‹ Études de mythologie grecque [microform]Chapitre 25 sur 45 · LES POURVOYEUSES · texte numérisé non relu

LES POURVOYEUSES

Le gracieux épisode des Colombes qui portent l'ambroisie à Zeus est tout à fait mythologique et astronomique. Il ne tient au réel et à la terre que par le double sens du mot qui les désigne dans Homère, Péléiades [Usl-dK^s:;), qui s'applique aux Colombes et à la constellation des Pléiades. Eschyle, par exemple, montrait ce les Péléiades sans ailes, plaignant le sort d'Atlas leur père, chargé du poids du Ciel. » Euripide parlait de « la voie septuble des Péléiades ; » Théocrite,. du « lever des Péléiades. » Lamproclès, poëte dithyrambique rapprochait les unes des autres sous une même dénomination : ce Vous, astres, dont le nom est celui des Colombes ailées. » Athénée et Eustathe citent six autres exemples. Les légendes racontaient que les Pléiades, fdles d'Atlas et de Pléioné, habitaient la Béotie, qu'Orion, le chasseur, les poursuivit cinq années entières, et que les Dieux, écoutant, leurs prières, les avaient changées en Colombes (Péléiades). Mais Zeus ensuite les plaça parmi les étoiles. Le groupe des Pléiades comptait chez les anciens, comme on le voit par Euripide, sept étoiles de grandeur différente. La constellation affecte à peu près la forme d'un croissant et rappelait, pour des yeux habitués à animer tous les astres, un vol de colombes. Le Scholiaste d'Aratus explique très-bien leur généalogie. « Atlas, dit-il, est l'horizon ; Pléioné, l'Océan, desquels naissent les Pléiades, les Hyades et tous les astres, parce qu'ils

celle-ci, indiqué par les six mouvements d'absorption et de résorption qui concordent avec les six cous de Scylla. C'est tout ce qu'on en peut dire de plus raisonnable actuellement, et cela suffit à notre thèse. (Eust. inOd. M. 245).

DE l'olympe. 103

paraissent sortir de la mer à l'horizon. )) La constellation des Pléiades avait été reconnue et nommée du temps d'Homère qui les cite en plusieurs endroits. On avait observé le temps de leur lever et de leur coucher. Hésiode enseignait aux laboureurs à commencer la moisson au lever, le labour au coucher des Pléiades. Déjà il donne à soupçonner le sens du mythe, que détermine une légende de Mœro, la poète byzantine, (c Le grand Zeus était élevé en Crète, sans honneur de la part des Dieux. Il croissait en tous ses membres et les Péléiades timides le nourrissaient dans l'antre divin, lui apportant l'ambroisie des limites de

l'Océan, Un aigle lui apportait le nectar C'est pourquoi

Zeus donna l'immortalité à l'aigle et le plaça au Ciel après sa victoire sur Kronos. Aux Péléiades, il a accordé l'honneur d'être les messagères de l'été et de l'hiver. » Entre les Pléiades qui, par leur lever annonçaient le temps de la récolte, et les Péléiades qui portent l'ambroisie à Zeus, l'affinité est évidente. Les Dieux, conçus à l'image des mortels-, font, comme eux, leurs provisions de ménagé. Les Péléiades leur apportent la moisson annuelle d'ambroisie (1).

Il est impossible de n'être pas frappé de la circonstance que joint Homère à chaque passage des Péléiades. Toujours,

(l) Sur les Péléiades constellations, on peut -voir l'excellente dissertatioa dans Athénée, reproduite et enrichie par Eustathe. Le Scholiaste d'Aratus est également très-instructif. Je n'ai eu que peu de choses à ajouter à ces documents.

Page 1