‹ Etudes de mythologie gauloiseChapitre 32 sur 57 · De Civ. Dei, V · texte numérisé non relu

De Civ. Dei, V

3. A propos des représentations de la Fortune, signalons aux archéologues qu'il y a au musée de Verdun la partie inférieure d'une statue de la Fortune, reconnaissable à la roue.

nouvelle idée de symbolisme rationaliste ajoutée à celle que nous citons plus haut. Quelquefois on représentait la déesse avec les deux attributs pour indiquer les voyages faits sur les deux éléments. Comme nous l'avons dit déjà, le globe remplace souvent la roue : dans ce cas la Fortune est représentée d'ordinaire debout sur le globe.

La Fortune n'est pas la seule divinité qui paraisse dans les inscriptions avec l'épithète de redux, et on comprend aisément que des personnes particulièrement dévotes à tel ou tel dieu se soient adressées de préférence à lui pour la réussite de leur voyage. De là les vœux à Dia7ia redux et surtout à Jupiter redux ^. Il se rencontre même en Gaule, à Dijon, une inscription curieuse en ce qu'elle associe Jupiter et la Fortune dans le même vœu pour la sécurité d'un voyage : |-0' M II ETFORTVNAE' REDVCI jj PRO* SALVTE' ITV ET' REDITV'- '. Nous nous expliquons cette association par une assimilation qui se présentait instinctivement à l'esprit des Gallo-Romains. Habitués à adorer un dieu à la roue qu'ils identifiaient avec Jupiter, ils furent naturellement tentés, quand ils firent connaissance avec la Fortune, symbolisée également par la roue, d'en faire la parèdre de leur dieu. Et cette fois au moins — si l'on admet notre explication de l'origine de Fortuna, Tyché, Némésis — Jupiter se trouvait uni à sa compagne de circonstance par des liens bien légitimes. . La Fortune est souvent représentée sur les monnaies impériales. Le plus souvent c'est une femme assise, tenant un gouvernail et une corne d'abondance : près de son siège, ou sous son siège, une roue, le plus souvent à quatre rais'. De la Fortune, le symbole passa même à la divinité allégorique de Rome. La ville de Rome paraît représentée comme une Fortune, et par

1 . Peut être aussi à Mercurîus redux ; voir Orelli n© 1413 • Henzen, dans sa table, déclare que cette inscription lui est suspecte ,

2. Gruter, Spon et Reinesius, cités dans le Bulletin Épigraphique de la Gaule, t. I, p. 58.

3. On peut voir par exemple celle qui figure sur une monnaie de Postume dans Cohen : Descr, hist. des monnaies frappées sous l'empire romain, t. V, p. 19, et pi. Il, n" 42 ; et de Witte, Empereurs des GatUes, pi. V, n<» 65 et p. 21.

conséquent avec la roue (ici à huit rais) dans une médaille d'Hadrien, commémorative du neuvième centenaire de la fondation de Rome '. Mais de toutes ces monnaies la plus caractéristique, au point de vue du type de la roue, est une monnaie de Trajan, où la Fortune comme Dea viarum est représentée par une femme à demi cpuchée, la main droite posée sur une roue à six rais *. Cette roue est absolument semblable aux rouelles qui ont le même nombre de rais. C'est le type qui par sa popularité préparait les voies au Labarum, celui qu'imitera le monogramme célèbre du nom du Christ.

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