I. Êch. de la région de Thala. — II. Ëch. PI. XII. fig. la
Coquille discoïdale, à enroulement de plus en plus lâche, de teMe sorte qu'à la fin du dernier tour, les 2/3 du tour précédent sont visibles dans l'ombilic. Paroi de l'ombilic verticale, se raccordant assez rapidement avec les flancs. Section rectangulaire, bien plus haute que large. Région ventrale en forme de toit dans la jeunesse, presque plate plus tard, ornée d'une carène fortement crénelée, persistant sans modification jusqu'à la fin du plus grand exemplaire (cloisonné jusqu'au bout). Flancs presque plats ou à peine bombés, dépourvus de tubercules ombilicaux, mais portant de forts tubercules marginaux arrondis, auxquels se terminent des côtes un peu flexueuses, de longueur irrégulière, mais n'atteignant pas l'ombilic ; ces côtes, d'abord grêles, s'élargissent plus tard, en restant peu saillantes. Les tubercules marginaux sont en regard des intervalles des tubercules de la carène. Les deux exemplaires que je possède, dont l'un est deux fois plus grand que
l'autre, ne diffèrent que par une moindre largeur de l'om-
,.,. . . , . , 1, . , , Fia. MS.^ Barr. Romieuxi.
Dilic et une momdre accentuation de 1 ornementation dans le (ii manque le lobe sipbonai
1 , ... et une parlie de la selle ex-
cas du plus petit. lerne;éc!i.PI.XII, flg.l2;
Les cloisons sont quelque peu usées; aussi est-il dilïî- '' = 26).
cile d'en donner un dessin rigoureux et complet (fig. 146). Il est cependant facile de constater qu'elles s'accordent bien avec les cloisons de Bar rois iceras. Le lobe
(i) De Grossouvre : Amm. Craie sup., p. 63, PI. III, fig. 3 a-b. Lv rapprochement est particulièrement frappant pour les spécimens tunisiens à forts tubercules ombilicaux.
siphonal est assez large, mais plus court que le premier latéral, lequel se termine par plusieurs pointes courtes ; le deuxième lobe est beaucoup plus petit que le précédent, les deux suivants extrêmement petits. La première selle est large, divisée en deux parties par un lobule assez profond et muni, en outre, de festons un peu variables. La deuxième selle est plus étroite que la première, mais aussi haute qu'elle. A sa suite se voient une troisième selle bifide, un peu moins haute que la précédente, et deux autres très petites.
Rapports et difTérences. [ — 11 ne me paraît point douteux que [cette ammonite doive être rangée dans le genre Barroisiceras, bien qu'elle ait une carène persistante et un ombilic notablement plus large que les autres. L'hésitation ne peut exister que par rapport à Gauthiericeras ; toutefois, dans ce dernier genre ou sous-genre, Tombilic est encore notablement plus large, les flancs portent de fortes cotes, tuberculées à leurs deux extrémités, et la carène est lisse à letat adulte, plus saillante et accompagnée de deux carènes latérales faibles ; enfin, la cloison comprend des éléments moins nombreux, décroissant brusquement après la deuxième selle. Ces caractères suffisent à éloigner notre ammonite des Gauthiericeras et, en même temps, à la distinguer de G. Bajuvaricum, qui présente avec elle quelque ressemblance.
VAmm. Propoetidum Redt. ('), qui conserve sa carène crénelée, a la même section et le même ombilic que notre espèce, mais alors l'ombilic est entouré de nombreux tubercules donnant naissance à deux côtes ; d'autre part, la cloison est bien plus réduite, et possède un premier lobe en trident : c'est une cloison de Schlœnhachia,
Parmi les Barroisiceras, l'absence de tubercules ombilicaux et la persistance des tubercules ventraux permettront de séparer immédiatement Barr, Romieuxi de Barr. Haberfellneri (même de la var. Harlei, qui a un ombilic beaucoup plus fermé et pas de cotes). Barr. sequens de Gross. (') paraît avoir un ombilic assez large et des cotes flexueuses, mais celles-ci sont renflées à l'ombilic ; les tubercules marginaux sont plus nombreux, plus serrés et allongés suivant la spirale; la région ventrale est lisse.
Plus proche de Barr, Romieuxi me parait être Barr. Brancoi Solger (*), du Sénonien du Cameroun, tout au moins la var. mitiSy car la var. armaia possède d'énormes tubercules que ne présente point notre espèce. Toutefois, cette var. mitis montre un ombilic plus petit, une costulation quelque peu différente, très marquée dans le jeune âge, s'atténuant ensuite, tandis que c'est l'inverse pour notre espèce (*); en outre, les côtes se prolongent sur la région ventrale et s'unissent aux tubercules lîiédians en formant des chevrons, ce qui n'a pas lieu dans Barr. Romieuxi. Quant aux cloisons, les différences qu'elles présentent sont d'ordre secondaire. Au total, j'estime que les deux espèces doivent être séparées, tout en reconnaissant leurs réelles affinités ; ce sont, sans doute, des espèces représentatives.
(i) Redtenbacher : Ceph. Gosau, p. ii6, PI. XXVI, fig. 6 a-c.
(a) De Grossouvre : Amm. Craie supérieure, p. 6^, PI. III, fig. i.
(3) Solger: Kamenin, p. 176, PI. W fîg. i, a, ^, 5.
[!\) Ce caractère n'est peut ôtre pas très évident sur notre figure, dont Tonginal est quelque peu usé, mais il est bien net sur le petit exemplaire, qui n*a pas encore de côtes au rayon de ao-aS mm., tandis que celles-ci se développent plus tard.
Gisements. — Deux exemplaires (coll. du Service Géographique et coll. Fuck) provenant Fun et l'autre de la région de Thala et très probablement du Dj, Bireno.
Ils ont été recueillis dans le Sénonien, on peut même dire dans le Sénonien inférieur, d'après la gangue, mais je ne puis préciser leur niveau. En Europe, les Barroisiceras appartiennent au Coniacien et il est bien vraisemblable qu'il en est de même ici.
Je suis heureux de dédier cette intéressante ammonite au Colonel Romieux, Chef de la Section de. topographie et des levés de précision au Service Géographique de l'Armée, en reconnaissance des nombreux services qu'il m'a rendus.
