‹ Études de morale positive (volume 2)Chapitre 6 sur 134 · I'. tiSl · texte numérisé non relu

I'. tiSl

Par cela même que l'eudémonisme n'est pas exclu, une place est faite aussi au naturalisme. Le devoir doit se rattacher à la nature sous peine d'être aussi impossible à concevoir qu'à prouver, et ainsi le rapport entre le devoir et le bonheur est réellement anal3'tique. Pour tout dire enfin, on en revient ici très franchement à la « morale antique S).

Panthéisme, eudémonisme, naturalisme, ces monstres autrefois si redoutés de notre spiritualisme, paraissent donc aujoud'hui assez inoffensifs. Il y avait intérêt à le remarquer parce que, s'il en est ainsi les plus ordinaires et les plus graves — moralement du moins — des préjugés qui, en général, asservissent la morale à la métaphysique sont ici hors de cause. C'est en effet le plus souvent parce que la morale se présente en apparence comme une discipline imposée du dehors à la volonté individuelle, qu'on la veut transcendante à l'humanité même et par suite hétéronome ; c'est parce que le principe du bonheur fait constamment craindre une rechute dans l'égoïsme qu'on cherche un point d'appui dans la métaph^^sique, et qu'on fait apjiel à un autorité divine capable d'imposer à l'homme un devoir sans consulter son vouloir ; et c'est enfin parce que la moralité exige, en fait, une constante correction de la nature, qu'on commet le sophisme de requérir pour elle un principe surnaturel. On voit qu'ici, au contraire, ces craintes seront étrangères au maintien des principes méta- ])hysiques, qui dès lors nous apparaîtront à peu près dans toute leur pureté, imposés, s'ils le sont, par des exigences proprement philosophiques. Si môme on demande une morale fondée sur la métaphysique et non pas une métaphysique étayée sur une morale, c'est précisément parce

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