De la Saussaye, pi. I, n
2. Par exemple n» 2 de la pi. V de Ch. Robert '.Monnaies gauloises.
3. Par exemple dans Ch. Robert : Numismatique de la province de Lan^ guedoc, pi. II, n" 26, 29, 30 et pi. III, n<»» 3, 4, 18.
4. Ch, Robert, Num, delaprov. du Languedoc, p, 16. — Sur celte classe de monnaies gauloises voir ce travail de M. Robert, et précédemment ; De Saulcy , Les Monnaies à la croix dans la Revue Numismatique de 1867 et Chaudruc de Crazannes, Dissertation sur les monnaies gauloises au type de la roue et
Ces monnaies « à la croix » dérivent encore de types grecs. Les numismatistes les expliquent par la drachme de Rhoda, colonie rhodienne établie sur la côte ibérique, aux portes mêmes de la Gaule, et cette monnaie originale, bien vite modifiée dans les types intermédiaires, représentait une rose, arme parlante de Rhodes (^iScv signifie rose). Ce tjrpe original de Rhodes, que nous connaissons par une gravure de H. Ch. Robert *, représente une rose, nous disent les numismatistes; mais à un œil moins exercé que celui d'un nqmismatiste, elle représenterait plutôt une croix formée de quatre épines réunies et élargies à la base. Voici comment M. Robert définit cette face de la monnaie : « Rose épanouie vue en dessous, tige coupée et figurée par un petit cercle ; les pétales sont séparés en quatre par les folioles barbues. » Nous nous permettons de soumettre aux numismatistes l'opinion que sur les monnaies de ce type il y a eu, en Grèce même, confusion entre la rose et la roue; on a cherché à ramener le type de la rose au type de la roue dans cet intermédiaire de forme si disgracieuse. Il y a, en effet, des monnaies grecques au type de la roue; souvent même la roue est simplement celle du trépied d'Apollon, une roue à quatre rais, c'est-à-dire simplement une croix équilatérale inscrite dans un cercle.
C'est par des déformations inintelligentes que s'expliquent nombre de prétendus symboles des monnaies gauloises; ainsi les croissants figurés dans les cantons des pièces à la croix sont pour nous, pour ainsi dire, des morceaux de jante, c'està-dire les débris mutilés du cercle qui enfermait la croix, et ces débris de jante à leur tour, par leurs modifications et par une disposition différente sont devenus — entre les mains de graveurs qui copiaient gauchement ou bien qui interprétaient leur modèle déjà corrompu — des figures nouvelles. Peut-être est-ce là l'origine des marteaux et des haches qu'on voit dans les cantons de plusieurs pièces à la croix.
de la croix dans les Mémoires de la Société archéologique du Midi, t. IV (1839), p. 75-99.