun et d'un sirop simple. J'ai parfaitement réussi
21G TRAITÉ DES MALVDIKS VÉiNÉRIEÏSWES.
également en ordonnant au malade de se rincer la bouche avec du vitriol blanc étendu d'eau ou avec une solution d'ajun et d'acide sulfurique, solutions qui me servaient aussi comme gargarismes.
602. — Mais il y a des cas (rares à la vérité) où les symptômes de la vérole sont assez graves pour n'admettre aucun relard , et forcer le médecin à commencer tout de suite parle mercure. Il faut alors s'empresser de tonifier la bouche dèsqu'on commence à employer ce médicament (§ COI). Il est nécessaire d'insister sur ces moyens extrêmes si l'on veut arrêter celte fâcheuse hypersécrétion.Une forte dissolution aqueuse d'alun ou de vitriol blanc, dissolution qui était froide (ou refroidie avec de la glace) et dans laquelle on trempait des compresses destinées à envelopper le cou , m'a aussi rendu de grands services.
603. — Chez les personnes irritables, amaigries et faibles, surtout chez celles qui ont salivé à une autre époque sous l'influence du mercure , il est important de ne pas administrer ce médicament sans lui adjoindre quelque autre substance. Encore arrive-t-il, malgré cette précaution, que Ton ne peut complètement empêcher l'action du mercure sur les gencives, si les accidents vénériens sont de nature à exiger l'emploi de fortes doses.
604. — Si ces symptômes paraissent, il faut suspendre aussitôt l'emploi du mercure, appliquer des compresses froides fréquemment renouvelées (§ 602), tenir la tète du malade découverte, et même lui raser les cheveux , lui mouiller le front avec de l'eau froide et l'essuyer ensuite, maintenir au contraire les pieds toujours chauds en les plongeant toutes les quatre heures dans de l'eau tiède (à 96 degrés Fahrenheit), immersion qui doit durer
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chaque fois pendant un quart d'heure. Le malade doit habiter en même temps une chambre froide et sombre , se tenir assis dans son lit et y être peu couvert. 11 faut aussi occuper son attention par des narrations intéressantes, en lui faisant de la musique , etc.
605. — Comme la mastication augmente l'activité des glandes salivaires , il faut , pendant la durée de la salivalion, composer l'alimentation du malade de bouillie maigre , d'aliments mous et de facile digestion , de bière, de lait. etc. Au contraire, les aliments solides, les gourmandises, les sucreries , le café surtout, doivent être défendus, ainsi que toutes les substances qui peuvent causer du dégoût; lorsque la soif est vive, on peut permettre l'usage de boissons et d'aliments acides.
606. — L'usage continu d'opiats astringents (§ 601) mêlés à une petite quantité de teinture d'opium peut être fort utile. C'est principalement dans ces circonstances que j'ai trouvé très important de donner l'opium (1) à l'intérieur, en lui adjoignant parfois de l'esprit de MLndererus.
607. — S'il existe de la constipation, un ou plusieurs lavements peuvent toujours en triompher.
608. — Je crois être convaincu par plusieurs expériences auxquelles je me suis livré, que des boissons qui contiennent du foie de soufre peuvent arrêter en très peu de temps l'irritation que le mercure est capable de produire en pénétrant dans les liquides de l'économie, parce que ce corps pénètre aussi très facilement dans les vaisseaux où il rencontre le mercure, et où il détruit sa puissance en s'emparant de lui. On peut donner chaque
(1) Les observations de limiter, de Girtarmcr el les miennes s'accordent pour établir la puissance que possède l'opium d'arrêter la salivation. Cependant Bloch l'a mise eu doute.
jour de six à huit grains de foie de soufre en pilules; il faut seulement faire boire en même temps au malade une infusion chaude acidifiée par du suc de citron ou de la crème de tartre.
609. — Mais le plus sûr moyen d'empêcher la salivation consisle toujours à donner le mercure avec soin, en augmentant peu à peu sa dose, et à choisir la préparation qui est la plus exempte de cet inconvénient. J'ai eu déjà occasion de rappeler que les composés ordinaires, surtout ceux qui renferment des acides minéraux et qui forment un précipité insoluble, comme le lurbith, le précipité rouge et le précipité blanc, le mercure doux, les dragées de Keyser, les frictions, etc., possèdent cet inconvénient au plus haut point. Or, si l'on excepte le sublimé, le nitrate de mercure et le mercure gommeux de Plenck, qui est le plus souvent impuissant, les préparations préférables à toutes les aulres sont celles qui renferment de l'oxyde de mercure, d'abord parce qu'elles amènent difficilement celte hypersécrétion, et ensuite parce qu'on peut les faire absorber à très faibles doses. J'ai trouvé que le mercure soluble cause très rarement ktsalivation, non-seulement par sa nature, mais aussi parce qu'il agit étant donné à très petites doses, et que ses effets sont plus précis et plus doux que ceux des autres composés. Du reste, il faut toujours commencer par de très petites quantités, qu'on augmente peu à peu , en ayant soin d'observer l'étal de la bouche et de veiller le traitement accessoire qu'on lui adjoint. Il est 1res rare alors de produire la salivation, même lorsqu'on est forcé de recourir au mercure sans autre préparation. Et en admettant que cet effet du médicament vienne à paraître, il est très facile de le faire cesser en prenant quelques-unes des