Genre SPHENODISGUS Meek
Le genre Sphenodiscus est généralement considéré comme très voisin de Placenticeras, à tel point que certains auteurs confondent les deux genres. Ceux-ci sont, en réalité, très éloignés l'un de l'autre ; l'analogie qui peut exister dans leurs cloisons est due à un phénomène de convergence adaptative. En effet, Solger {^) a montré (et les recherches de Hyatt (») amènent aux mêmes conclusions) que, dans Sphenodiscus, les tout premiers tours sont arrondis, mais que la coquille acquiert très vite une forme lancéolée, qui est conservée toute la vie ; à aucun moment, on ne voit de méplat ventral, tandis que celui-ci apparaît de bonne heure chez Placenticeras, Ces genres sont donc complètement séparés par leur évolution individuelle. Ils ne le sont pas moins par le développement de leurs cloisons ; en effet, les deux lobes adventifs, qui, dans l'adulte de Sphenodiscus et de Placenticeras, divisent la selle externe en trois parties presque égales, sont d'origine bien différente. Dans Placenticeras, ces deux lobes adventifs proviennent de la subdivision en trois parties du premier lobe latéral primitif, la première selle (ventrale) restant entière (*). Dans Sphenodiscus, au contraire, ces deux lobes adventifs sont deux indentations entamant la selle ventrale primitive, le lobe latéral restant d'abord entier. Or, ce même mode de division se retrouve identiquement dans un sous-genre de Pseudotissotia (Choffaticeras), dans lequel le développement de la coquille se fait de la même façon que dans Sphenodiscus, On ne peut donc échapper à la conclusion que l'un et l'autre ont une commune origine, mais on ne saurait dire que Sphenodiscus descende de Pseudotissotia, car il semble, au contraire, l'avoir précédé {*). Sphenodiscus a évolué de son côté et sa cloison a acquis, dans l'âge
( I ) Solger : Ueber Jugendentwickclung von Sphen. lenticulariSf p. 70.
(2) Htatt : Pseudoceratites, p. 58 et suivantes.
(3) Cette remarque est basée sur l'étude do PL Pacîftcum cl de PI. Californicum, faite par Perrir Suith; elle ne semble pas exacte pour les formes voisines de PI. placenta étudiées par Htatt, où la première selle parait se diviser comme dans Sphenodiscus (Cf. p. 197).
(4) Il parait exister, en effet, à Aumale, dans le Cénomanien, un Sphenodiscus dont je dois la connaissance aux obligeantes communications de MM. Peron et Thomas ; je le décrirai ultérieurement.
386 ixUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE
adulte, des caractères (aspect réniforme des selles) qui permettent aisément de reconnaître ce genre et le séparent de Pseudotissoiia.
Reste à savoir si le genre Sphenodiscus est homogène et rien n'est moins prouvé. 11 semble bien que la plupart des espèces européennes, que nous avons l'habitude de classer parmi les Sphenodiscus, n'appartiennent pas à ce genre. Tel est le cas pour VAmm. Bequienianus d'Orb. que Hyatt a rangé dans son nouveau genre Coilopoceras (ou mieux Cœlopoceras). Les selles n'ont pas ce contour réniforme caractéristique qu'on observe dans les espèces américaines ou même dans Sphen, Cossoni Th. et P. (Comparez les fig. 147 et i48). Au surplus, les dessins
qu'on en a donnés jusqu'ici sont des plus médiocres, car les échantillons d'Uchaux sont généralement en mauvais état. Comme je possède un exemplaire d*Amm. Requienianus admirablement conservé, je crois utile de donner la reproduction de sa cloison (fig. 147). Il n'est pas possible de voir la cloison sur de très jeunes échan- '^^^'«Xrîn^^f'tMot^î tillons et de préciser comment se fait le «iode gon ; d — 95, r — 50). j^ division de la première selle ; en effet, dans
Cœlopoceras, la division parait se faire comme dans Placenticeras: Je ne sais s'il en est de même dans A mm, Requienianus et, par suite, si cette ammonite est bien un Cœlopoceras ou un Sphenodiscus. Dans le doute, je conserve l'ancienne dénomination.
Sphenodiscus Cossoni Thomas et Peron
1889. Buchi4ieras Cossoni Peron : Moll. Foss. Tunisie, p. 14, PI. XVI, fig. 1-2. 1897. Tissotia Cossoni Peron: Amm. Crél. sup. Algérie, p. 73.
Diamètre 255 (1)
Hauteur du dernier tour 150 (0,59)
Épaisseur du dernier tour 120 (0,47)
Largeur de l'ombilic 10 (0,04)
Je n'ai pas rencontré cette intéressante espèce, mais j'ai pu en examiner le type, grâce à l'obligeance de M. Ph. Thomas. J'ai pu ainsi me convaincre qu'elle appar-* tient, en réalité, au genre Sphenodiscus, comme l'avait présumé Peron, qui Ta néanmoins maintenue dans le genre Tissotia, C'eût été le seul représentant campanien de ce dernier genre ; cette espèce devant en être exclue, tous les Tissotia connus sont cantonnés dans le Sénonien inférieur et même probablement dans le Coniacien.
La figure donnée par Peron représente assez bien l'échantillon, quoiqu'elle soit un peu trop étroite. En outre, celui-ci est assez usé et ne montre pas un bord aussi tranchant que le dessin le fait supposer. D'autre part, les cloisons ont été assez mal rendues par le dessinateur ; aussi m'a-t-il paru indispensable d'en
donner une nouvelle figure (fig. i48). Cette selle initiale primitive, divisée en trois parties réntformes, étranglées à leur base, est bien celle des Sphenodiscns, Le lobe externe ne semble pas posséder de sellette siphonale, particularité que présentent
Fio. 148. — Sphen. Cossoni X 9/10 (d'après l'éch. lype ; r = 105).
efîectivement les Sphenodiscus, mais il est boa de rappeler que Téchantillon unique est assez usé sur la région ventrale. La forme des lobes rappelle également celle de divers Sphenodiscus,
Rapports et différences. — La confusion n'est pas à craindre avec les espèces américaines (Sph, lobatus Tlomet, Sph. pleurisepta Conrad), avec lesquelles l'ammonite tunisienne a cependant quelque ressemblance. Plus étroits sont les rapports avec Sph. acatodorsatas Ncetling, du Béloutchistan (*), mais ce dernier, plus plat au début du dernier tour, croît rapidement en épaisseur sur la loge ; il est complètement lisse, tandis que l'espèce tunisienne paraît avoir possédé de vagues côtes. Ses cloisons sont presque les mêmes. Au total, ces deux espèces me paraissent étroitement alliées.
Peron a déjà mentionné la ressemblance de son ammonite tunisienne avec Lihycoceras Ismaëlis Zittel (*). La forme générale est la môme, et la cloison n'est pas sans analogie dans les deux cas, mais, dans cette dernière espèce, les éléments sont plus nombreux, à taille égale, et la selle externe primitive est divisée en deux parties seulement (au lieu de trois). En outre, l'espèce du désert libyque présente toujours, même à la taille de notre exemplaire, des côtes et une double rangée de tubercules, dont l'absence ne saurait être attribuée ici à l'usure.
