Sur ce point, v. plus loin notre étude sur le Luxe
réaliser la justice. Elle est un pis aller, souvent nécessaire à accepter, mais non un idéal. Ses bases et ses conditions actuelles ont besoin d'être rectifiées. L'important est que cette rectification soit opérée parla réforme des institutions et non par des interventions exceptionnelles dans les cas particuliers. La justice, comme le Dieu de Malebranche, ne doit agir (pie par volontés générales. Vouloir la rétablir en corrigeant les résultats du régime existant sans corriger, progressivement d'ailleurs, le régime lui-même, ce n'est pas seulement faire une œuvre instable et sans fondement, c'est ruiner le principe même de la justice sous prétexte d'y conformer les événements. Les interventions purement accidentelles sont comme la monnaie d'une révolution. Quiconque aspire à fonder un ordre social nouveau ne peut sans contradiction ébranler le fondement d'un ordre social quelconque, c'est-à-dire le respect de la légalité. Dès que la loi n'est plus uniquement fondée sur la force, ses imperfections n'appellent plus l'emploi de la force ; reposant sur le principe de la justice, elle ouvre ellemême la porte à une plus haute justice.