‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 56 sur 84 · Ëch. du Semmama · texte numérisé non relu

Ëch. du Semmama

Dans mon Élude géologique, j'ai cité, sous le nom de Tiss. Tissoti var. lœvigâta, trois grandes ammonites qui me paraissent plutôt être Tadulte de Tiss. Grossouvrei. J'avais cru que l'âge était seul responsable de la disparition des carènes latérales, mais il ne semble point en être ainsi. D'autre part, l'ombilic est trop large pour permettre l'assimilation avec Tiss. Tissoti. La forme générale est d'ailleurs bien celle de Tiss. Grossouvrei, sauf que le bord s'amincit moins brusquement. A vrai dire, mes échantillons sont complètement lisses, mais cela n'a rien de très étonnant, car ils sont deux fois plus grands que le type. Le petit exemplaire montre encore de vagues nodosités sur le bord externe, au début du dernier tour. La carène est bien nette à un rayon de 60 mm. ; elle s'atténue ensuite. L'échantillon de i5o mm. paraît posséder la loge d'habitation entière ; elle occuperait deux tiers de tour.

Les cloisons sont sensiblement conformes à celles du type ; cependant le denticule divisant la première selle se trouve au tiers externe et non pas au milieu de la selle. Les selles sont légèrement déjetées vers l'ombilic, mais cela ne semble pas être un caractère constant. Les selles et lobes, autres que les premiers, sont étranglés à la base.

Rapports et différences. — Cette espèce est bien voisine de Tiss. Fourneli et je serais porté à croire qu'elle en constitue seulement une variété à faible ornementation, dépourvue de tubercules ombilicaux, présentant des flancs plus plats, non déprimés vers l'ombilic, lequel est large et possède des parois verticales. Elle se rapproche également de Tiss. Auressensis Peron, qui possède aussi une forte

épaisseur et un large ombilic, mais cette dernière ammonite est plus arrondie au pourtour et perd sa carène a un stade auquel Tiss. Grossouvrei est encore fortement caréné. En outre, la première selle de Tiss. Auressensis est divisée en trois parties par deux lobules presque égaux, comme le montre la figure donnée par Peron (PI. XVIII, fig. 8). Cette même fîgure montre que le lobe externe est beaucoup plus court que le premier latéral, tandis que ces deux lobes sont sensiblement de même longueur dans Tiss. Grossouvrei.

Gisements. — Trois exemplaires recueillis au N-E du Dj. Semmama, un peu au-dessus du niveau à Barr. Haberfellneri ; ils appartiennent donc à la fin du Coniacien ou, à la rigueur, au début du Santonien.

TIssotIa FIcheurI de Grossouvre em. Peron

1889. Buchiceras Ewaldi Peron (p. p.) : Moll. foss. Tun., p. 5, PL XV, fig. 3-9 (non 1-2). 1893. Tissotia Ficheuri de Grossouvre (p. p.) : Amm. Craie sup., p. 35, fig. 17. 1897. Id. Peron : Amm. Crét. sup. Algérie, p. 61, PI. XII, fig. 1-2; XVIII, fig. 1. 1903. Id, Pervinquiâre : Et. géol. Tun. cent., p. 124.

On a vu plus haut que je n'admets point l'interprétation donnée par Peron et DE Grossouvre pour les figures de Bayle, concernant Tiss. Fourneii, Il est, cependant, très possible que Tiss. Ficheuri soit une bonne espèce ; dans ce cas, on doit prendre comme type, non pas les figures de Bayle visées par ces auteurs, mais les figures 3-7 de la PI. XV des Mollusques fossiles de Tunisie. Cette modification est d'autant plus nécessaire que l'échantillon de Bayle ne montre pas les cloisons et que le dessin donné par de Grossouvre (dessin sur lequel est en grande partie appuyée l'espèce) a été emprunté à l'un des échantillons tunisiens.