A ce point de vue, l'espèce tunisienne ressemblerait plutôt à Lihycoceras Chargense Blanckenhorn ('), qui se distingue précisément de Lihycoceras Ismaëlis par l'absence de tubercules. Malheureusement, cetle espèce égyptienne n'a pas été figurée
(i) Ncetliwg: Faiina of thc Upper Cret. of the Mari Hills, p. 76, PI. XXI, fig. 3.
(a) QUA.AS : Bcit. z. Kcnntniss der Fauna d. ob. Kreide d, libyschen Wnsle, p. 3oa, PI. XXIX, fig. 3-7; XXX. I a-b.
(3) Blaxckeuhorn : Ncucs z. Geol. Pal, -^gyplcns, Zeitsch, d. geol. Ges., vol. LU, 1900, p. ^5.
et est trop insuffisamment connue pour que la comparaison puisse être poussée plus loin.
Gisements. — Bir oum el Djof. Campanien (coll. Thomas). La collection Aubert renferme également un spécimen quelque peu plus petit que le type et encore plus usé que lui, mais montrant des traces de larges côtes radiales sur la première moitié du dernier tour. Dj. oum el Asker.
Genre STOLIGZKAIA Neumayr
Ce genre, tel qu'il fut créé, en 1875, par Neumayr (*) était assurément hétérogène ; aussi Kossmat a-t-il déjà proposé le genre Neoptychiies pour deux espèces (Amm, Telinga el Amm. Xetra Stol.) que Neumayr avait placées dans Stoliczkaia, D'autre part, VAmm. Rudra Stol. rentre dans notre genre Fagesia.
Ainsi limité, le genre Sloliczkaia ne comprend que des formes discoïdales, à enroulement plus ou moins serré, dont l'ornementation consiste en côtes inégales, plus, marquées au pourtour qu'à l'ombilic; il n'est pas rare de constater que les côtes intercalaires ne sont pas parallèles aux côtes principales, bien qu'elles ne proviennent pas d'une bifurcation à proprement parler. Dans l'âge moyen, les unes et les autres traversent sans interruption la région ventrale, laquelle est limitée, dans le jeune âge, par deux petits tubercules, tandis qu'elle est arrondie dans l'adulte. 11 peut exister un tubercule médian. Dans l'adulte, les tubercules disparaissent et les côtes s'atténuent. L'une des espèces (Amm, dispar) a le bord assez mince, mais la coquille se renfle ensuite rapidement, de telle sorte qu'il existe une espèce de sillon spiral, situé au 1/4 de la hauteur à partir du bord et parallèle à celui-ci.
Les cloisons diffèrent peu de celles des Acanthoceras, Elles sont caractérisées par la longueur et l'étroitesse du premier lobe, lequel dépasse le lobe -externe et se termine par deux pointes plus ou moins allongées, constituant ce qu'on a appelé la w fourche des Sloliczkaia ». La deuxième selle est fréquemment plus haute et toujours beaucoup plus étroite que la première. Les autres selles sont immédiatement beaucoup plus basses.
Stollcaekala dispar d'Orbig:ny
PI. XII, fîg. 9 a-b (?), 10 a-b ; XVI, 19 a-6, ao a-6, 21 a-6, aa a-6, a3 ab
1840. Amm, dispar d'Orbigny : Pal. fr., p. 142, PI. XLV, fig. 1-2.
1860. M. Pictet et Campiche : Sainte Croix, p. 264, PI. XXXVlll.
1861. Id. SroLiczKA-: Cret. S. India, p. 85, PI. XLV, fig. 1 et 3 (non 2).
(1) Neumayr: Amm. Kreide und Syçteçi. Aram^, p. 981.
1861. .4mm. dispar von Hauer : Kreidef. d. Bakonyer WaMes, p. 652, PI. III, r\g. 4 6.
1888. Hoplites dispar Choffat : Prov. d'Angola, p* 69, PI. Il, fig. 5-9.
1889. Slolicxkaiu dispar Peron : Moll. foss. Tun., p. 32 (partim). 1898. /d. Kossmat: Sùdind. Kreidef., p. 98, PI. X, fig. 2-3. 1903. /d. Pervinquière : Et géol. Tun. cent., p. 66, 67, 75.
Diamètre
Hauteur du dernier tour.
Épaisseur du dernier tour Largeur de l'ombilic
I-III. Éch. PI. XVI, fig. 22, 19, 20. -JV-V. Êch. PI. XII. ûg. 10 et 9.
Je ne referai pas l'historique de cette espèce que le lecteur trouvera dans les ouvrages de Pictet et de Peros. Je me bornerai seulement à rappeler que je considère Amm. Martimpreyi Coq. comme distinct d'Amm. dispar d'Orb. (Cf. p. 290).
Quelques fragments de taille moyenne, mais assez frustes, provenant du Mrhila, répondent biçn aux figures de Pictet. La région ventrale arrondie est traversée par des côtes fortement épaissies, tandis qu'elles sont très atténuées vers l'ombilic. Par contre, les exemplaires pyrileux du Zrissa offrent de notables différences, qui justifieraient peut-être une distinction spécifique. Toutefois, étant données, d'une part, l'extrême variabilité de Siol. dispar (') et, d'autre part, la faible dimension de mes échantillons, je préfère les considérer comme une simple variété que je qualifierai & A/ricana et dont l'un des caractères les plus nets est d'acquérir très tôt l'ornementation de l'adulte.
Les deux échantillons (PI. XVI, fig. 19 et 20) montrent que, sur la première moitié du dernier tour, la région ventrale est arrondie et les flancs presque lisses ; à peine y soupçon ne- t-on des traces de côtes. Celles-ci ne sont bien visibles que sur le dernier tiers ou la dernière moitié de Téchantilion. Elles sont plus larges et plus saillantes au pourtour, tandis que les dernières seules atteignent l'ombilic. Ces côtes traversent la région ventrale, qui est alors tronquée et comprise entre deux légers tubercules. Il n'y a pas de tubercule médian. La même disposition se retrouve sur l'original de la fig. 21 de la PI. XVl, lequel possède de fortes côtes dont plusieurs atteignent l'ombilic ; la région ventrale est encore tronquée et sans tubercule médian (•). Ces échantillons rappellent beaucoup le jeune Stol. dispar d'Angola, qui a été figuré par Choffat.
L'échantillon de* la PI. XII, fig. 10 se relie évidemment au précédent ; d'autre part, il présente la même ornementation que Tammonile de Sainte Croix figurée par Pictet sous le n* 4 de sa PL XXXVIII et qui est deux fois plus grande que la nôtre. Or, Pictet fait observer que son ammonite a atteint la forme adulte bien plus tôt que les autres échantillons de la même espèce. Cette remarque
(i) On observe de notables divergences entre mes individus qui ont été ramassés tous ensemble.
