‹ Études de mythologie grecque [microform]Chapitre 21 sur 45 · LE NAVIRE · texte numérisé non relu

LE NAVIRE

Bosphore (I), par Phrixus et le bélier ; du détroit de Gadès, par Hercule (2), dans une coupe d'or. Mais l'exemple le plus concluant est le voyage des Argonautes, si semblable à l'Odyssée.

C'est encore un fait mythologique constant. Les divinités solaires, grâce à la facilité de permutation de leurs attributs, à l'analogie d'aspect qu'ont toujours trouvée les hommes entre le Ciel et l'Océan, étaient aptes a être considérées comme accomplissant leur course aussi bien sur la terre que dans le ciel. Pour que cette aptitude se transformât en fait, il suffisait que leur personnalité s'obscurcît, et que la course dans le ciel ne parût plus leur être attachée essentiellement. Aux temps d'Homère, et bien avant lui, cette révolution s'était accomplie. Il reconnaît encore pour Dieux solaires Héhos, Apollon, Phébus, Ilypérion ; mais il ne sait plus guère les distinguer l'un de l'autre, et l'on pressent que le temps n'est pas éloigné où l'on confondra le Dieu de Délos et celui de Delphes, où l'on ne connaîtra qu'un seul Dieu Soleil. Ulysse soleil, cantonné, on doit le croire, dans ce petit groupe d'îles dont Homère lui fait un royaume, éloigné du grand mouvement d'expansion qui a répandu dans l'Asie mineure, dans la grande Grèce, dans la Sicile les autres rehgions helléniques, et des guerres fécondes des deux familles Dorienne et Ionienne, est devenu un héros.

(1) Dans Apollodore, 1, 3, 1, Phrixus et Hellé, montés sur lo bélier sont portés dans le Ciel au-dessus de la terre et de l'Océan. — Dans Hygin. III> le voyage s'accomplit sur l'eau. « Aries eos in Pelagus delulU. — Celte double forme du voyage est à noter.

(2; Apollod. bibl. 2, 5, 10, 5. '

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