‹ Études de mythologie grecque [microform]Chapitre 27 sur 45 · DANGERS DU CIEL LES SIRÈNES · texte numérisé non relu

DANGERS DU CIEL LES SIRÈNES

« dessèche la chair, lorsque la cigale, messagère de l'été, chante du matin au soir (1). »

Les Sirènes, dans Homère, marquent la première étape du voyage, celle qui s'élève de l'horizon vers le Zénith :

Ardua prima via est, et qua vix maue récentes enitantur equi.

D'abord le navire s'avance rapidement, sous l'influence de la brise matinale. Puis le calme se fait. Les matelots carguent la voile inutile, et font blanchir la mer sous leurs rames. Voilà les efforts indiqués par Ovide : enituntur equi. La chaleur les accable ; elle fond la cire. Alors s'élève la voix des Sirènes qui les invite au repos. Le repos sera court, disent-elles, et les voyageurs apprendront d'elles la route qui mène à la patrie. Mais le Soleil ne doit pas s'arrêter ; il faut qu'il arrive le même jour, malgré les dangers. Après la fatigue de la montée, il aura les combats du midi et du soir.

En suivant l'ordre indiqué par Homère : les Sirènes, les Planctœ, les vaches du Soleil, on peut maintenant essayer de reconstruire la course solaire qu'il a fait passer de l'hymne ancien dans l'épopée.

(1) Lycoph. 395. « Nez^jv àzTtç Setpty. y.«9a.u«wît. » Hes. Scut. Herc. 153. « 'Oo-ték -nept pcjolo ffan-etffvjç Seiptou '«Ça)vs'oto 7ui6îT«{. » Ibid. 397. « Okqzs yjpw. Isipioç «Cet. »

xm.

« Le Soleil était né de la Nuit, Il était faible et ignorait les sentiers du Ciel. Circé, la Déesse pleine d'expérience lui apporta l'ambroisie, nourriture des immortels. Elle le fortifia et il grandit rapidement, comme les enfants de race divine. Et quand il fut fort et intelligent, elle lui montra de l'horizon la route qui monte à travers- les astres, les nuages solides qui se heurtent à la voûte, et au loin, près du terme qu'il doit atteindre le soir pour y prendre son repos, les troupeaux d'Hélios paissant dans leur île.

« Puis elle disparut et l'Aurore arriva sur son siège d'or, donnant aux Dieux et aux hommes le signal des travaux, et éclairant à la fois la terre et les larges espaces de l'Océan aérien.

« Alors, suivi de cinquante compagnons pleins de vigueur, le Dieu s'embarqua, brillant de jeunesse et de beauté. De l'Orient, Circé enfla sa voile d'un vent favorable. Et quand le matin fut passé, le vent tomba, et les cinquante compagnons appuyant la rame sur la vague de l'air, poussèrent en haut le navire à travers les astres resplendissants.

« Et les astres disaient au Soleil : « Amène ici ton navire, jeune Dieu dont la tête est ceinte d'une auréole.

112 l'hymne

Viens te reposer auprès de nous, toi et tes compagnons fatigués. Et quand ils auront repris leurs forces, nous te montrerons la route sans dangers : car nous connaissons tous les secrets du ciel.

« Mais le Dieu infatigable bouchait ses oreilles aux séductions des Sirènes et il continua à monter jusqu'à ce que sa lumière éteignît les astres et qu'il fût parvenu au sommet de la voûte.

« Là il vit les nuages solides qu'avait annoncés Circé. Ils se heurtaient l'un contre l'autre avec un bruit terrible. Leurs rangs pressés laissaient à peine place aux Colombes qui portent à l'Olympe la provision d'ambroisie. Près du sentier, dans une caverne profonde et sombre, Scylla était couchée avec ses petits et le guettait. En haut l'éclair, frappait sans relâche le monstre immortel ; mais il ne redoutait rien et saisit six des compagnons du Voyageur divin. Cependant le navire, suivant les Colombes, se glissa à travers les écueils, et le Dieu continua sa course.

« A l'horizon occidental, dans l'île d'Hélios, paissaient les vaches et les brebis du Soleil, dont la toison est pourpre comme les rayons du couchant. Les voyageurs, accablés de fatigue, abordèrent au rivage : et dociles aux enseignements de Circé, ils respectèrent ce jour là les troupeaux sacrés. Ainsi se termina leur course et la nuit leur donna le repos. »

La seconde partie de l'épisode qui fait l'objet de cette élude renferme, comme on le voit, tous les éléments d'une course solaire complète, du levant à l'occident ': éducation préalable .du Dieu, viatique, préparatifs du véhicule,

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