(2) On remarquera la ressemblance de cette ammonite avec une autre du même gisement que j'ai rapportée, avec doute, à VAmm. Martimpreyi (PI. XVI, fig. 5). On reconnaîtra toutefois que les côtes de cette dernière sont plus fines», plus nombreuses et plus flexueuses.
Fiu. 149. — S toi. dispar var. Afirieana X 4 (éch. PI. XVI, flg. 19 ; r = 10).
s'applique a fortiori à notre exemplaire, qui montre de grosses côtes, particulièrement épaisses sur la région ventrale, laquelle est arrondie, tandis qu'à cette taille de 3o mm., les Amm. dispar ont généralement des cotes fines et serrées
avec un léger tubercule de chaque côté de la région ventrale, laquelle est légèrement tronquée.
La fig. 1/49 représente une cloison prise à l'extrémité de l'échantillon de i8 mm. {PI. XVI, fig. 19). On y constate la naissance des deux pointes du premier lobe, autrement dit de la fourche des Stoliczkaia. L'original de la PI. XVI, fig. ai possède la même cloison, mais ses deux pointes sont déjà bien plus allongées. La deuxième selle est un peu plus haute que la première, quoique moitié moins large, caractère que montrent également les figures de Pictet ; les selles suivantes sont notablement plus basses.
En compagnie de ces ammonites, s'en trouvait une autre (PL XVI, fig. 22, aS) qui montre, bien accusée, l'ornementation visible au début du dernier tour sur les spécimens de la Pi. XVI, fig. 19 et 20 (côtes falciformes d'inégale longueur). La région ventrale est encore arrondie. On est donc autorisé à la rapporter à la même espèce. A vrai dire, la cloison (fig. i5o) paraît un peu différente de celle des autres exemplaires, bien que les caractères généraux soient les mêmes ; cette cloison est relativement plus compliquée, bien qu'appartenant à un échantillon plus petit. Cela pourrait faire hésiter à réunir cet échantillon aux autres, si le plus grand de mes exemplaires (PI. \I1, fig. 10) ne possédait très sensiblement la même cloison, légèrement plus déconpc'c toutefois. Or, Pictet a déjà fait observer que les individus prenant de bonne heure l'ornementation de l'adulte ont des cloisons plus simples que les autres. Inversement, on peut être fondé à croire que les spécimens conservant plus longtemps les
caractères infantiles doivent avoir des cloisons relativement plus découpées. C'est bien le pour mon exemplaire.
Enfin, le Vraconnien du Guern cr m'a fourni une ammonite (PI. \1I, \]{x. rappelle beaucoup la précédente, mais où l'extrémité des côtes est marquée par un \ry:or tu hercule allongé dans le sens spiral. La cloison (11^'. if)!) est tout à fait celles des Stolic:liai(i ; aus^i me paraît-il opportun de rattacher encore à ce genre ce dernier spécinun. H e>l fort possible cependant que cet exemplaire et le précédent soient les jeunes d'une e>[)èt <> nouvelle.
Fio. 150. — Stol. dispar var. X •> (»*i^l». l'I. XVI, fljç. 22; r = 8. Le qualiiome lobo est au bord de roinbilic).
cas Hhe/al
Fio. 151.— Stol. cf. dispar X 5 (éch. PI. XU fig. 9; r = 7).
CÉPHALOPODES D£S TERRAINS SECONDAIRES 3g 1
Rapports et différences. — Les dififérences entre nos échantillons et les Stol. dispar typiques me paraissent d'assez faible iniportance. La variété A/ricana sera caractérisée par ce fait que rornementation de l'adulte apparaît bien plus tôt que dans le type ; d'autre part, les cotes sont plus raides et relativement plus saillantes au pourtour.
Si je compare ces échantillons à des spécimens d'Amm. Gardonicus Hébert et Munier-Chalmas, presque de même taille, je trouve des difTérences très constantes, qui me paraissent justifier le maintien de cette dernière espèce. Dans tous les échantillons (dont le type), l'ombilic est toujours beaucoup plus petit, d'ailleurs très peu variable ; les côtes sont plus serrées ; enfin, on constate, à tous les stades, un tubercule médian qui manque sur tous mes échantillons et sur tous les vrais SioL dispar (').
Pour ce qui est des relations de SloL dispar et d'Ac. Martimpreyi, je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit d'autre part (p. 290).
Gisements. — Forme normale : trois fragments du Mrhila.
Var. Africana : 4-5 petits échantillons pyriteux du Zrissa et un autre du Guern er Rhezal. Vraconnien.
Cette espèce est connue en France, en Suisse, dans l'Est de l'Afrique occidentale (Angola), dans l'Inde, dans l'Amérique du Nord (Californie), toujours à la limite de l'Albien et du Cénomanien.
Genre NEOPTYGHITES Kossmat
Le genre Neoptychites a été créé par Kossmat (*) pour Amm. Telinga Stol. (z= cephalotus Court.) et Amm. Xelra Stol. Sa diagnose a été légèrement modifiée et complétée par Solger {») ; enfin, je suis en mesure d'indiquer quelques nouveaux caractères qui paraissent constants. Dès lors, ce genre peut être caractérisé de la façon suivante :
Coquille discoïde ou médiocrement renflée, très involute. Bord externe arrondi et dépourvu de carène. Flancs d'abord lisses, munis ensuite de sillons et de bourrelets, puis de côtes, et redevenant finalement lisses dans beaucoup de cas. Loge d'habitation dépassant quelque peu un demi-tour, plus ou moins renflée au voisinage de l'ouverture. Péristome contracté, se prolongeant vers l'ombilic par une lèvre non surbaissée ; par suite de cette disposition, l'ombilic acquiert une forme
(i) Amm. Gardonicus diffère bien plus (ï Amm. dispar que VAmm. argonautiformis Stol. (Cret. S. India, p. 87, PI. XLVI, fig. i-a) que les auteurs considèrent cependant comme une espèce distincte. (a) Kossmat: Sudind. Kreidef., p. 69.
(3) SoLGER : Amm. Kamerun, p. io5.
'6iJ2 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE
auriculaire, très spéciale ; l'enroulement devient, en quelque sorte, scaphitoïde, ce qui est un caractère de dégénérescence.
Ligne suturale comprenant trois selles sur les flancs, la quatrième au bord de Tombilic. Lobe externe plus court que le premier lobe latéral, entamé par une selle siphonale assez large. Lobes bifides et asymétriques. Premier lobe latéral notablement plus long que le deuxième ; troisième lobe souvent très oblique, profondément découpé en deux ou trois branches par de petites sellettes phylliformes. Selles généralement plus larges que les lobes ; les deux premières presque égales, la troisième souvent plus large que les précédentes. Ces trois selles atteignent presque la même hauteur. La quatrième selle, située au bord de lombilic, est en retrait, .comme en retard, par suite de l'obliquité du troisième lobe.
