‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 17 sur 84 · I. Ëch. fîgurc, du Dj. Selbia, comme le deuxième · texte numérisé non relu

I. Ëch. fîgurc, du Dj. Selbia, comme le deuxième

Nos échantillons concordent très bien avec les figures et la description de Forbes. Je me borne donc à rappeler les principaux caractères de cette belle espèce, renvoyant pour révolution individuelle à l'ouvrage de Kossmat. •

Coquille à enroulement très peu embrassant ; ombilic large, en entonnoir, laissant voir, sur Téchantillon figuré, 7 tours et la loge initiale ; bords de l'ombilic se raccordant rapidement avec les flancs ; section des tours réniforme. A l'âge adulte, 4 sillons légèrement onduleux par tour. Aucun de mes exemplaires ne montre les fines côtes, ni les stries spirales figurées par Kossmat, car je n'ai afTaire qu'à des moules internes.

J'ai cru devoir reproduire la cloison (Vig.

Fio. il. — Lyt. {Gaudr.) Kayei X 8 (éch. fîgaré ; r = 10).

Il), car nous ne possédons que le dessin très schématique de Forbes (celui donné par Stoligzxa concerne une autre espèce). Cette cloison montre a lobes bifides ; le i*' lobe est de même longueur que le lobe externe; le 3" lobe (i" auxiliaire), presque trifide et très oblique, est suivi par a petits lobes. Les selles sont irrégulièrement bifides et s'abaissent rapidement à partir de la troisième.

Gisement. — Je possède 6 échantillons ou fragments provenant tous du niveau à ammonites ferrugineuses du Dj. Selbia, au S de Si Abd el Kerim. Santonien.

Le type provient de Pondichéry (Valudayur beds = couches à AnUoceras), c'està-dire du Campanien supérieur. L'espèce a donc peut-être apparu d'abord dans l'Afrique du Nord et a émigré ensuite vers l'Est. Autant qu'on en peut juger par la figure de CoQUAND (^), VAmm. Pauli diffère à peine de Lyt. Kayei et il est supposable que c'est son ancêtre. J'ajoute que la collection de la Sorbonne renferme un exemplaire très reconnaissable de Lyt. Kayei provenant des environs de Gonstantine (ancienne route de Bizot, marnes schisteuses, Santonien d'après l'étiquette), mais il est alors associé à Scaphites Cunliffei Forbes, var. Pavana ; il s'agit donc ici, non du Santonien. mais au moins du Campanien supérieur.

Cette espèce existe certainement aussi en Cahfornie, où elle a été mentionnée par WmTEAVES sous le nom d'Amm. Jukesi Siiarpe. Steinmann a flguré un échantillon bien reconnaissable, provenant du Chili (couches du Quiriquina). En outre, la même ammonite a été citée par Griesbach au Natal, mais la citation n'étant pas accompagnée de figures demeure douteuse.

Enfin, l'ammonite décrite par Bôhm sous le nom de Desmoceras planorbiforme («) est assurément un Gaudryceras, mais je ne pense pas qu'on puisse l'assimiler à Lyt. (Gaudr.) Kayei, comme le propose Kossmat, car, à taille égale, la cloison est bien plus réduite et les éléments sont moins découpés.

Même en éliminant de la synonymie cette dernière citation, on peut conclure que Lyt. Kayei est connu dans l'Inde, sur la côte E du Pacifique, en Tunisie et en Algérie.

(i) CoQUAND : Géol. Pal. S. Const., p. Saa. PI. XXXV, fig. i-a.

(a) J. BôiiM : Krcidebildungcn des Fûrbcrgs. Palacontographica, vol. XXXVIII, p. Ag, PI. I, flg. la.

Lytoceras (Qaudryceras) striatum ? Jimbo

PI. m, ûg. 31 a-b

1894. Lyt. striatum Jimbo : Kreidef . von Hokkaido, p. 35, PI. VI, fig. 6 a-b.

1903. Gaudryceras striatum Yabe : Ceph. from the Hokkaido, Part I, p. 31, PI. IV, fig. 5.

Diamètre. 22 (1)

Hauteur du dernier tour 8 (0,36)

Épaisseur du dernier tour 8,5 (0,39)

Largeur de l'ombilic 10 (0,45)

Coquille discoïdale, à large ombilic ; tours arrondis, sans limite par rapport à la région ventrale et à la paroi de l'ombilic, croissant régulièrement, faiblement embrassants (i/3 ou i/4), portant sur le dernier tour 4 sillons peu marqués, obliques en avant et légèrement flexueux. Traces de côtes très fines.

Cloison trop usée pour donner un bon dessin, mais assurément très découpée et paraissant s'accorder suffisamment avec la figure donnée par Jimbo.

Rapports et différences. — Ces caractères, fournis par deux ammonites du Sénonien de Tunisie, sont bien ceux de Lyt. striatum Jimbo, mais la description de cette espèce japonaise est si incomplète qu'un doute peut subsister sur l'attribution, d'autant plus que le Japon a fourni quelques autres Lytoceras (Gaudryceras), tels que Lyt. densepHcatum Jimbo, Lyt, ienuillratum Yabe et même Lyt, crassicostatum Jimbo, dont les jeunes ne sauraient sans doute être distingués de Lyt, striatum. Au surplus, il n'est pas sûr que les adultes eux-mêmes représentent des espèces différentes.

