‹ Études de mythologie grecque [microform]Chapitre 16 sur 45 · ULYSSE SOL'EIL · texte numérisé non relu

ULYSSE SOL'EIL

commente dans le même vers : « Nàvoç, izlivxKJt Tiivr' épswhtrai; liv^o-j xlh: zc y.cà -fiç. Naïïus, dans SCS erreurs a fouillé tout recoin de mer et de terre. » Homère ne s'exprime pas autrement : « Muse, dis-moi le héros vagabond [k fjtâ>.« ■KQ)là TùÂY/p-i), qui a vu les villes de beaucoup d'hommes (1). »

qu'il appartenait d'être fàchiîs. 11 faut remarquer d'ailleurs que la mention d'une route parcourue se retrouve dans la légende d'Homère aussi bien que dans celle de Silûnus de Chios.

(2) Pausan. V, 1, 4. Astérodia est le nom de la femme d'Endymion, appelée aussi Ghromia, [Xpoiiix, la pâle), ou Hypérippé {YTrspÎTZTrr,, qui chevauche en haut) : tous mots équivalents de Islrrjri, l'épouse de l'Endymion mythologique. On trouve un autre nom de divinité sidérale avec le radical ôSôj; c'est Euryodia (Evpvo^La, dont les sentiers sont larges, ou qui fait de longs voyages) C'est la mère d'Arcésius, père de Laërte, père d'Ulysse.

(1) 'OSuo-ffEÛç est la forme commune. 'oSucsùç se lit dans Homère (Od. XIX, 405) et dans Hésiode (Th. 1017) ; 'o3to-(7cûç, sur la table Odysséenne fréquemment reproduite : Montfaucon, Guigniaut, Overbéck. 'Olvaffcvc, 'OlvGCTsicx. sont dans Eust. comme forme ancienne. C'est une erreur ; il n'est point de forme plus ancienne que celle d'Homère et d'Hésiode. A la forme 'OBucto-êûç se rattache VÔVEE, Hthuxe, (Welcker, miroirs Etr. pi. 240) et probablement la leçon fautive V02TE, puis les formes latines Udysseus. Ydysseus, (Quintil. Inst. Orat. 1, 4, G). A la forme 'Olytro-eû; se rattachent les vocables étrusques recueillis dans un mémoire des Annali dell' Inst. Arch. Yol. IV, fase III : Uluxe, Uluse, Ulis, Olyseus, Olyten-, et le vocable Ulyxes, réellement latin.

Quant à Nanus, Tzetzès (in Lycophr. 1245), le donne comme le nom d'Ulysse cUez les Etrusques, avec la signification à'errabu7içlus (îr)>KVvîT/î?). J'ai trouvé, dit-il, qu'Ulysse s'est d'abord appelé Nâvoç, et ensuite Ulysse. Naca est, chez les Assyriens, la lune dans ses trois décades. Maury. Rel. gr. Tom. III, p. 96.

Il faut bien accepter ce que dit Tzetzès ; mais Nâvoç et Nanus veulent

dire aussi un nain, et si l'on fait attention que Ja forme 'Olvatreiç

se rattache non plus à OSôj, mais à '0),tÇwv, Oliyoç, petit, on se sent

entraîné vers des considérations très-singul i res, mais qui ne regardent

. plus Gircé, quoiqu'elles regardent encore Ulysse.

La rencontre d'Ulysse et de Circé, sous la forme légendaire que lui donne Homère, cache une certaine conjonction du Soleil et de la Lune. Nous devrions le croire, lors même que ce seul exemple existerait dans la mythologie grecque. Mais il s'y en trouve d'autres qui donnent à celui-ci la force d'une certitude. Déjà nous avons cité celui d'Hercule et Omphalc, la déesse lunaire de Lydie. Les documents (1)

(1) Lucien, YIII, 13, montre Hercule, velu d'une robe, et comme un esclave, cardant la laine, et recevant des coups de la sandale d'or d'Omphale. Il revient à ces détails (XXV, 10). Les peintres de genre aimaient à représenLer cette scène : Hercule lilant et Omphale couverte de la peau de lion. Une pierre gravuo dans Guigniaut, nous on indique suflisamment la disposition générale. Hercule baisse la tête de confusion, l'Amour est dans un coin. (Cf. Plut, sî Trpîo-Sur. ttoIlt. IV). D'après Plularquo,..(Thésée 6.) l'esclavage d'Hercule avait été volontaire; il se 1 était imposé en punition du meurtre d'Iphitus. Les rois de Lydie portaient comme un sceptre la hache ravie par Hercule h Hippolyte l'Amazone, dont il avait fait don h Omphale. Cette hache que Candaule avait par dédain confiée à un serviteur, fut transportée en Carie par Arsélis, vainqueur de Candaule, et orna la statue de Zeu3(Plut. Q'uaest. gr. 45). Plutarque traite donc cette légende comme une histoire; c'est pourquoi il blâme les peintres qui représentaient Hercule en robe jaune, se faisant éventer et parfumer par les femmes d'Omphale.

Hérodote ne cite nulle part une Omphale lydienne ni mythique, ni historique; les héraclides qui régnèrent à Sardes descendaient, sui%-ant lui, d'une esclave de Jardanos, 505 ans avant Candaule. Cf. Diod. Sic. IV. 32. — Dion. Ch. Or. XV,

Omphale n'est donc pas un personnage historique. Apollod. bibl. 2, 6, 2. Hercule, esclave d'Omphale, recommence sous ses ordres

grecs sont rares sur cette rencontre qui n'est connue ni d'Homère ni d'Hésiode, et qui ne s'est glissée dans la religion hellénique qu'après l'établissement des colonies sur la côte Ouest de l'Asie. Mais, d'après ApollodorO;, les poëmcs anciens, qui la rapportaient, représentaient Hercule comme en état d'esclavage auprès d'Omphale et son séjour comme un châtiment, d'oii résultait pour lui une sorte de maladie morale dont il sortait pour conquérir Troie. Tel est le caractère du séjour d'Ulysse dans l'ile JEseenne. Le héros s'y oublie pendant une année dans les plaisirs , et ses compagnons, pour le guérir, ont besoin de lui rappeler Ithaque. Au fond, malgré le Môly, malgré son glaive, il est, pendant une année, l'esclave de Circé. Tel est (1) aussi le caractère du séjour d'Achille à Scyros. Le héros s'y cache sous des habits de femme, c'est-à-dire s'y énerve dans la volupté et l'inaction ; et Deïdamia remplace près de lui Omphale et Circé, Comme Ulysse, il a besoin d'un avertissement de ses compagnons pour s'arracher aux enchantements ; mais, lorsque le son de la trompette l'a

toute une série de travaux. Après son esclavage, Hercule, délivré de sa maladie, tente une expédition contre Troie. 'AmxllKysiç r^j ii6(totj est tout le mythe. Les savants s'accordent à chercher dans les langues sémitiques l'étymologie du nom. Mais en le considérant comme grec, on ne peut que le rattacher à 0|/y«),ôî, et dans ce cas, b^yâ>vïî n'est pas autre que Kip,-/?.

(1) ApoUod. bibl. T. 13, 8. Quand Achille eut neuf ans, Calchas déclara que Troie ne pourrait être prise sans lui. Thétis, prévoyant sa mort, le couvrit d'une robe de femme et l'exposa. — Lycomède le recueillit, et de son union avec Deïdamia naquit Pyrrhus. Ulysse. apprit qu'il était chez Lycomède et parvint à le découvrir en faisant sonner de la trompette. Ainsi il se rendit à Troie. Cf. Stat. Achill. pass.

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