Gomme l'indique le nom du genre, Kossmat rapprochait ce dernier des Ptychiies du Trias. La forme est à peu près la même, mais l'analogie s'arrête là, et je ne vois entre les cloisons de Plychites et de Neoptychites, figurées côte à côte par Kossmat (PI. Ml, fig. 4 et i c), qu'une ressemblance très superficielle. Il y a, au contraire, des difi*érences importantes dans l'allure générale et dans le détail des cloisons. Les selles de Plychites ont une forme générale triangulaire, qui ne se retrouve pas dans les Neoptychltes . En outre, les lobes de Plychites sont trifides ; ceux de NeoptychiteSf fondamentalement bifides et, en général, asymétriques. A mm, clypeiformis d'Oub., dont la ligne suturale est donnée par Kossmat à titre de comparaison, ne me semble également présenter que de lointaines analogies. Je ne pense pas non plus que Neoptychites soit un Desmoceratidé, comme le dit Solger (^); la ligne suturale s'y oppose.
Je ne puis non plus souscrire à l'opinion de Kossmat, lorsqu'il dit que son genre n'a rien de commun avec Stoliczkaia. Je crois, tout au contraire, que Neumayr avait vu très juste, quand il plaçait Amm, Telinga dans son genre Stoliczkaia. La description des espèces montrera que certains Neoptychites rappellent ce dernier genre. Ainsi, le stade costulé de Neoptychites n'est pas sans analogie avec Stoliczkaia dispar, .la différence étant surtout dans la moindre largeur de l'ombilic. Dans l'un et l'autre genre, on observe un deuxième lobe bifide, ce qu'on a appelé la fourche des Stoliczkaia. Enfin, les figures de Pictet («) montrent, dans Stol. dispar, une troisième selle qui a une forte tendance à s*élargir et à se subdiviser.
Au surplus, certains exemplaires de Stol. dispar ont un enroulement un peu irrégulier à la fin, tendant vers une forme scaphitoïde. Tous les grands spécimens montrent, au voisinage de l'ombilic, un renflement (limité par une dépression spirale) qui n'est pas sans rapport avec ce qu'on constate dans Neoptychites.
Étant donnée la délimitation de plus en plus étroite des genres, j'estime que Kossmat a eu raison de proposer une nouvelle coupure générique, mais je pense que le nouveau genre doit être placé à côté des Stoliczkaiay malgré la difTérence de forme que présentent les adultes.
(i) Solder: Ainm. Kanionin, p. aaa.
(a) Pictet: Sainte Croix, PI. XXXVIll.
CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES SqS
Neoptychltes cephalotus Courtiller
PI. XXVII, ûg. 1 0-6. a a-6, 3 a-6, 4 a-b
1860. Àmm. cephalotus Courtiller: Description de trois nouv. espèces d'amm. du l. crétacé,
p. 248, PI. II, fîg. 1-4.
1865. Àmm. Telinga Stoliczka : Cret. S. India, p. 125, PI. LXII. 1867. Àmm. cephalotus Courtiller : Les Amm. du Tuffeau, p. 3, PI. I, fig. 1-3 ; 11, 1-2. 1889. Pachydiscus ÀfHcanus Peron : MoU. foss. Tunisie, p. 28, PI. XVII, (ig. 9 10. 1895. Neoptychltes Telinga Kossmat : Sùdind. Kreidef., p. 71, PI. VU, fig. 1 a-c, 18%. /d. "Peron : Amm. Crét. sup. Algérie, p. 38, PI. VI, fig. 1 ; VII, 1 ; XVII, 13. 1903. Neoptychltes cephalotus Pervinquiâre : Et. géol. Tun. cent., p. 99, lOi, 102.
1903. Àmm, cephalotus: Palaeontolôgia Universalis, fiche 5.
1904. {l)Neopt, Telingœformls Solger: Amm. Kamerun, p. 108, PI. III, fig. 2-4.
I II III IV
Diamètre
Hauteur du dernier tour
Épaisseur sur la callosité
Épaisseur au péristome.
Diamètre de l'ombilic. . .
Diamètre
Hauteur du dernier tour
Épaisseur sur la callosité
Épaisseur au péristome.
Diamètre de l'ombilic. . .
I. Éch. PI. XXVII, ûg. 3. — II. Éch. du Sif et Telia. — 111. Éch. du Miaad. — IV. Éch. PI. XXVII, fig. a. — V. Éch. d'A. es Seltara. - VI. Éch. du Kef Gouraï. — VII. Éch. PI. XXVII. Vig, i. — VIII. Éch. du bou el Hanèche. — V. Var. plate. — III, VI, VIII. Var. à fçrosse callosité et fort rétrécissement.
En 1896, DE Grossouvre a indiqué Tidentité d'Amm. Telinga Stol. et d'Amm. cephalotus Court. Depuis lors, j*ai eu en mains le type de Courtiller (que j'ai reproduit dans la Palaeontolôgia Universalis), ce qui m'a permis de confirmer, dans mon Étude géologique, l'assimilation proposée ; j'ai fait alors observer que le nom de cephalotus a la priorité, car il date de 1860; malheureusement, la description et la figure de cette espèce ont paru dans un périodique régional très rare, resté ignoré de beaucoup d'auteurs, qui ne connaissaient que la deuxième note de* Courtiller, parue en 1867, c'est-à-dire deux ans après le grand ouvrage de Stoliczka. D'autre part, Neopt. Telingœformls Solger ne semble guère différer de Neopt, Telinga, comme son auteur l'avait pressenti; seulement ce dernier n'a eu que des échantillons de taille moyenne, s*écartant quelque peu de ceux qui ont été figurés par Stoliczka, Kossmat et Peron. En réalité, cette espèce est extrêmement variable; c'est pourquoi j'estime que la forme du Cameroun peut lui être réunie. Quant aux nombreuses variétés distinguées par Solger et basées, le plus souvent, sur un exemplaire unique, ce ne sont que des variations individuelles. Si on voulait marquer par un nom toutes les modifications de la
forme ou de la cloison, il faudrait distinguer une quinzaine de variétés dans mes échantillons, car il serait difficile d*en trouver deux identiques.
Le type de Courtiller est médiocrement renflé, beaucoup moins que ne le ferait supposer sa figure, faite sans doute à Taide de plusieurs échantillons. J'ai recueilli, à Taillebourg, des exemplaires d'une ammonite à forte callosité suivie d'un rétrécissement très accentué du péris tome, qui se rattachent certainement à l'espèce de Courtiller et qui reproduisent exactement les caractères de VAmm. Telinga, tel que l'ont figuré Stoliczka, Kossmat, Peron. En Tunisie, j'ai recueilli aussi bien des formes épaisses à forte callosité périslomale que des formes plus aplaties ; je ne doute pas qu'il ne s'agisse d'une seule et même espèce.
