DES LÉSIONS DE TEXTURE ET DE SENSATION
mencement des traces de métal ; mais il n'en serait plus de même trois semaines après le jour où ce médicament aura été abandonné.
658. — Si les douleurs qu'engendre la présence d'un excès de ce métal dans les secondes voies obligeaient à le détruire, il faudrait donner au malade du foie de soufre en boisson (§. 608) et en bains.
659. — Le traitement des autres accidents que peut engendrer l'irritation mercurielle et l'aggravation due aux dispositions morbides antérieures exigent l'emploi des moyens que j'ai indiqués en parlant du traitement préparatoire (§§ 579-586). Le séjour à la campagne, les voyages sur mer, l'usage fortifiant des bains froids, surtout des bains de mer, et souvent aussi celui des eaux dePyrmont, doivent être recommandés. Il faut panser les plaies avec des substances irritantes, comme le nitrate d'argent, l'essence de myrrhe mêlée à la teinture d'opium. Cette dernière est souvent un agent capital qu'il faut donner à l'intérieur et à l'extérieur.
660. — Le meilleur moyen que l'on puisse employer pour combattre la carie des os du nez, lorsqu'elle est due aux causes que je viens d'indiquer et qu'elle s'aggrave, se compose d'injections (1) dans lesquelles il entre une partie de nitrate d'argent dissoute dans 500 ou 600 parties d'eau, avec 30 parties de teinture d'opium et 40 parties d'essence de myrrhe. II faut, en même temps, comme traitement local, agrandir les ouvertures fistuleuses de manière à pouvoir agir sans peine sur les parties malades; de plus, il faut pratiquer les incisions
(1) Lorsque le mal existe à la partie interne de Tos maxillaire, ce qui arrive souvent au début , il faut dissoudre le nitrate d'argent dans 3,000 parties d'eau, et remployer à litre de gargarisme, après y avoir ajouté un peu d'opium.
de manière qu'elles se trouvent sur les parties les plus inférieures du mal, afin que le pus trouve une issue plus facile. On reconnaît l'accumulation du pus dans les sinus maxillaires à la douleur sourde que le malade éprouve dans les parties qui les recouvrent, et à la douleur violente dont les parties internes sont le siège. Le mieux, pour procurer l'issue de ce liquide, est d'extraire la troisième dent du côte malade, et de perforer l'alvéole. Il est possible alors de pratiquer des injections par cette ouverture.
CGI. — Mais comme cette altération des os est souvent entretenue par une faiblesse générale et par une disposition morbide antérieure, il faut insister sur le traitement général. S'il existe quelque autre diathèse que la syphilis, il faut en tenir grand compte. On ajoute alors aux moyens locaux un traitement fortifiant qu'il faut porter peu à peu jusqu'à son apogée. Les bains entiers froids, l'exercice au grand air, l'immersion des parties malades dans l'eau très froide, les frictions, le fer, le china, le vin, peuvent être mis en usage. Il faut ajouter à ces moyens l'opium, qui calme les violentes douleurs nocturnes cl l'irritabilité générale; c'est sous ce double rapport qu'il convient de l'adjoindre aux toniques. Ce médicament agit alors d'une manière presque spécifique, comme Grant a eu occasion de l'observer. J'ai eu aussi beaucoup à me louer de l'usage de carbonate d'ammoniaque donné en môme temps que les substances que je viens de signaler.
6G2. — La salsepareille donnée en décoction, à la dose de 3 onces chaque jour, de fortes doses de ciguë, rendent aussi de très grands services en pareille circonstance.