Parmi les espèces européennes, Gaudryceras Rouvillei de Grossouvre (*) est certainement là plus proche de l'ammonite tunisienne ; toutefois, la première a un enroulement quelque peu plus serré. Une différence plus importante gît dans les cloisons. L'échantillon que je figure (PI. III, fig. 21), est de même taille que celui représenté par de Grossouvre sous le n" 10, et cependant ses cloisons sont déjà extrêmement découpées, tandis que le dessin de de Grossouvre (p. 328, fig. 86) nous montre un tracé très simple.

L'ammonite qui nous occupe pourrait également être confondue avec Lyt. Kayei Forbes ; on remarquera cependant qu'elle a un accroissement beaucoup plus rapide, des tours moins nombreux, un ombilic moins large, une section presque circulaire, la paroi de l'ombilic se raccordant avec les flancs par une courbe régulière ; il n'y a pas ici le brusque changement de courbure offert par le bord ombilical de Lyt. Kayei.

Gisement. — Deux individus provenant du niveau à ammonites ; i km. S de Si Abd el Kerim. Santonien supérieur. L'âge du type de cette espèce (Japon) n'est pas bien connu ; cependant d'après Yabe, il provient de couches à Pachydiscus qm sont probablement du Sénonien. Gaudryceras Rouvillei de Grossouvre appartient au Santonien le plus élevé.

(1) Db Grossouvre : Amm. Craio supérieure, p. aaS, PI. XXXVII, fig. 7 et 10.

IV. - Sous-Genre KOSHATELLA . Lytoceras (Kosmatella) cf. Marut Stolicz&a

PI. III, fig. 2 3, a3 a-e

1863. Amm. Marut Stoliczka : Cret. S. India, p. 162, PI. LXXIX, fig. la-5. 1895. Lyt. {Gaudr,) Marut Kossmat: Sûdind. Kreidef., p. 34, PI. III, fig. 3 a-c. 1903. lyt. (Gaudr,) ilga^mi Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 72.

Diamètre 4,6 (1)

Hauteur du dernier tour 1,5 (0,33)

Épaisseur du dernier tour 2,2 (0,48)

Largeur de l'ombilic , 2 (0,44)

Je désigne ainsi une petite ammonite relativement épaisse, à ombilic large et profond, à tours faiblement embrassants (i/3 à i/4), à section surbaissée, notablement plus large que haute, la plus grande largeur se trouvant au voisinage de la région ventrale. Celle-ci est large et faiblement bombée, séparée de la paroi de Tombilic par une sorte d'arête mousse, granuleuse ; les flancs sont donc réduits à une bande très étroite ; sur le quatrième et dernier tour, ils portent une douzaine de côtes naissantes, très courtes ; la région ventrale est complètement lisse.

Ces caractères pourraient presque aussi bien appartenir au jeune de Lyt. Agassizi qu'à celui de Lyt. Marut, mais mon ami Blayac a recueilli dans le Vraconnien

Fio. 12. — Ly(. {Kossm.) cf. Marut X 10 (éch. figuré ; r = I).

de rOued Gheniour (Constantine) des ammonites de taille variable (jusqu'à 34 mm.), que je considère comme les adultes de l'espèce dont il est question. Il est facile de constater que la forme des tours se modifie avec l'âge ; ceux-ci s'accroissent plus en hauteur qu'en largeur, de façon à acquérir une section presque circulaire (hauteur et épaisseur : o,46). En même temps, l'ombilic se rétrécit notablement (0,37). Les côtes se développent, mais restent toujours grêles et dessinent de petites faucilles ; il y a, en outre, des stries très fines.

La cloison (fig. 12) est simplement ondulée sur les trois premiers tours (^), mais, dès le quatrième tour, elle est très compliquée. Le lobe siphonal est légèrement plus long que le premier latéral. Les selles décroissent assez régulièrement. La

(i) La figure la montre la dernière cloison et quelques cloisons des trois premiers tours.

première selle est irrégulièrement bifide, tendant à devenir trifide ; les deux suivantes, ainsi que les deux premiers lobes, sont déjà bifides. Il n'y a "encore que deux petites selles accessoires.

Rapports et différences. — C'est ce petit échantillon que j'ai cité dans mon Ëtude géologique sous le nom de LyL Agassizi Pictet (^) ; il en est assurément peu éloigné, mais depuis que je connais les adultes, je pense que cette ammonite est encore plus voisine de Lyt, Marut Stoliczka, sans lui être complètement identique. 11 faudra créer, sinon une espèce, tout au moins une variété ; je laisse ce soin à mon collègue J. Blayac qui possède des échantillons adultes ; le mien est un peu jeune pour servir de type.

La finesse de l'ornementation suffira d'ailleurs à distinguer cette ammonite de LyL Agassizi Pictet et surtout de Lyt, Miihlenhecki Fallot et de Lyt, Chabaudi Fallot {*).

Gisement. — Un seul échantillon. Vraconnien de Si Abd el Kerim. Cette espèce n'est connue qu'en Inde et en Algérie (Blayac). Des formes très voisines existent au même niveau en Suisse et dans le S-E de la France.

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