‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 57 sur 84 · XVIII · texte numérisé non relu

XVIII

1903. Id, Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 109 O.

Diamètre 51 (1)

Hauteur du dernier tour 23 (0,46)

Épaisseur du dernier tour 14 (0,27)

Largeur de rombilic 7 (0,14)

Un demi-tour d*aminonite se rapporte bien à la figure donnée par Peron. La forme est la même, et les flancs, largement bombés, portent six côtes (dont deux bifurquées dès le début), larges et peu saillantes. La région ventrale est complètement plate. Le tour précédent a une section légèrement différente. La région ventrale y est faiblement déprimée et relativement plus étroite ; l'épaisseur s'accroît plus brusquement à faible distance de Tombilic.

Les cloisons sont très peu visibles ; aussi mon rapprochement reste-t-il douteux. On pourrait songer à un jeune Hoplitoides ; cependant, tous les jeunes HoplUoides à méplat ventral que j'ai recueillis sont lisses ou ont des côtes incurvées, et ceux figurés par Solger ont une forme différente. D'ailleurs, le peu qu'on voit des cloisons indique plutôt une Gératite de la Craie.

Plus grande est l'analogie avec Tissotia Tissoti var. Semmamensis et je me suis demandé si on n'avait pas affaire à un jeune de cette espèce. Toutefois, celle-ci a une section différente, des flancs divergeant jusqu'au tiers de la hauteur à partir de l'ombilic, puis se déprimant rapidement; l'ombilic est relativement plus étroit. D'autre part, les cloisons que j'ai données (fig. i4o) nous montrent un plus grand nombre d'éléments que celles reproduites par Peron pour Heterotissotia neoceratites.

Gisement. — Un seul échantillon incomplet du Dyr el Kelb, près de Ksar ïleli. Fin du Turonien.

Genre BARROISIGERAS de Grossouvre em. Solger

Ce genre, établi par de Grossouvre (1894), a été repris et ses limites ont été précisées par Solger dans son étude sur les ammonites du Cameroun, travail très consciencieusement fait. Voici la diagnose que donne cet auteur :

Coquille à section élevée, à enroulement assez serré, généralement un peu plus lâche dans l'adulte. Région ventrale munie d'une carène lisse ou crénelée,

(i) Je dois relever une faille d'impression qui s'est glissée dans ce dernier ouvrage (p. 109, a' colonne, lignes 9 et 10) ; les deux noms Heterotissotia et Hemitissotia ont permuté entre eux.

38o ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

bordée par une double rangée de tubercules ou par deux arêtes lisses. Flancs lisses ou pourvus de larges côtes, portant des tubercules ombilicaux et supportant parfois, au milieu des flancs, des tubercules en moindre nombre que les tubercules marginaux.

Ligne suturale composée de trois selles d'égale hauteur et parfois d'un commencement de quatrième selle. Lobes massifs, dentelés sur tout leur pourtour ou possédant de courtes branches dentelées. Premier lobe latéral plus fortement découpé du côté interne. Selles à forme générale arrondie, plus ou moins nettement bifides. Type : Barroisiceras Haberfellneri v. Hauer.

De Grossouyre a compris de façon très large l'espèce type de son genre et y a admis, à la fois, des formes très plates et lisses et d'autres très renflées, fortement ornées, ayant une carène lisse ou crénelée, qui disparait dans la vieillesse ou même dans l'âge adulte. Solger, qui a pu étudier le développement de deux variétés à partir de la loge initiale, a montré que la forme très renflée, constituant la var. Desmoulinsi, possédait, à tous les âges, une carène lisse, tandis que les autres ont une carène crénelée dès le début. Il a donc élevé celte variété Desmoulinsi au rang d'espèce, ce qui est également l'opinion de Hyatt. D'autre pari. Solder a décrit une nouvelle espèce, près de laquelle j'en place encore une autre.

On doit donc désorhiais ranger dans le genre Barroisiceras les espèces suivantes : Barr. Haberfellneri v. Hauer (avec ses diverses variétés, auxqueUes nous en ajoutons une autre, la var. Byzacenica), Barr. Nicklesi de Gross. (qui pourrait bien n'être encore qu'une variété de la précédente espèce, ayant un ombilic plus large, caractère fréquent dans les individus de grande taille), Barr, Desmoulinsi de Gross., Barr. Tanelanum Peron et Thomas, Barr. sequens de Gross., Barr. Boissellieri de Gross., Barr. Brancoi Solger, Barr. Romieuxi Pervinquière. Je ne saurais dire si Barr. Texanum et Barr. Hyatti Shattux(*) appartiennent bien à ce genre, mais cela me parait douteux. Les Barroisiceras paraissent limités au Coniacien ; l'espèce type appartient au Coniacien inférieur.

