‹ Études de morale positive (volume 2)Chapitre 19 sur 134 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

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EN OLKTE d'lNE MORALE POSITIVE 83

lièrementy aider, rétonnement commence. M. Lévy-Bruhl remarque lui-même avec justesse que « notre conscience morale, si nous la considérons objectivement, est pour nous un mystère ' ». Rien de plus vrai. Que Ton songe à Fexclamalion interrogalive de Kant au sujet de la « racine de la noble tig-e » du Devoir, à l'espèce de scandale édifiant que constitue pour une morale intuitionniste le paradoxe d'une obligation qui s'impose à l'individu contre lui-même, au mot d'un Renan sur la « sublime absurdité » du sacrifice. Et dans le détail, quelle perplexité peut nous causer l'interdiction du suicide, de l'inceste, etc.

Supposons maintenant que la « science des mœurs « nous ait éclairés sur les origines de ces phénomènes et nous ait fourni une explication satisfaisante. L'étonnement cessera pour notre intelligence ; mais c'est alors que commencera le plus souvent Tétonnement pour notre sentiment et notre volonté. Nous avions la peine à comprendre que cela fût, maintenant nous aurons de la peine à continuer de le vouloir. Si l'explication marxiste de l'intérêt par la plus-value et le travail impavé était avérée, et universellement admise, nous n'aurions pas la base d'une technique capitaliste perfectionnée, car le capitaUsme aurait virtuellement disparu. Si l'interdiction de l'inceste n'avait d'autre explication que les rêveries totémistiques du sauvage austrahen, autant dire que cette interdiction tomberai! aussitôt exphquée, et les meilleures raisons que l'on découvrirait pour la maintenir seraient même suspectes de n'être que des prétextes inventés par un inconscient misonéisme. « La morale d'une société est toujours provisoire, nous dit-on - : mais elle n'est pas sentie comme telle. » Sans

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