‹ Etudes de mythologie gauloiseChapitre 13 sur 57 · La vraie histoire de Gayant, p · texte numérisé non relu

La vraie histoire de Gayant, p

lois brûlaient des victimes humaines enfermées dans d'immenses mannequins d'osier \ et les paniers remplis de chats et d'autres bêtes que Ton brûlait et que Ton brûle peut-être encore dans le feu de la Saint-Jean ne sont que la substitution de ces sacrifices humains de la Gaule'. C'est le dieu du solstice d'été que de grossières images (on vient de les voir) nous ont conservé la roue dans la main.

Puisque j'ai nommé Gargantua, sans revenir aujourd'hui sur sa légende, je ne puis m'empêcher de citer une curieuse expression où son nom figure. Dans certains endroits on donne le nom de Jambes de Gargantua k ces rayons de soleil qui semblent courir sur la terre quand la lumière se dégage par instants du sein des nuages ^ Ici Gargantua est simplement synonyme de géant ; c'est le soleil qu'on traite de géant avec ses immenses enjambées. Cette image n'a rien qui nous surprenne, car le soleil figure souvent comme un géant dans nos contes populaires. Le terme de jambes n'est pas non plus pour nous étonner : dans plusieurs parties de la France on donne le nom de « jambes du soleil » à ces rayons lumineux, plus ou moins obliques, que le soleil projette vers l'horizon par un temps nuageux *. De même en sanscrit le mot pada (c'est le latin pes, ped-is) signifie également « pied » et « rayon » ; et c'est par cette image qu'on explique les trois pas par lesquels Yichnou, dieu solaire, enjamba le monde ^

1. « Immani magnitudine simulacra habent, quorum contexta viminibus raembra vivis hominibus complent; quibus succensis circumventi flamma exanimantur homines. » Cœsar, de Bello gallico, VI, 16.

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