RAPPROCHÉES DES MUSES
Dranches différentes de la même famille. La lutte devait avoir lieu nécessairement. Où et en quel temps? et quel caractère a-t-elle revêtu ? Ce sont des questions plus faciles à pbser qu'à résoudre. Il est probable cependant que la lutte a eu un caractère historique, que les deux- cultes se sont combattus, autel contre autel. Mais la légende l'a transformée en un combat poétique où le t'alénfe5;devait /emporter le prix. Avec d'autres personnages, c'est un mythe analogue à celui de Marsyas et d'Apollon, qui doit reposer aussi sur un fonds historique, hé traitement cruel infligé, dans les deux légendes, au vaincu, respire toute l'animosité d'une guerre religieuse. Marsyas est écorchévif ; les Muses victorieuses né sont guère plus compatissantes qu'Apollon. Comme elles ont assisté au supplice de Marsyas, elles arrachent les ailes à leurs rivales abattues, elles se couronnent de leurs plumes (i).
Cet épisode de l'histoire religieuse de la Grèce a une haute signification morale. Les Muses sont une des plus nobles créations de l'esprit grec. Interprètes de toutes les vérités qui font le bonheur de l'homme, elles lui apprennent la religion, l'histoire, la politique, la poésie ; elles répandent
(1) Stepli. Byzant. v. 'kTr-spv.. L'analogie des deux luttes était parfaitement comprise des Grecs. Sur im bas relief. (Guigniaut, pi. 83, fig. 301), les Muses assistent au combat poétique d'Apollon et de Marsyas, avec des ailes à la tête. Un autre monument {ibid. pi. 82, lig. 298) montre quatre Muses arrachant les ailes de deux Sirènes, dont l'une est étendue à terre. La scène est bien un combat (s^ojç) ; le geste et l'expression de visage des Muses en montrent toute l'ardeur. Les Muses gardent dans une dernière représentation [ibid. pi. 142, fig. 528) les ailes à la tète comme simple ornement. Cf. Eust. 85, les ailes des Sirènes étaient leur enjeu dans la lutte.