Cf. mon ancien article sut Gargantua
3. Dictionnaire du patois normand du département de l'Oise, par Robin, Le Prévost, etc., s. v. Tirants.
4. Jaubert, Glossaire du centre de la France, s. v. Jambe, On appelle de même, nous dit M. Jaubert « jambes de la pluie » les bandes grisâtres que la pluie forme en tombant.
5. « Le début de Thymne à Purusha, dans le Rig, le peint avec mille yeux et mille pieds : la première épithèle fait allusion au caractère lumineux du personnage, puisqu'elle accompagne habituellement le nom d'Agni. Il n*en est pas autrement de la seconde qui marque les rayons innombrables du dieu solaire. Cette conception des rayons comme des pieds du dieu qui poursuit sa marche à travers Tespace s'impose aisément à l'imagination; elle se relie, en tout cas, à la légende des trois pas de Vishnou, et elle était
Du nord de la France passons au centre ; la roue du solstice d'été est devenue l'attribut d'un saint local et la grande attraction de sa fête. « Saint Amable, nous dit Dulaure S est à Riom ce que saint Martial est à Limoges, ce que saint Janvier est à Naples, c'est-à-dire que les honneurs qu'on rend à ce saint vont jusqu'à la superstition. Le 11 juin, jour de sa fête, est un grand jour pour la ville, et les villageois y affluent de toutes parts. Il s'y fait une procession magnifique où Ton porte plusieurs pieuses machines, parmi lesquelles est une grande roue de cire, ornée de rubans» ayant plusieurs pieds de diamètre ; elle est portée en l'air par des prêtres qui, de temps en temps, la font dévotement tourner sur son essieu^ pour l'édification des fidèles. » D*après les Vies des Saints, saint Amable serait mort en 475 ; c'est un saint local, un de ces saints qui, par leur propagande active et souvent violente, à l'exemple de saint Martin, amenèrent définitivement la victoire du christianisme. La roue, dans son culte, ne peut s'expliquer par aucun usage chrétien. Pour nous elle est incontestablement celle du dieu payen dont on célébrait la fête au solstice d'été, et que les disciples de saint Amable transportèrent à la fête de leur maître» suivant ainsi cette politique d'accommodements (ou d'accommodation si Ton veut) que le pape Grégoire le Grand devait recommander plus tard dans sa célèbre lettre à l'abbé Mellitus*.
En Souabe, à Obermedlingen, la fête de la roue était trans-
devenue si familière à Tesprit indien que pâda en a conservé le double sens de pied et de rayon. » Senart, p. 139.
1. Dulaure, Description des principaux lieux de la France , V* partie, Auvergne, p. 123.
2. Voici en quels termes la Gazette d'Auvergne du 22 juin 1883, raconte, d'après le Riom'Jow*nal, la fête de Saint-Amable qui venait d'avoir lieu, toujours avec le même succès. On y verra Texplication rationaliste, inadmissible de tout point, que Ton donne aujourd'hui du rite de la roue. On y remarquera le rôle que deux pierres, autrefois sacrées, jouent dans la cérémonie.
« Notre fête patronale attire toujours de nombreux étrangers; il en est qui viennent de loin pour assister à. la procession traditionnelle qui a lieu dans la matinée, après la grand'messe.
« Comme de coutume cette procession, favorisée par le beau temps, a
portée à la fête de saint Veît (c'est notre Saint Guy), le 15 jum. Ce jour-là les enfants faisaient un grand feu à travers lequel ils sautaient, comme nos enfants au feu de la Saint-Jean. Mais les adultes se transportaient sur le plus haut sommet de la montagne, emportant avec eux une vieille roue de chariot. Ils Tenduisaient de poix et l'enveloppaient de paille. Ils fichaient dans le sol une perche haute de douze pieds; à son extrémité ils plaçaient la roue par le moyeu ; ils y accumulaient des fagots et ils y mettaient le feu au crépuscule du couchant. Quand la roue flamboyait et que la flamme s'élevait haute dans l'air, ils récitaient tous ensemble une formulette, en levant les bras et les yeux au ciel et en croisant les mains en forme de prière. Cette
été fort belle. Sur tout son parcours, la foule se pressait, silencieuse et recueillie, et il était difficile de se frayer un passage afin d'arriver aux premiers rangs pour jouir complètement du coup d'œil.
« La compagnie des sapeurs-pompiers, la Société lyrique et la musique de rinstitution Sainte-Marie, dont nous avons déjà constaté les progrès depuis qu'elle est dirigée par M. Fournier, Texcellent sous-chef de la Société lyrique, prêtaient leur concours à cette cérémonie religieuse qui, malgré les années et les tendances qui se manifestent dans beaucoup de villes, a conservé son caractère imposant et tout son éclat.
« Cette année, la procession était honorée de la présence de Mgr Boyer, officiant, ce qui la rehaussait encore.
« Les porteurs de la belle et riche châsse de saint Amable, vêtus du « gage blanc », attiraient spécialement les regards des étrangers, ainsi que la roue de fleurs, qui nous rappelle un vœu fait par la ville de Riom d'aller chaque année en procession au village de Marsat, qui fut, dans les premières années de l'ère chrétienne, le lieu d'un important pèlerinage. Ce vœu, qui , a cessé d'être rempli depuis la Révolution, remonte à une époque antérieure au X® siècle. On n'en peut préciser les causes et l'origine; toujours est-il que les marguilliers de^ Saint-Amable faisaient couler un fil de cire dont la longueur mesurait la circonférence de la ville de Riom.
M Ce fil, roulé en forme de roue, était porté à la procession solennelle de Saint-Amable, puis transporté le dimanche qui suit cette fête à Marsat, à l'entrée du bourg, et déposé sur deux grandes pierres spécialement destinées à cet usage et qui existent encore aujourd'hui.
« Le curé et les consuls de Marsat la recevaient des marguilliers de Saint- Amable « comme estant offerte au nom de la ville de Riom, pour la con- « servation d'icelleet à l'honneur de la sainte Vierge Marie, mère de Jésus, « vénérée particulièrement en la chapelle de Notre-Dame de Marsat. »
« La roue de fleurs est commémorative de la roue de cire. »
Une note de la Revue d'Anthropologie de 1876, p. 688, relate le fait sous cette forme : « Le jour de Saint-Amable, les paysans confectionnent une grande roue de fleurs qu'ils font tourner pendant la procession. »
cérémonie, interdite par la police, ne se pratique plus *. On voit comme elle avait conservé son caractère primitif jusqu'à notre époque même. La liturgie des Yédas a-t-elle rien d'aussi ancien que ce rite ?