‹ Études de morale positive (volume 2)Chapitre 5 sur 134 · Cf. op. cit. p. 6o · texte numérisé non relu

Cf. op. cit. p. 6o

à Kant, ce n'est pas le Noumène, mais le Xoumène séparée Xous ne trouvons donc plus ici cette peur du panthéisme qui travaillait l'Ecole cousinienne, et qui ferait aujourd'hui sourire plus d'un de nos contemporains. Notre temps, sans doute parce qu'il est suffisamment vacciné, ne se préoccupe plus au même degré de filtrer minutieusement les doctrines pour y découvrir et y dénoncer le virus panthéistique.

Une autre peur, qui a constitué chez les spiritualistes il 3' a un demi-siècle, une véritable phobie philosophique, c'était la peur de l'eudémonisme, \&. phobie du bonheur en morale. M. Dunan s'en montre encore tout à fait indemne : « La morale, écrit-il -, a précisément pour objet de nous montrer le chemin qui conduit au véritable bonheur : ce qui serait inutile si nous n'avions pas les appétits et les passions qui nous en détournent. » Il est même équitable de remarquer, en passant, combien dans ces dernières lignes, notre moraliste est plus près de la vérité morale et psychologique que ne l'est Kant dans ce passage de sa discussion, si étroite et même si sophistique, de l'eudémonisme, où il déclare absurde de prescrire le bonheur sous prétexte que chacun le désire naturellement ; critique doublement vicieuse : car d'un côté l'eudémonisme n'émet pas la prétention, toute kantienne, de prescrire impérativement sa règle, et d'un autre côté il est d'une vérité banale (Kant le reconnaît lui-même ailleurs) et d'une psychologie vraiment élémentaire que tout en désirant le bonheur, les hommes sont bien éloignés, pour la plupart, de faire volontiers et d'euxmêmes ce que pourtant ils saveji/ le j)lus propre à les y conduire.

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