Neopiychites cephalotus est une espèce très variable à tous les points de vue, car les stades successifs du développement ne se ressemblent guère. C'est le principal mérite du travail de Solger de nous avoir fait connaître le développement ontogénique de la plupart des espèces étudiées par lui. Cet auteur a pu quelquefois dérouler des ammonites jusqu'à la loge initiale, ce que mes matériaux ne m'ont pas permis de faire : enlever un tour ou un tour et demi est tout ce qui m'a été possible, car la plupart de mes ammonites sont creuses ou remplies de calcite; pour le reste, j'ai dû me borner à rapprocher des exemplaires de taille croissante.
Dans le jeune âge, la coquille est globulaire et complètement lisse. Bientôt la section s'élève légèrement, puis, quand le rayon atteint 5 mm. environ, apparaissent des étranglements et des bourrelets. Il y a d'abord, sur chaque tour, deux ou trois bourrelets encadrés par deux sillons ; bourrelets et sillons sont particulièrement accentués sur la région ventrale, qu'ils traversent en s'infléchissant plus ou moins en avant, mais ils n'atteignent pas l'ombilic. La fig. 4 de la PI. XXVII représente ce stade. A ce moment s'accentue le sillon postérieur, lequel était primitivement moins marqué que l'antérieur; un bourrelet apparaît en arrière de lui (*); puis ce deuxième bourrelet est lui-même suivi d'un petit sillon, tandis que le bord antérieur du sillon antérieur se relève légèrement. Cette disposition est visible, au rayon de 20 mm., sur la fig. 3 de la même planche. A partir de ce moment, l'ornementation change : aux sillons et bourrelets se substituent des côtes arrondies, peu saillantes, surtout marquées dans la région ventrale qu'elles traversent sans inflexion sensible, tandis qu'elles s'atténuent progressivement vers l'ombilic. En somme, c'est une ornementation de Sioliczkaia et c'est là une des raisons pour lesquelles je me refuse à éloigner Neopiychites de ce dernier genre. En même temps que l'ornementation, la section s'est modifiée ; elle est maintenant plus haute que large. La fig. 3, PI. XXVII représente ce passage du stade à bourrelets et étranglements au stade à côtes. Ce stade costulé a été figuré par Courtiller en i86o et en 1867 (*). L'ammonite du Mrhila, décrite et figurée par Peron sous le nom de Pachydiscus Africanus, n'est qu'un Neopl. cephalotus à ce stade du développement (^). Un des échantillons conservés au
(i) La fig. 7, PI. XXVU montre précisément ce stade dans une espèce voisine.
(a) Courtiller: Descr. 3 nouv. espèces, PL II, fig. 3, et Amm. TiilTcau, PI. I, fig. 3. Voir aussi Palaeon tologia Universalis, fiche 5 6, fig. T ti.
(3) Peroîi : Moll. foss. Tunisie, p. 28, PI. XVII, fig. 9-10.
CÉPHALOPODES DES TERRAlDiS SEGO?(DAlRES 896
Muséum montre encore un sillon à l'origine du dernier tour. Enfîn, Stoliczia a représenté une jeune ammonite qu'il attribue à Amm, Xeira (*) et qui ne diffère pas sensiblement du jeune Amm. cephalotus. D'ailleurs, cet échantillon a été trouvé isolément et il est fort difficile de dire s'il appartient à Amm. Xeira ou à Amm, cephalotus (Telinga), L'original de notre fîg. 3, PI. XXVII diffère seulement des précédents par le fait d'avoir conservé ses sillons et acquis des côtes un peu plus tard que les autres ; on sait que le développement ne se fait pas toujours avec la même rapidité.
Peu à peu, les côtes disparaissent et la coquille devient lisse. Cette disparition n'a pas toujours lieu à la même taille (*). Un de mes échantillons est déjà lisse à un rayon de 3o mm., tandis qu'un autre a encore des côtes distinctes à un rayon de 45 mm. En tout cas, les côtes ont toujours disparu dans l'adulte, lequel est complètement lisse. La forme est alors discoïdale ou lenticulaire, médiocrement renflée ; la plus grande épaisseur se trouve au voisinage de l'ombilic, qui demeure toujours très petit, le dernier tour cachant entièrement les précédents. La section est assez élevée (voir mesures), arrondie sur le côté ventral. Cette disposition est conservée dans toute la partie cloisonnée. Par contre, la loge d'habitation présente un renflement simulant une tête, ce qui a valu à l'ammonite le nom de cephalotus, tandis que le péristome est fortement rétréci. J'ai pu préparer complètement celui-ci sur l'échantillon de la fig. a, PI. XXVll; on voit que le bord du péristome est légèrement onduleux et infléchi en avant. En outre, le rayon de la loge est un peu moindre au péristome qu'au niveau de la callosité < il y a donc aussi un léger rétrécissement dans le sens de la hauteur. Ce qu'il y a de plus particulier, c'est la forme de l'ombilic, qui devient auriculaire, presque deux fois plus grand suivant le rayon passant par le bord antérieur de la callosité que suivant une direction normale à ce rayon (voir mesures, n*' IV et VII). Cet ombilic est limité en avant par une forte lèvre surélevée ou, du moins, par une bande qui n'est ni surbaissée, ni contractée, contrairement au reste du péristome. Ce dernier se resserre considérablement, en effet, contre le tour précédent, surtout vers le milieu des flancs, où il ne reste pas un espace supérieur à 3 mm. entre le bord de l'ouverture et le tour précédent. Cette forme de l'ombilic et du péristome n'est pas accidentelle, puisque je l'observe dans tous les échantillons suffisamment bien conservés. Elle ne devait pas être visible sur la coquille, car l'ombilic est rempli par un amas de carbonate de chaux cristallisé, correspondant sans doute à un épaississement du lest. SoLGER a déjà remarqué que ce test était très épais (4 mm. sur la callosité au lieu de i mm. sur le tour précédent).
Quelques échantillons, de même diamètre que celui de la fig. a, montrent un renflement et un rétrécissement encore plus considérables (mesures n" III, VI), caractères qui se rencontrent généralement sûr les échantillons de grande taille, tel que celui de la fig. i, PI. XXVII. La callosité se trouve alors à 65" de l'ouverture
(i) Stoliczk.a: Crel. S. India, p. ia4, PI. LXI, fig. a-a a.