Sous le bénéfice de cette remarque, je rapporte à Tiss, Ficheuri une ammonite de petite taille (60 mm.), non sans hésitation d'ailleurs, car cette ammonite est un peu déformée et usée sur le bord. Par sa forme générale, elle rappelle tout à fait le jeune individu de Medjez el Foukani figuré par Peron. Toutefois, elle ne montre nulle trace des côtes fines, rectilignes, caractéristiques de Tiss. Ficheuri, et cependant celte absence de côtes ne peut être attribuée à l'usure, car l'un des flancs n'est nullement usé. 11 n'en est pas de même du bord externe qui est assez endommagé, ce qui empêche de voir le détail de la moitié externe de la première selle ; or la forme de cette selle fournit l'un des principaux caractères de Tiss. Ficheuri. Pour le reste, la cloison est conforme à celle de cette dernière espèce ; les .lobes sont cependant plus étroits que dans les spécimens algériens. Peut-être cet échantillon représente-t-il une variété inerme de Tiss, Ficheuri ; peut-être appartient-il à une nouvelle espèce ; en tout cas, celle-ci ne saurait être définie d'après un échantillon unique et défectueux.

Gisement. — Un seul échantillon, recueilli au N-E de Thala, dans le Sénonien inférieur, très probablement le Coniacien. Tiss. Ficheuri se rencontre également en Algérie. Fourtau le cite aussi en Egypte.

376 ÉTUDES DE PA.LéONTOLOGIE TU.NlSœXîCE

TIssotIa PeronI Hyatt

1889. Buchiceras EicaMi Peron (pio parle) : Moll. foss. Tunisie, p. 5, PI. XV, fig. 1-2

(seulemenl),.

1903. SubtUsotia Peroni Hyatt : Pseudoceratites, p. 44.

Dans la description des Mollusques fossiles de Tunisie, Pero?» a rapporté à ÏAmm. Ewaldi un certain nombre d'ammonites que de Grossouvre considère comme appartenant à une espèce nouvelle, nommée par lui Tiss, Ficheurl. Telle qu'elle a été délimitée par de Grossouvre, celte espèce était encore hétérogène; aussi Peron a-l-il accepté la nouvelle coupure pour une partie des échantillons, laissant les autres (et en particulier celui du Khanguet Mezouna) dans ÏAmm. Ewaldi var. A/ricana ('). Hyatt a pensé, et je partage sa manière de voir, que cet échantillon ne saurait être rapporté à VA mm. Ewaldi de Bucii. C'est, en effet, une ammonite très épaisse, s'amincissant assez rapidement au bord ventral, lequel porte une carène très marquée el persistante, bordée par deux rangées do tubercules arrondis qui s'atténuent sur la moitié du dernier tour ; les côtes font complètement défaut. Le dessin représente d'ailleurs bien l'échantillon. Ces caractères ne sont point ceux de VAmm, Ewaldi, qui est toujours beaucoup plus plat, à section lancéolée, et qui est orné d'une carène continue, ainsi que de côtes radiales ou de tubercules nettement allongés dans le sens de l'enroulement. L'ammonite tunisienne doit s'appeler Tiss. Peroni Hyatt. Je ne suis du reste nullement convaincu que les échantillons d'Algérie, figurés par Pero?î (Amni. Algérie, Pl. XI, fig. 1-6), appartiennent à VAmm. Ewaldi; leur grande épaisseur, la forme des tubercules et la discontinuité de la carène dans l'adulte ne sont point des caractères d*Amm. Ewaldi. La collection de la Sorbonne renferme de très bons échantillons de cette espèce (entre autres celui qui a été figuré par Fallot et de Grossouvre) et je ne vois aucun spécimen du Nord de l'Afrique qui puisse lui être assimilé.

Au sujet de cet échantillon, je dois faire observer que le dessin des cloisons donné par de Grossouvre (Amm. Craie sup., p. 38, fig. 20) n'est pas 1res exact, pas plus, d'ailleurs, que celui de la figure 22 ; ce sont cerlainement des dessins composites. Or, comme c'est sur ces dessins que s'appuie l'auteur pour séparer VAmm. Ewaldi DE BrcH (*) de VAmm. Robini Thiollière ('), son raisonnement perd singulièrement de sa valeur, d'autant plus qu'aucun de ces dessins ne corresjjond à celui qui a été donné par de Buch et qui, au surplus, est manifestement faux.

