DUS LÉSIONS DE TEXTURE ET DE SENSATION
niques si difficiles à guérir, principalement d'affections rhumatismales, érysipélateuses , surtout scrofuleuses , peut-être aussi scorbutiques, et de symptômes nombreux de chlorose. Plusieurs espèces de tremblement, des fièvres lentes et consomptives, des ulcères malins qui rongent les parties molles et les parties dures, etc., ne reconnaissent pas d'autres causes. Des observations cent fois répétées prouvent que l'usage immodéré des frictions, des emplâtres mercuriels, du calomel, etc., conduit au résultat que j'indique.
649. — Beaucoup d'autres souffrances peuvent être l'effet de ce traitement vicieux. Sous son influence, la blennorrhagie donne lieu à des écoulements secondaires, ou bien on voit reparaître des suintements qui avaient cessé; les bubons sécrètent un pus de mauvaise nature, s'étendent en largeur et en profondeur, sécrètent une très grande quantité d'un ichor fétide ; leurs bords s 'indurent et se rongent peu à peu comme ceux des cancers, en causant d'horribles douleurs ; de nouveaux ulcères se forment à la place même où existaient auparavant des chancres qui avaient été guéris ; les ulcères secondaires s'aggravent et changent de nature; ils s'enflamment, suppurent très abondamment, s'indurent à leur base, prennent l'aspect d'ulcères cancéreux, et causent beaucoup de douleur; les végétations suintent et s'entourent d'ulcères fîstuleux profonds, d'autres se boursouflent et deviennent sensibles. On voit aussi le périoste se tuméfier en plusieurs endroits, s'épaissir et devenir douloureux; les ulcères de la gorge déjà cicatrisés s'ouvrent de nouveau, les amygdales se gonflent, s'excorient; la mâchoire supérieure devient le siège d'élancements insupportables et se couvre de petits ulcères, puis elle se carie; une très mauvaise odeur est répandue par les
narines, et, dans les cas les plus graves, l'ulcère s'étend jusqu'au pharynx. Le malade est pâle et mou, ses digestions se troublent; chez la femme, les règles disparaissent, les pieds gonflent; la malade devient très sensible aux impressions du dehors, à la chaleur et au froid; elle accuse beaucoup de faiblesse et de tristesse. La nuit, les souffrances augmentent, le patient est en proie à une agitation des plus pénibles; tantôt il souffre de constipation, tantôt de diarrhée; il est pris, vers le soir, d'une chaleur accablante, son pouls bat de 100 à 130 fois par minute. Il n'y a que" quelques heures du jour où ces symptômes se calment; mais ils reprennent chaque nuit avec une nouvelle fureur. Enfin , on observe également la roideur des articulations et le tremblement chronique, voire môme la cataracte simple ou double.
650. — Plusieurs fois déjà les causes de ces funestes effets de l'administration du mercure ont été indiquées dans cet ouvrage. On supposait que la plus fréquente d'entre elles devait ôtre le pernicieux principe d'après lequel le traitement de la syphilis était dirigé, et qui consistait à faire pénétrer dans l'organisme le plus de médicament possible. Les médecins modernes ont essayé de poser une limite, en disant qu'il fallait donner le mercure le moins longtemps possible, afin d'éviter la salivation; mais ils n'ont pu toujours réussir en raison de la nalure des préparations mercurieîles ordinaires. Certes, s'ils avaient reconnu que la guérison était d'autant plus rapide que la fièvre mercurielle était plus intense, et non que la quantité du médicament était plus forte, ils auraient bientôt abandonné ce funeste principe. S'ils avaient remarqué que la composition des préparations mercurieîles ordinaires fait qu'il est impossible de savoir s'il y a peu ou beaucoup de leurs