(a) Une des principales différences entre les écliantillons du Cameroun et ceux de Tunisie, c*est que ces derniers paraissent acquérir plus lard (à une taille plus grande) les divers modes d'ornementation.
et au quart de la hauteur du tour. Le péristome parait aussi étroit que dans le stade précédent, ce qui fait ressortir la callosité. Ces caractères sont encore plus accentués sur un très vieil individu, le plus grand que je possède (n* YIII des mesures). On y voit nettement la forme très particulière de Tombilic. A part cela, il diffère peu de ceux figurés par Stoligzka, Kossmat et Peron ; aussi ne m'a-t-il pas semblé nécessaire de le reproduire. La chambre d'habitation occupe à peine plus d*un demitour.
Les cloisons subissent aussi, avec l'âge, d'importantes modifications. Je n*ai pu observer le tracé des premières lignes suturales, mais il a été indiqué par Solger. D'autre part, je figure plus loin (fig. i53) la ligne suturale d'une espèce voisine (NeopL Xetriformis), au rayon de i5 mm. On voit que les différents éléments sont déjà bien différenciés ; il devait en être de même pour NeopL cephalolus. On remarquera qu'à ce stade le lobe externe est plus long que le premier lobe latéral. Ce dernier montre déjà, du côté externe, une branche bien individualisée et se termine par deux longues pointes. La troisième selle est, dès ce moment, plus large que les deux précédentes ; elle s'étend jusqu'au bord de Tombilic. Au stade où apparaissent les côtes, la cloison est déjà plus découpée, mais l'état de mes échantillons ne permet pas de la dessiner. On constate que le lobe externe est désormais plus court que le lobe latéral. La deuxième selle est beaucoup moins développée que» la première ; la troisième selle est seulement un peu plus grande que les deux autres ; elle atteint le bord de l'ombilic. Les lobes et les selles sont assez élevés.
Au rayon .de 35 mm. (plus de côtes), on constate que tous les éléments sont
Fio. 152. — mopt. cephaloius X 2,3 (éch. da Draa el Miaad ; d = 102, r = 35).
déjà légèrement surbaissés (fig. i5a). Le lobe siphonal est très court, entamé par une petite selle siphonale, basse et large. La première selle a un .contour général arrondi ; elle est ornée de festons presque égaux. Le premier lobe, deux fois plus long que le lobe siphonal, présente une branche latéro-externe ; ce lobe se termine par deux pointes, qui ne sont pas également nettes et développées dans tous les
échantillons. La deuxième selle est un peu plus étroite que la première : elle est suivie par un deuxième lobe court, élargi à sa base et un peu étranglé au-dessus, terminé par trois pointes, très souvent développées de façon inégale. La troisième selle présente cette particularité d*être notablement plus large que les deux précédentes ; elle est divisée en trois parties inégales, Tindentation du milieu étant généralement plus accentuée que Tautre. Elle est suivie par un troisième lobe latéral non moins particulier ; il est, en effet, large et très court, divisé par deux petites sellettes subégales en trois lobules égaux, eux-mêmes bifides. La quatrième selle commence généralement sur les flancs et descend dans Tombilic.
A un stade plus avancé, la ligne suturale présente les mêmes caractères généraux ; toutefois, comme les cloisons sont de plus en plus rapprochées, leurs éléments sont de plus en plus raccourcis et surbaissés ; la cloison est comme étirée. Les deux premières selles et les deux premiers lobes sont peu modifiés, mais la troisième selle est encore relativement plus large ; de plus, elle s'incline fortement en arrière, elle est comme en retard par rapport aux éléments précédents. Ce retard est encore plus frappant pour le troisième lobe, qui est très fuyant; ses subdivisions se confondent souvent avec celles de la troisième selle. Cette disposition est bien visiblç sur la fîg. i a, PL XXVIL Dans l'échantillon fig. 2 a de la même planche, le troisième lobe est seulement divisé en deux lobules.
Enfin, sur le très grand échantillon signalé précédemment, les cloisons sont encore plus resserrées et plus fuyantes. Au niveau du troisième lobe, Tintervalle des deux dernières cloisons n*est pas supérieur à 2 mm., tandis qu'il est de 5-6 mm., au début du dernier tour. La troisième selle est, dans ce cas aussi, très étirée et surbaissée ; elle présente cinq festons égaux.
Ces cloisons ont donc sensiblement la même allure que celles d*Amm, cephalotus (Amm. Telinga), espèce à laquelle je n'hésite pas à rapporter mes échantillons, malgré les quelques différences qu'ils présentent.
Il y a, d'ailleurs, de très nombreuses variations individuelles, si nombreuses et si diverses qu'il est bien difficile de les classer, car il faudrait créer une variété pour chaque échantillon, ce qui nous paraît dénué d'intérêt.
Il faut noter seulement que certains exemplaires sont plus aplatis que d'autres (n' V des mesures), qu'ils ont un moindre renflement et que quelques autres conservent leurs côtes plus longtemps que le type. On passe ainsi à l'espèce suivante (Neopt. Xetriformis), Les variations portent également sur les cloisons, qui sont plus ou moins serrées, plus ou moins découpées (spécialement la troisième selle) ; le premier lobe est plus ou moins nettement bifide, a une branche supéro-ex terne plus ou moins développée ; ainsi Téchantillon de la fig. i, PI. XXVII se fait rembarquer par la réduction de cette dernière branche, qui se confond presque avec les denticules de la selle. D'autre part, la troisième selle est plus ou moins large, tandis que la quatrième selle peut être sur les flancs ou à moitié dans l'ombilic.
Rapports et différences. — Dans l'état adulte, cette espèce a quelques analogies avec diverses autres ammonites étudiées plus loin ; les caractères différentiels
seront donnés à propos de ces dernières. Quant à Thomasites RoUandi Th. et P., il n'a jamais ce renflement si marqué de la loge, il possède souvent des côtes sur la région ventrale, même à l'état adulte, et il n'a pas la troisième selle, si particulière, de l'espèce qui nous occupe.
Gisements. — Neopt, cephalotus est une des espèces les plus communes (une trentaine d'exemplaires) dans les bancs à ammonites du Turonien inférieur (Salmurien) : Mrliila, Bireno, Draa el Miaad, Est du bou el Hanèche, Kef Gouraï.
Neoptychltes Xetriformis Pervinquiere 1907
PI. XXYII, fig. 5 a-6. 6. 7 ah - 1903. Neoptychites cl. Xetra Pervixquière : Et. géol. Tun. cent., p. 101.
Diamètre
Hauteur du dernier tour. . .
Épaisseur du dernier tour.
Largeur de rombilic
I. Éch. PI. WVII. fig. 7. — II. Éch. du Sif et Telia. — III. Éch. d'A es Sfeia. — IV. Type. PI. XXVII.
fig. 5. — V. Éch. PI. WVll. fig. G.
