‹ Etudes de mythologie gauloiseChapitre 4 sur 57 · LA ROUE DANS L INDE · texte numérisé non relu

LA ROUE DANS L INDE

Un hymne védique, parlant^ du disque solaire, déclare que « les Sept attellent le char à la Roue unique; un coursier unique au septuple nom meut la roue au triple moyeu, la roue immortelle, que rien n'arrête, sur laquelle reposent tous les êtres ^ » Indra, comme protecteur de la lumière, est loué d'avoir « protégé le chemin de la roue *. » De nombreux passages du Rig-Véda parlent de la roue de Surya ou de Svar, la roue du Soleil ^, Dans les textes (cités en note), il est question de la roue au singulier. Il n'est donc pas encore question du char du soleil. L'idée d'un char est postérieure à celle de la roue ; elle révèle un commencement d'anthropomorphisme, et l'anthropomorphisme est déjà une philosophie, une organisation systématique des forces de la nature.

La roue devait déjà être répandue comme emblème sacré dans rinde, quand le bouddhisme en fit un symbole hiératique, dont le sens naturaliste fit place à un sens moral, et ce sens moral fut bien vite développé en tout sens par la théologie subtile de Tlnde. C'est le Dharmacakra ou « la roue do la loi, » symbole de la loi morale; mais de nombreuses expressions des textes théologiques en montrent clairement la signification primitive. « On nous avertit expressément que le Bouddha seul « fait tourner la roue, » que personne après lui, ni dieu, ni démon, ni çramana, ni brahmana n'a pu faire tourner *. » Les épithètes données à cette roue témoignent de son origine ; elle est « la roue qui ne peut retourner en arrière, » « la roue qu'on ne prend pas, qu'on ne jette pas, »

1. Hig-Veda, T, 164, 2; cité par M. Senart, Essai sur la légende du Buddha, p. 363.

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