‹ Études de mythologie grecque [microform]Chapitre 11 sur 45 · LE MOLY · texte numérisé non relu

LE MOLY

pas un contre-poison, c'est-à-dire un agent chimique neutralisant" l'action d'un autre agent. Le premier agent a eu tout son effet. Le second agent a son effet aussi, non sur le premier, mais sur l'organisme.

La notion du contre-poison se manifeste dans l'herbe Môly, « dont la fleur blanche sort déracines noires. »

« Où vas-tu seul, malheureux, par la montagne, sans connaître les chemins ? Tes compagnons sont enfermés dans la maison de Circé, chacun dans sa bauge. Viens-tu les délivrer? je te dis que tu n'en reviendras pas, et tu resteras où ils sont. Mais je veux te sauver. Tiens, prends celte bonne drogue et va dans le palais de Circé. Sa vertu éloignera de toi le moment de la mort. » Ayant ainsi parlé, Hermès me donne la drogue qu'il a tirée de lerre^ et il m'en indique la nature. C'est une plante dont la racine est noire et dont la fleur a la blancheur du lait. Les Dieux l'appellent Môly. Il est difficile aux hommes de l'arracher, mais les Dieux peuvent toutes choses. »

Le Môly qui n'a de nom que dans la langue des Dieux, que les Dieux seuls peuvent arracher, n'appartient à aucune classe des plantes qui croissent sur la terre, malgré les caractères botaniques que lui attribue le poète : racines noires, et fleur blanche. Les anciens toutefois n'ont pas manqué de le chercher. Les Asclépiades, (les médecins,

(l) Theoph. hist. PI. IX, 15, 7. « Le Môly croît aux environs de Phénée età Cyllène. On clil qu'il est semblable à celui qu'a chanté Homère. Sa racine est forte et semblable à un oignon : K/!Of/.uw ; sa feuille est celle d'une scille : (r/.DlV' On s'en sert comme d'un contre-poison, et dans la magie. Mais on le cueille facilement, malgré Homère. »

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