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LE DISQUE SOLAIRE DES CHALDÉENS

La roue, seule et sans le personnage qu'on a vu soudé à elle, se rencontre comme symbole solaire dans les monuments anciens de la Chaldée. On en voit de nombreux spécimens dans les planches qui accompagnent le Culte de Mithra de Lajard. Par exemple, dans la figure 6 de la pi. xxxix, on voit une roue à six rais placée sur un haut piédestal ; et devant elle un personnage qui semble un orant. A gauche, une demi-lune est figurée sur un piédestal analogue. C'est évidemment le soleil et la lune. Voici une image analogue que nous reproduisons (fig. H) d'après V Histoire de l'Art, t. II, p. 686. C'est, nous dit M. Perrot, un objet chaldéen, et M. Perrot nous apprend que le type du globe ailé ne se rencontre pas dans la Chaldée primitive. — Un autre monument de la Chaldée, une tablette en pierre trouvée

1. Nous employons à dessein le terme de luisant ^ par allusion au nom d'un animal qui dégage de la lumière, le ver-luisant.

sur remplacement de Tancienne Sippara, offre un tableau plus précis et où une inscription confirme Timpression de la scène.

Fig. 11. Cyliaiire chaldéen du second empire. Jaspe noir. Musée Britannique.

Elle est reproduite de grandeur naturelle dans V Histoire de l'Art y t. II, p. 211. « Ce bas-relief représente Thommage rendu au dieu Soleil par un roi appelé Nabou-Abla-Idin, que Ton place vers Tan 900. » Un personnage de grandeur surhumaine (dieu ou roi?) est assis dans un édicule ou sous un dais. Devant cet édicule, sur une table, est dressé un large disque. La table et le disque semblent soutenus par deux câbles que tiennent deux personnages barbus, des dieux sans doute, qui émergent de l'espace audessus du dais : c'est comme une machina ex diis ; à côté d'eux court une inscription en caractères cunéiformes dont M. Perrot ne nous dit pas le sens. Un personnage barbu, que M. Perrot pense être un prêtre, saisit la table d'une main, et de l'autre amène ou présente au dieu deux orants. La signification du disque n'est pas douteuse, car dans le champ, au-dessus des trois personnages humains, se trouve une inscription en caractères cunéiformes que MM. Oppert et Menant traduisent ainsi : « Image du soleil, le Seigneur grand, qui demeure dans le temple de Bil-para, lequel est dans Sippara. »

C'est une scène chaldéenne, et les Chaldéens paraissent s'en être tenus au disque ou roue sans y infixer un personnage anthropomorphe, ni sans le flanquer d'ailes. Ici, c'est bien un disque : d'un cercle central se détachent huit rayons; quatre ont la forme

de fers de lance ou plutôt de feuilles lancéolées; les quatre autres sont formés de trois lignes ondulées. Ces deux sortes de rayons alternent Tun avec l'autre. Nous n'avons point trouvé dans le livre de M. Perrot d'explication de cette disposition singulière qui a certainement un sens symbolique (soleil et foudre?).

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