Je suis convaincu, comme Fallot, Peron, etc., de l'idenlilé de Tisa. Rohini et de Tiss. Ewaldi ; la seule difTérence retenue par de Grossouvre pour les séparer est que la moitié externe de la selle ventrale aurait un contour arrondi dafis Tiss. Ewaldi. tandis qu'elle serait bilobée dans Tiss. Robini. Mais que vaut la présefire (riine deiiticulation de plus ou de moins dans les Tissoiia7 Thiollièue indiquait, connue corar tères de Tiss. Robini^, l'existence d'un ou deux denticules dans cette uioilié de selle el

(i) Peuon : Amm. Crél. siip. Algérie, p. 03.

(2) L. V. Blch : Uebcr CcraUtcn, p. a6, PI. VI, fig. G-7 ; Vil, It.

(3) TiiiOLLiLUE : Sur une nouveUe espèce d'ammonite. Soc. nal. agr. Lyon, ô mai i>'i^. IM I.

la présence d'un lobe aultiliaire de plus à la cloison. De Grossouvre ne retient pas ce dernier caractère et se borne à la denticulation de la moitié externe de la selle. Le grand échantillon (85 mm.) figuré par Fallot (*), sous le nom de Tiss. Ewaldi, et refiguré par de Grossouvre (•), sous le nom de Tiss, Robini, possède bien ce denticule, quoique peu marqué, mais le petit exemplaire (4o mm.) (^), qui appartient incontestablement à la même espèce, n'en montre pas trace. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que le très grand spécimen de Thiollière (lao mm.) ait un ou deux denticules. D'autre part, l'échantillon de la coll. Toucas, que de Grossouvre rapporte à Tiss, Ewaldi et qui a servi à établir sa figure 22, n'a que 55 mm. ; il est donc comparable au petit échantillon de Fallot ; aussi est-il très naturel de n'y point trouver de denticule sur la partie externe de la selle ventrale. Si, maintenant, nous nous reportons aux figures de Redtenbagher (*), nous constatons que certains individus ont un denticule (fig. 5 g, i) : ce sont les grands ; de Grossouvre les rattache à Tiss. Robini, Les autres spécimens, que ce dernier auteur classe avec Tiss. Ewaldi, n'ont pas de denticule, mais ils sont beaucoup plus petits. Ajoutons, enfin, que le type de L. de Buch est manifestement trop usé pour pouvoir montrer un caractère aussi délicat. Les différences invoquées, d'ailleurs bien minimes, sont donc uniquement le fait de l'âge ou de l'usure; les deux types sont identiques (*). Reste à savoir quel nom doit être adopté. Je ne ferai pas à nouveau l'historique de la question (®) ; je constate seulement qu'au moment où Thiollière a décrit complètement et figuré son ammonite (5 mai 1848), de Buch n'avait publié (12 juillet 1847) qu'une très brève description, sans figurer l'ammonite, en se bornant à donner un dessin des cloisons qui est tout à fait faux. Thiollière ne pouvait donc y reconnaître les caractères de son ammonite. La description définitive, d'ailleurs bien sommaire, et la figure de L. DE Buch n'ont paru qu'après la note de Thiollière, qui est citée par de Buch ; et encore le dessin de cloison donné sur la PI. VI (fig. 6) est-il complètement différent de celui de la PI. VII (Hg, 4). La plupart des auteurs emploient le nom propose par de Buch ; j'estime, néanmoins, qu'en bonne justice, l'ammonite des grès verts de Dieulefit doit porter le nom de Tissotia Robini Thiollière. Le nom d*Amm. Ewaldi de Buch doit être rejeté comme insufiisamment défini.

Gisements. — Le type de Tissotia Peroni a été découvert par Ph. Thomas dans le Sénonien inférieur du Khanguet Mezouna. Je n'ai pas retrouvé cette ammonite.

