DU MERCURE MAL ADMINISTRÉ
précautions que j'ai indiquées. Celle immunité du mercure soluble va môme si loin, que s'il m'arrive dans le cours d'une maladie non vénérienne d'être obligé d'exciter la salivation , je ne puis y parvenir avec lui , et je suis obligé d'employer le calomel, dont les effets sur la bouche sont bien plus certains.
610. — Il n'est pas toujours facile d'arrêter les diarrhées violentes que font naître les préparations mercurielles ordinaires. Les unes, en effet, agissent à titre de purgatifs, comme le mercure doux ; les autres acquièrent cette vertu par l'action des acides contenus dans l'estomac, acides qui les transforment en précipité blanc. Le mercure introduit dans l'organisme par les frictions, le nitrate de mercure préparé à froid, les dragées de Keyser et la mixture de Plenck subissent celte métamorphose. On soutient que ces médicaments composés renferment une grande quantité d'oxyde de mercure qui s'est formé pendant leur préparation, lequel, rencontrant dans l'estomac des matières salines, se décomposerait et donnerait naissance à une grande quantité de précipité blanc, qui peut causer une diarrhée très intense. Quant aux autres préparations, leur contact avec la portion de sel marin contenu dans le suc gastrique les transforme complètement en précipilé blanc, et en fait des purgatifs violents et redoutables. L'addition de l'opium diminue très peu ces effets.
611. — On peut être certain, au contraire, que le mercure soluble ne produira jamais d'effet purgatif, même si le malade néglige les précautions de régime que j'ai indiquées; à peine amènera-t-il une ou deux selles molles. Cela tient à ce que les doses qu'on doit en donner ne pourraient jamais devenir des purgalifs drastiques à cause de leur faiblesse, même quand
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elles seraient entièrement transformées en précipité blanc.
612. — S'il arrivait que des sueurs abondantes vinssent entraver l'action antivénérienne du mercure, il faudrait les arrêter en obligeant le malade à rester dans un milieu plus frais que de coutume, et lui ordonner de faire usage d'acide sulfurique. Le quinquina s'est aussi montré très utile pour arrêter cette sécrétion trop abondante.
613. — Le flux d'urine, qui est du reste un accident assez rare, est arrêté par les diaphorétiques aidés du quinquina. Ce traitement devra être conservé tant que nous ne connaîtrons pas de moyens plus spécifiques.