Ammonite très voisine de Neopt. cephalotus, auquel la relient certaines formes intermédiaires, mais s'en distinguant de façon constante par la présence de côtes (au nombre de i4 à i5 par tour) persistant à l'état adulte. Ces côtes sont limitées aux flancs, ne traversent pas la région ventrale et n'atteignent pas tout à fait l'ombilic ; elles sont visibles même sur la loge d'habitation, quoique un peu atténuées. L'épaisseur est toujours plus grande que dans l'espèce précédente (voir mesures), le maximum se trouvant au bord même de l'ombilic. La fig. 6, PI. XXVII donne une idée de cette épaisseur, mais ce n'est pas un maximum (voir par ex. le n" III des mesures). Quelques individus, tels que celui de la fig. 5, sont moins renflés. Le péristome est rétréci comme dans les autres Neoptychites, mais le renflement de la loge d'habitation est beaucoup moindre que dans la plupart des Neopt. ccphaloliis.
L'ombilic paraît présenter la même forme singulière que dans cette dernière espèce : il est peut-être encore phi s étroit.
La ligne suturale est sensiblement In même que celle de Neoj)l. cephalotus (fig. i53-i54); les quelques diflérences por-
Fio. 153. - Neopt. letriformù jeune X 3 (éch. tg^t surtout sur la laimnir et sur les subdi- Pl. XX Vn, flR. 7; r = i5). ®
visions du troisième lobe.
Je considère comme le jeune de cette espèce quelques petits échantillons |jl(.hu-
leux (PI. XXVII, fig. 7), possédant non seulement la cloison, mais aussi les constrit -
tions et les bourrelets des jeunes Neoptychites, Si cette assimilation est exacte, celle
espèce conserverait la forme globuleuse plus longtemps que Neopt. cephalotus. Le |)elil
échaatillon figuré montre un sillon (le dernier) bordé par deux bourrelets ; l'antérieur est peu marqué, le postérieur beaucoup plus accentué et suivi d'un très léger sillon. Ces bourrelets et . ces sillons sont sensiblement dirigés suivant le rayon et non incurvés en avant. Un autre échantillon, un peu plus petit, montre deux fois un fort bourrelet encadré entre deux sillons bien nets, très légèrement incurvés en avant. La ligne suturale (fîg. i53) permet de reconnaître déjà l'élargissement caractéristique de la troisième selle et la dissymétrie des branches du lobe.
Le stade moyen est représenté par un exemplaire de 75 mm., portant une quinzaine de côtes ; les dernières sont rectilignes comme dans l'adulte, mais les plus anciennes sont légèrement incurvées en avant, au voisinage de la région ventrale.
Fio. 154. - Neopt Xetriformis X 2 (éch. PI. XXVII, fi«. 5; r = 40).
Rapports et différences. — J'ai eu tout d'abord l'intention de rapporter les ammonites dont il vient d'être question à Amm, Xetra Stol. {^), mais une première difficulté résulte du fait que l'espèce indienne est censée provenir des couches à Amm. injlatus. Il est vrai que Kossmat (loc. cit., p. 196) la cite dans l'Ootatoor supérieur, c'est-à-dire dans des couches turoniennes, au moins en partie. Une autre difficulté gît dans la forme du jeune; celui qui est figuré par Stoliczka est identique au jeune cephalotus donné par Courtiller. D'autre part, Stoliczka déclare que Y Amm. Xetra devient lisse avec l'âge, de sorte que ce pourrait bien être une variété renflée à! Amm. Telinga (cephalotus).
J'ai également hésité à réunir Neopt. Xetriformis à Neopt. cephalotus, d'autant plus que Courtiller a admis dans son espèce et a figuré (*) un individu très renflé, qu'il considère comme une femelle. Cet individu, que j'ai reproduit dans la Palœontologia Universalis (fiche 56), présente encore des traces de cotes à l'état adulte et semble, par son aspect général, s'éloigner des autres échantillons représentés par Courtiller. N'ayant plus la pièce en mains, je ne saurais dire s'il faut ou non la rapporter à Neopt. Xetriformis ; je remarque cependant que la forme est un peu diflcrente: l'espèce tunisienne a généralement un bord plus mince
(i) Stoliczka: Cret. S. India, p. la^, PI. L\I.
(a) Courtiller: Ammonites du Tuffeau, PI. II, fig. i.
pour la même épaisseur au voisinage de rombilic. La persistance des côtes, au nombre de i5 seulement (alors qu*il y en a 3o-4o sur les Neopt, cephalotus costulés), le moindre renflement de la loge d'habitation, la forme moins discoïdale, l'épaisseur phis grande au voisinage de l'ombilic sont des caractères assez constants pour que j'aie cru devoir séparer spécifiquement Neopt, Xetriformis de Neopt. cephalotus. Je dois cependant faire observer qu'il existe des formes de passage qu'on est fort embarrassé de ranger dans l'une ou l'autre espèce.
Une autre ammonite bien voisine de la nôtre est Neopt, crassus Solger (^), dont le jeune seul a été figuré. Ce dernier offre précisément la forme globuleuse des individus que nous attribuons aux premiers stades de Neopt, Xetriformis, mais nos spécimens sont encore plus globuleux ; leur section est aussi plus surbaissée ; à taille égale, ils ne montrent pas encore trace de côtes ; les sillons et les bourrelets sont disposés autrement et ne sont pas incurvés en avant. En outre, si les cotes sont distribuées de la même façon dans les deux espèces, Neopt, Xetriformis a deux fois moins de côtes que Neopt. crassus (i5 par tour, au lieu de i5 par demi-tour).
On pourrait aussi confondre avec Neopt, Xetriformis certains échantillons de Thomasites Rollandi dont il a été question antérieurement. Toutefois, quand cette dernière espèce n'est pas lisse, ses côtes sont limitées à la région ventrale, région sur laquelle les cotes s'efTacent précisément dans Neopt, Xetriformis. Ce dernier se distinguera toujours de Thomasites Jordani par l'absence de tubercules.
Gisements. — Turonien inférieur. Une vingtaine d'exemplaires. Draa el Miaad, S de la Kalaat es Snam, Bireno (K. Aiounet el KJab, A. es Sfeia, Sif el Annba), Mrhila (Fekirine, Kef Si A. E. K., Sif et ïella, A. Nakhla).
Neoptychltes QourguechonI Pervinquière 190
PI. XXVII, flg. 8 a-6. 9 ah
I II
Diamètre 44 (1) 100 (1)
Hauteur du dernier tour 24 (0,51) 60 (0,60)
Épaisseur du dernier tour 14 (0,32) 40(?) (0,40)
Largeur de l'ombilic 2 (0,04) 6 (0,06)