LES SIRÈNES, FLÉAUX DU CIEL
divinités brillantes du Ciel. Apollon en est le type.. Il porte aussi souvent la lyre que l'arc ; et l'arc lui-même est une lyre dans un passage de l'Odyssée cité plus haut. Orphée, un Dieu solaire assurément, porte aussi la lyre ; c'est son caractère spécial qui a effacé les autres dans la tradition. Artémis ne conduit les chœurs de Délos que parce qu'elle brille ; de même Circé chante dans sa solitude. Les Sirènes ne chantent que parce qu'elles brillent comme Circé, et leurs voix qui s'élèvent dans la solitude des cieux produisent cette harmonie des Sphères qu'entendaient Pythagore et Platon.
' Le rapprochement de ^sipr,-» et de seîptos expUque les efforts des matebts à la rame, et la chaleur qui fait fondre la cire. Ces efforts ne seraient pas nécessaires, et la chaleur serait moins intense, si les vents poussaient le navire et rafraîchissaient les rameurs. Voilà pourquoi le calme se fait. Il ne paraît pas un résultat du pouvoir des Sirènes, mais une explication imaginée par les poètes pour justifier la fatigue et la chaleur. Il ne ressort pas en effet de la conception naturaliste, quoiqu'il soit le point capital du récit homérique. Le même rapprochement de istp-h-j avec isipioç exphque aussi le dessèchement des cadavres et les amas d'os dans la prairie. Nous en avons montré quelques exemples.
L'idée de la chaîne qui retient le navire et les matelots résulte des notions de lumière et de chant affectées aux étoiles ; c'est un symbole de la séduction qu'elles produisent.
Tel est donc le premier aspect sous lequel se sont présentées les Sirènes. Ce sont des astres ; elles brillent ;