DES LESTONS DE TEXTURE ET DE SENSATION
du virus syphilitique. Il peut arriver, en effet, que les préparations hydrargiriques ordinaires données à faibles doses ne puissent développer toute leur puissance lorsqu'une vérole invétérée existe sur des sujets scrofuleux, scorbutiques, goutteux, chlorotiques , ou habitués aux érysipèles, non plus que chez les malades irritables ou affaiblis par un traitement préparatoire ou accessoire. Dans cette hypothèse, le métal cause un surcroît de faiblesse et de souffrance; mais il ne déploie aucunement ses vertus antisyphilitiques. S'il arrive que cetledisposition morbide secondaire prenne le dessus, et que Ton essaie de détruire le virus vénérien (qui semblait caché sous ces douleurs d'un autre ordre) en continuant et en augmentant les doses du médicament, il arrive que les symptômes dépendant de celte disposition accessoire, c'est-à-dire la fièvre lente, les ulcères scrofuleux, etc., augmentent tout à coup d'une manière effrayante et deviennent dangereux pour la vie. On voit au moins se dessiner un état cachectique de longue durée, et cependant la vérole subsiste et ne guérit pas.
654. — Les traces du virus syphilitique ne peuvent être reconnues par celte aggravation, non plus que par les mauvais effets du mercure. C'est seulement lorsque les maladies accessoires ont été complètement détruites par un traitement énergique et longtemps continué, et que le sujet a recouvré ses forces, que la syphilis commence à relever la tête, ramène les symptômes qui la caractérisent, symptômes dont aucun moyen au monde, qu'il soit tonique, anliscorbulique, anliscrofuleux, anlichlorotique, ne peut triompher, et que le retour à l'emploi de bonnes préparations mercurielles guérit facilement. Cette marche de la maladie montrerait, à défaut d'autres preuves, que le virus syphilitique n'a pas été
détruit par le premier traitement mercuriel dont les effets ont été malheureux.
655. — C'eslici lelieu de rappelerl'opinion par laquelle on admet que le mercure ainsi absorbé reste presque tout entier dans l'organisme, où il engendre une multitudede souffrances: la fièvreconsomplivc, des ulcères rongeants, la carie, le tremblement, les douleurs ostéocopes, etc.
656. — La présence du mercure dans certaines cavités osseuses ne prouve rien ici ; car ce métal peut s'y rencontrer sans inconvénient pour la santé. Comment, en effet, une substance insoluble et incapable de pénétrer dans nos vaisseaux pourrait-elle avoir quelque action sur l'organisme? Mais, dit-on, la présence de ce corps à l'état métallique doit faire penser que quelquesunes de ses parties ont été dissoutes par nos liquides ! Mais tant que Ton ne pourra former que des conjectures sur la présence de ce métal dans les maladies chroniques dont j'ai parlé, il me sera permis de soutenir que leur ténacité tient à d'autres causes que j'ai plusieurs fois indiquées, et qu'il n'est pas difficile de reconnaître.
657. — Quand il existe du mercure dans l'économie, les bijoux d'or portés par les malades blanchissent et se cassent en morceaux, les morpions meurent, et surtout le sujet devient rebelle à une nouvelle infection par le virus chancreux. Dès que ces phénomènes manquent, on peut conclure qu'il n'existe plus de mercure dans nos liquides. Beaucoup d'observations me font croire qu'au bout de quatre semaines le mercure qui a été dissous et se trouve dans le torrent circulatoire, en est expulsé. Ainsi, en analysant la salive des malades atteints de la salivation mercurielle, on pourra (1) retrouver au com-
(1) Cruikshank prtfteud qu'il ne trouve de mercure ni dans la salive ni dans l'urine des sujets qui sont soumis à la salivation.