Duruy, Histoire des Romains, t. VII, p
3. Lindenschmidt: Alterthùmer , I, hft. III; pi. ii, m 1. C'est une petite roue à quatre rais inscrite sur le côté d'un casque à deux cornes. Ces casques à cornes étaient communs aux Étrusques et aux Gaulois, au témoignage de Diodore de Sicile, V, 30.
4.. Description de la colleciion d* antiquités de M, Beugnot, par M. de Witte. Paris, 1840, p. 23-28.
et de transformations d'application que le sens original disparait : on n'a plus qu'un ornement ou un simple objet de piété. Nous avons un exemple de ce phénomène transformiste par le fait, si souvent constaté, des statuettes d'un dieu offertes en hommage à un autre dieu : le fait est rendu certain par des inscriptions sur des objets votifs qui ne laissent place à aucun doute. Le dévot offrait ce qu'il possédait ou ce qu'il avait sous la main.
Revenons aux roues signalées par M. de Witte. On les trouve figurées par exemple, d'après cet auteur, à côté du dieu des morts Hadès ou Pluton, comme attribut de Némésis, une fois même avec Minerve. Pourtant, comme nous n'avons pas vu nous-même ces monuments, nous ne donnons ces exemples que sous toute réserve. En effet, lorsque les personnages représentés sur les vases antiques n'ont pas leur nom écrit au-dessus de leur tête, leur identification est affaire d'opinion et de discussion, et là où un archéologue voit Hadès ou Proserpine, un autre archéologue voit d'autres personnages de la légende.
En feuilletant VÉlite des monuments céramographiques de MM. Cil. Lenormant et de Witte, nous avons remarqué dans deux planches (t. IV, pi. xv et Lxvin) deux roues que les savants auteurs n'expliquent pas (du moins dans le texte relatif à ces deux planches) et qui pour nous ont un sens parfaitement net. Il s'agit de peintures sur fond noir, et dans le haut du tableau il se détache en clair un cercle avec quatre larges rayons. C'est évidemment (pour nous) l'image du soleil qui éclaire la scène. Nous ignorons s'il en est de même dans les exemples que nous allons citer ; et nous laissons à M. de Witte la responsabilité de ses descriptions ; mais si ces descriptions sont exactes et si nous avons bien là des roues suspendues, et non des images du soleil dues à un art naïf ou à une convention traditionnelle (comme chez nous les figures qui représentent si souvent le soleil et la lune), ces exemples appartiendraient à la catégorie des « roues de fortune » et seraient les prototypes des roues suspendues dans nos églises.
« On voit encore, dit M. de Witte, des roues suspendues :
« 1*» Dans le temple peint au-dessus du lit funèbre d'Archemoros (Gerhard, Archemoros mid die Hesperideriy p. 6, et Mon. inéd, publiés par la section française de flnstitut archéologique y pl.v);
« 2'' Dans le palais d'Hadës, sur un grand vase publié par M. Raoul-Rochette [Mon. inédits^ pi. xlv);
« 3** Au-dessus de la tête d'Œdipe aveugle (Mon. Inéd. de Vlnst. arch.^ Il, pi. XII ; Dubois-Maisonneuve, Introd. à F étude des vases y pi. Lxxxix);
« it* Dans le temple d'Apollon, à Delphes, sur un très beau vase sur lequel est représenté Oreste réfugié près de Yomphalos (0. Jahn, VasenbUder, pi. i);
« ^^ Dans une peinture qui représente un combat dans un temple (Passeri, Pict. in vase, tab. cclx; Dubois-Maisonneuve, Introd. à Fétude des vases^ pi. xiv, n** 1).
« Aucun écrivain de l'antiquité n'a parlé de l'usage de suspendre des roues dans les temples ou dans les palais ^ »
Des textes cités par M. de Witte (p. 27) montrent le symbole de la roue en relation avec le culte d'Apollon, surtout à Delphes. Des monuments figurés nous la montrent sur le trépied même du dieu, sous la forme d'une roue à quatre rais, en d'autres termes un X inscrit dans un cercle*. C'est cette roue que nous retrouvons sur un médaillon en argent, trouvé à AUençon, et qui