‹ Etudes de médecine homoeopathiqueChapitre 88 sur 116 · QUATRIÈME SECTION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME SECTION

Do la nature du mercure soluble et des doses auxquelles convient de l'employer dans le traitement de la syphilis.

614. — Le mercure soluble, quand il est bien préparé (voy. la préface), a une couleur gris noirâtre; il est insipide. Il se dissout dans le vinaigre, dans l'eau exposée à l'air libre, sans former aucune trace de lurbith ou de précipité blanc.

6(5. — L'action rapide de ce médicament prouve qu'il se dissout très vite dans les liquides de l'estomac. Il se mêle rapidement à la salive, et donne au malade le goût propre au mercure.

616. — Lorsque celui-ci observe un régime convenable (§ 619), le mercure soluble ne cause aucune souffrance à l'estomac ni aux intestins; il ne donne ni vomissements, ni diarrhée; mais, au bout de quelques

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heures, il so trouve entièrement mêlé aux sucs gastriques, et pénètre rapidement dans nos liquides.

617. — Cette loi souffre cependant une exception quand il se trouve dans les premières voies quelque aliment contenant du sel marin. Le médicament procure alors quelques nausées, ou une couple de selles molles. Mais son absorption est si rapide, que le précipité blanc n'a pas le temps de se former. . 618. — Il faut donc éviter de faire prendre ce médicament lorsque l'estomac est plein, ce que tout malade doit observer quand il suit un traitement sérieux. Du reste, il est permis d'attendre d'un homme qui veut guérir d'une affection aussi grave que la syphilis, qu'il se soumettra à un régime convenable qui lui cause si peu de sacrifice, et qui peut avoir une si grande influence sur le reste de sa vie.

619. — Pour arriver à ce but, et faire qu'il ne se trouve aucune trace de sel marin dans les premières voies, il faut que le soir qui précède l'administration du médicament anlivénérien le malade se contente à son souper de fruits crus. Ensuite, on donne le médicament le matin, d'aussi bonne heure que possible, après l'avoir fait dissoudre dans un peu d'eau distillée, en recommandant de ne manger que quatre ou six heures après. Seulement, si la soif (I) est vive, on peut permettre l'usage d'un peu d'eau , de lait de vache ou, si le sujet est très affaibli, d'un peu de bon vin. De cette manière, on peut faire qu'il n'entre dans l'estomac aucun ali-

(1) Il faut faire tous ses eflbrls pour éviter l'apparition de ce symptôme, parce qu'il coïncide toujours avec la présence de matières ammoniacales ou salines dans les liquides de l'estomac, ou parce qu'il est le résultat de quelque congestion sanguine. On peut alors faire boire de l'eau froide ou une infusion de réglisse et de fleurs de tilleul, que Ton donne sans sucre. Le malade peut aussi élancher sa soif en mangeant des fruits.

ment salé , et cela pendant trente heures environ. On peut alors permettre un dîner raisonnable, mais encore restreint quant à la quantité des aliments, composé de tout (1) ce qui paraît d'ordinaire sur nos tables, excepté la viande et la graisse d'oie, celles de canard et de cochon. On peut permettre à ceux qui en ont l'habitude un verre de vin pur.

620. — Le mercure soluble se donne seul ou mêlé à de la poudre de réglisse ou de racine de guimauve. Si Ton a affaire à des personnes peu scrupuleuses pour leur régime, on y ajoute un demi-grain ou un grain d'opium.

621 . — 11 m'est arrivé, chez des sujets très sensibles à l'action des médicaments, très scrupuleuses pour leur régime, de guérir une syphilis primilive, et même une syphilis secondaire , avec nn seul grain de mercure soluble; mais il m'est arrivé aussi de donner jusqu'à dix grains de ce médicament.

622. — Cette différence lient, comme je l'ai souvent observé, à ce que, dans le premier cas, la fièvre mercurielle se développe très facilement (§ 290). Lorsqu'il m'a fallu augmenter ces doses, j'ai cru en trouver la cause dans ce fait, que des circonstances imprévues avaient forcé à interrompre à plusieurs reprises l'administration de ce médicament, ou à ce que le mercure avait été donné antérieurement en vain. J'étais obligé d'agir de même, lorsque je traitais des personnes que leurs occupations obligeaient à se trouver chaque jour en public, et chez lesquelles il fallait entretenir une fièvre mercurielle modérée.

(1) Les légumes peuvent être donnés avec de la viande, tanl que la fièvre mercurielle n'a pas paru, el que Ton n'a pas intérêt à éloigner quelque autre disposition phlegmasique.

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