(i) Fallot : Terr. crét. S-E France, p. aSy, PL III, fig. i.

(2) De Grossouvre : Amm. Craie sup., p. 87, PI. IV, fig. i a-b.

(3) Fallot : loc. cit., PI. Ill, fig. a.

(4) Redtenbagher : Ceph. Gosau, PI. XXil, fig. 5 ai.

(5} Htatt (Pseudoceraliles. p. /iC et 48) maintient distinctes les deux espèces, en se basant sur le caractère de la selle ventrale, mais il groupe les échantillons connus d'une tout autre façon que DE Grossouvre. Ainsi, il attribue à Tiss. Bohini Téchantillon de la coll. Toucas, figuré par de Grossouvre sous le nom de T'as. Ewaldi (PI. I\, fig. 5), et cependant cet échantillon n'a certainement pas de denticule. Htatt réunit, d'autre part, à Tiss. Robini les échantillons figurés par Redtenbagher, dont certains n'ont pas de denticule. Inversement, il exclut de Tiss. Hobini d'autres individus que de Grossouvre classait dans cette espèce (PI. I.V, fig. a).

(6) Voir Fallot : Terr. crét. S-E France, p. 337.

378 ÉTUDES DE PALÉOflTOLOGIE TUNISIENNE

TIssotIa indét.

J'ai recueilli au Nord du Châambi, en compagnie de Tiss, Fourneli, un fragment d'énorme Tissotia, le plus grand représentant du genre que je connaisse ; ce fragment appartient à une ammonite ayant de 160 à 180 mm. de rayon, car il mesure i5o mm. de longueur pour 65 mm. d'épaisseur, et la partie externe manque. La ligne suturale est très particulière, comme le montre le dessin ci-contre

(fig. i44). Je n'ai vu nulle part celle troisième selle trilobée ; je dis troisième selle, car je pense qu'il manque seulement la partie externe de la pre-

\/^^^-y^\y'^(\) ^ / / \ mière selle et le lobe siphonal. A voir

/ i J f ^\.^, ,3 le côté opposé à celui sur lequel a

'• '^ J été pris le dessin, on serait porté à

croire que cette partie externe était

petite ; il y aurait une simple inden- Fio. 144. - Tissotia indét. X i/2. . ^ ,,,.,,

tation. Dans ce cas, le lobe siphonal serait très large, et on aurait affaire à une ammonite à méplat ventral, comme Tiss. Tunisiensis.

Il est bien probable que c'est là une espèce nouvelle ; je préfère cependant ne pas lui donner de nom, vu l'état fragmentaire de l'unique échantillon.

Quant au classement générique, il est fort dl£Qcile. Si l'on s'en tient à la première définition du genre Tissotia, cette ammonite n'y saurait entrer ; mais elle ne peut non plus trouver place dans aucun des genres créés par Peron et je ne veux en proposer un nouveau pour ce fragment. D'ailleurs, la cloison a bien l'allure générale des cloisons de Tissotia ; c'est donc dans ce genre que je place cette ammonite, d'autant plus que Tiss. Tunisiensis nous a offert quelque chose d'analogue.

Gisement. — Un seul échantillon recueilli un peu au Nord du Kt. Zebbes (entre le Châambi et le Semmama), au bord de la route. Sénonien inférieur.

Genre HETEROTISSOTIA Peron

Peron a proposé cette coupure générique pour une ammonite à forme discoïdale, à région ventrale tronquée, dont les flancs sont ornés de larges côtes. Les cloisons comprennent quatre selles à contour arrondi (la première divisée en deux parties inégales) et des lobes denticulés.

CéPHALOPODBa DBS TERRAINS SECORDAIRBS 379

Heterotissotia iteocoratitos PERon

PL XXIII, fig. 7 a-b

1897. Hetti^otissotia neoceratites Peron : Amm. Crét. sup. Algérie, p. 82, PI. XVI, fig. 9-10 ;

Page 1