‹ Études de morale positiveChapitre 2 sur 17 · VI PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION

taines époque®, dans certains milieux, une valeur propre et prépondérante. Par là, la. moralité s'enrichit, non sansi êtiie exposée en revanche, à toutes' sortes de déviaittonisi qui l'obligent à revenir de cette diversité à l'unité de l'orgar nisaition, ùe ces particularismes moi-aux à la. synthèee sociale, à 1' « esprit d'ensemble » qui seul peut fournir un critèrtei décisif (1).

Il reste pourtant que, pourvu qu'il y ait déjà quelque chose comme une conscience morale, elle a. suivant les âges et les forme» de civilisation des poussée® originalies : rinvention ne lui e«t pas interdite^. J'ai trop insâsté stir l'aïutbnomîe dé la conflcience él de l'hunfanité pour admettre! qu'une siorte de fatalité naturelle, qu'il appartiendrait à lai science dé découvrir, pèse malgré eUeis sur leurs destinées et qu'elles soient condamnées à satisfaire invariablement lai définition qu'il aurait plu à un sociologue d'asisiigner à la moralité.

Par là s'aggrave, il faut le reconnaître, l'antinomie que nous! avions déjà exposée comme la difficulté centrale du problème moral : car, s^U est inadmissible que l'essence de la moralité soit définie une fois pour toutes et imposée à la. conscience comme un fait, il est encore plus contrar dictoire qu'elle soit abandonnée à Tarbitraire et livrée au plaisir des faiseuns de systèmes, aux orgueilleuses prétentions des « créateurs dé valeurs » à la Nietzsche, aux flottantes! însipira.ti6ns des mystiques. Il n'y a pas dé moralité s^il n'y a unfei volonté droite et cela suppose à la. fois qu'il y a une règle donnée et qu'il y a une liberté pour l'observer ; cela dès longtemps a. été aperçu : mais la question va maintenant plus loin : elle e»t de savoir si la. liberté n'a pasi son rôle jusque dans la position même de la règle et la détertninatllon des valeur^.

Lai querelle deimière entre les théoriciens de la miorajle est peut-être celle des doctrines où la moralité est conçue

(1) Là serait ma concession et aussi ma réponse à la très pénétrante critique que M. Jankélévitch a consacrée à notre livre dans la Revue de Synthèse historique, Dec. 1907.

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