J'ai dit incidemment que Barroisiceras (Sénonien) doit dériver de Pseudoiissotia (Turonien). En efl'et, la forme générale est presque la même et Tomementation est du même type ; seulement la carène disparaît généralement plus tôt dans Barroisiceras ; encore ce caractère est-il loin d'être constant. Quant aux cloisons, elles sont très peu difi'érentes. Elles comptent le même nombre d'éléments ; les selles sont simplement festonnées, les lobes peu découpés ; le premier lobe latéral off*re, dans l'un et l'autre cas, une branche supéro-externe bien individualisée.

Barroisiceras Haberfeiineri von Hauer

1866. Àmm. Haberfellneri von Hauer : Neue Ceph. Gosau, p. 301, PI. I, fig. 1-5. 1894. Barroisiceras Haberfellneri de Grossouvre : Amm. Craie sup., p. 51, PI. 1, II. (Synonymie).

1897. Id. Pekon : Amm. Crét. sup. Algérie, p. 48, Pi. VII, fig. 4-5.

(i) SiiATTLn : Tho Molf. of thô Buda-limeslonc, B. U. S. G. S., n' 2o5, igoS, p. 35-36, PI. XXV.

1903. Barroisiceras HaberfeUneri Pehvinquière : El. géol. Tun. cent., p. 118, 120.

1904. Id, SoLGER : Kamerun, p. 169, PI. V, Gg. 6.

1907. Id. Boule, Lemoine et Thévenin : Céph. DiégoSuarez, p. 43, PI. XI, fig. 3-4.

Diamètre

Hauteur du dernier tour.

Épaisseur du dernier tour Largeur de l'ombilic

I, II, IV. Éch. du Semmama. — III. Ëch. de bou Driès. — IV. Var. Byzaeeniea.

Cette espèce est Tune des plus caractéristiques du Coniacien : c'est elle qui nous a permis detablir le parallélisme de certaines couches avec le Coniacien de France. Plusieurs de nos échantillons se rapportent assez bien à la forme typique ; quelques autres sont cependant un peu plus épais, ont une région ventrale moins rétrécie et possèdent une forte ornementation persistant jusqu'à un stade très avancé. Leur taille dépasse celle des échantillons d'Europe (lao mm.), sans que leur ornementation disparaisse. Les tubercules ombilicaux sont au nombre de six à huit seulement. On observe, d'autre part, de légères différences quant à la largeur de l'ombilic. Les cloisons sont de même type que dans les fojmes européennes, sans être toutefois identiques ; le seul échantillon qui les montre bien nettement présente un élément de plus (fig. i45) que n'en offre la figure donnée par de Grossouvbe, mais, à vrai dire, les dessins de Redtenbacher et de Schllter p,o 145 ^g,.,.. Haberfellmri var. montrent un commencement de quatrième selle. Étant (r = 3«).

donnée la variabilité de cette espèce, ces difFérences me paraissent seulement de nature à caractériser une variété.

Dans mon Ëtude géologique (p. 121), j'ai rapproché de Tissotia haplophylla Redt. une ammonite qui peut encore être rangée parmi les Barr. HaberfeUneri ; en effet, la simplification des cloisons était due à l'usure, car, en préparant une autre cloison, j'ai vu que les selles étaient festonnées. Par sa forme générale (n* IV des mesures) et son ornementation très faible, cette ammonite rappelle la var. Harlei de Grossouvre. Comme celle-ci, elle présente de légères crénelures au pourtour, mais pas de côtes ; par contre, elle se distingue par la présence de six tubercules autour de l'ombilic, lesquels sont arrondis et non pas pinces comme dans les variétés ornées de Barr. HaberfeUneri, Il est possible qu'il s'agisse là d'une espèce nouvelle, mais, comme je la connais insuffisamment, je préfère la considérer comme une simple variété de Barr. HaberfeUneri, pour laquelle je propose la désignation de variété Byzaeeniea.

Gisements. — Six échantillons et quelques fragments se rapportent plus ou moins bien à la forme typique : Dj. Semmama (Nord), bou Driès (Oued Cherchara). Un seul exemplaire de la var. Byzaeeniea : Semmama (N). Coniacien.

Celte espèce est assez commune dans le Midi de la France, dans les Alpes

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orientales, en Algérie, à Madagascar. L'association, signalée par Peron, de cette ammonite et de fossiles turoniens est très douteuse et résulte presque certainement d*un mélange.

Barrolsiceras Tunetanum Thomas et Peron

PI. XII. flg. Il a-b

1889. ScMœnbachia Tunetana Pero?! : MoU. foss. Tunisie, p. 21, PL XVII, fig. 6-8. 1903. Barroisiceras indét. Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 118.

Diamètre -. . 62 (1) 94 (1) 135 (1)

Hauteur du dernier tour.... 29 (0,47) 40 (0,42) 50 (0,37)

Épaisseur du dernier tour. . 23 (0,37) 35 (0,37) 40 (0,30)

Urgeur de l'ombilic 20 (0,32) 25 (0.27) 48 (0,35)

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