Éch. PI. \XVII, fig. 9. — II. Éch. PI. WVll, fig
A l'état adulte, cette ammonite .Qst très voisine de Neopt. cephalotus, et le principal caractère différentiel gît dans le tracé de la ligne suturale. A vrai dire, l'épaisseur des tours est un peu plus faible et l'ombilic plus petit ; mais ce sont là caractères de faible importance.
Le jeune (*) est notablement plus plat que celui de Neopt. cephalotus et paraît rester lisse plus longtemps. Les bourrelets et les sillons sont disposés un
(i) Solger : Anim. Kàmcrun, p. 119, PI. III, fig. 5.
(s) Je n'ai pu réussir à dérouler un individu adulte ; c'est seulement la disposition de la ligne suturale qui m'a permis de relier le petit individu au grand.
CEPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES t^Ol
peu autrement, comme il résulte de la comparaison des figures 3 et 9 de la PI. XXVII. Le jeune exemplaire de Neopt. Gourguechoni (fig. 9 a) montre trois bourrelets très manifestement obliques en avant, traversant la région ventrale sans s'interrompre. Chaque bourrelet, qui s'étend sur la moitié externe des- flancs, est précédé d'un sillon d'égale largeur. Par contre, le sillon placé en arrière du bourrelet est très faible ou même nul ; or, Neopt. cephalotus montre déjà deux sillons très accusés à une taille beaucoup moindre (fig, 4 a). Le stade costulé ne m'est pas connu avec certitude. Le grand exemplaire ne montre pas de renflement à l'extrémité, mais il faut noter qu'il est cloisonné jusqu'au bout.
En somme, les caractères difi'érentiels tirés de la forme extérieure sont bien faibles et je n'eusse pas séparé Neopt. Gourguechoni de Neopt. cephalotus, si le premier n'avait présenté des cloisons très spéciales. Quelles que soient les variations de la ligne suturale de Neopt. cephalotus, jamais elles n'atteignent une telle intensité.
Dans le jeune individu, les éléments de la cloison (fig. i55) sont assez élevés. Le premier lobe latéral est légèrement plus long que le lobe siphonal ; son extrémité montre deux ou trois pointes inégales, de sorte qu'il pourrait presque aussi bien
Fio. 155. — Neopt. Gourguechoni X i,6 Fio. 156. — Neopt. Gourguechoni x i,2 (éch. PI. XX VU
(éch. PI. XXVII, flg. 9; r = tl). flg. 8; r = 5l).
être qualifié de trifide que de bifide. La deuxième selle est plus petite que la première et que la troisième ; elle est, en outre, très fortement pincée à la base et rappelle certaines selles de Placenticeras , Le deuxième lobe ofl're trois pointes inégales ; le troisième est subdivisé par des sellettes phylli formes bien distinctes.
Le grand échantillon montre le même type de cloison (ï\g. i56), mais avec une complication bien plus grande. Les modifications portent, tout d'abord, sur le faible développement du lobe siphonal, beaucoup plus court que le premier latéral, lequel présente quatre fortes branches disposées autrement que dans Neopt. cephalotus. Le deuxième lobe a, lui aussi, une forme très spéciale, vaguement indiquée dans Neopt. cephalotus. Il est allongé et présente de nombreuses pointes ; son pédoncule est très rétréci. Le troisième lobe est singulièrement divisé par de petites sellettes
4oa ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE
assez élevées. Les différences portent aussi sur les selles. La deuxième selle est fortement pincée à sa base, comme dans le jeune âge. En outre, la deuxième et la troisième selle sont nettement subdivisées en deux parties presque égales par un lobule très accentué, qu'on ne distingue pas dans Neopt, cephaloius. Près de l'ombilic, les cloisons sont très resserrées et presque enchevêtrées, une cloison venant s'écraser et se déformer contre la précédente.
Rapports et différences. — Cette ammonite a une grande ressemblance non seulement avec Neopt. cephaloius, mais aussi avec Neopt. perovalis v. Koenen (sub Palchellia) ('). Le tracé de la ligne suturale permet cependant de différencier Tune de l'autre. En effet, l'espèce du Cameroun a un premier lobe presque aussi long que le lobe siphonal et franchement bifide. Le deuxième lobe a une forme bien différente dans les deux cas. La cloison donnée par Solger (loc. cit., p. laa) a beaucoup plus d'analogie avec celle de Neopt. Gourguechoni, sans lui être d'ailleurs identique ; Solger pense que l'échantillon doit être attribué à son Neopt, Telingœformis {= cephalotus7). Si cette assimilation est exacte, il faudrait peut-être considérer Neopt. Gourguechoni comme une variété extrême de Neopt. cephaloius.
Gisements. — Deux ou trois échantillons du Mrhila et du Draa el Miaad. Turonien inférieur. Des formes très voisines existent au Cameroun.
En donnant à cette dernière ammonite le nom de mon ami, M. Gourguechon, Chef du Service des Mines de la Régence de Tunis, je ne fais qu'acquitter une dette de reconnaissance, que je me plais à constater une fois de plus.
(i) Von KceifEX : Foss. unt. Krcido in Kamerun, p. lo, PI. I, ûg. 3 ; II, 6.
BÉLEMNOÏDES
Genre BELEMNITES
Ëtant donné le nombre toujours croissant des espèces nouvelles, il est devenu nécessaire de subdiviser l'ancien genre Belemniles en un certain nombre de genres ou de sous-genres. Gomme je n'ai pas Fintention de discuter ici la classification des bélemnites, je renvoie aux travaux de d*Orbignt, Duval-Jouve, Mater, Batle, DouviLLÉ, etc. Voici les subdivisions que j'adopte, en leur donnant la valeur de sousgenres (*) :
Hiholites de Montfort 1808 (*). Rostre plus ou moins fusiforme ou claviforme, quelquefois presque cylindro-conique ; un sillon ventral, partant de Talvéole et s'étendant plus ou moins loin en arrière. Type : Bel. (HihoUies) haslaius de Roissy.
Pseudobelm de Blain ville 1827 {'). Rostre allongé, pourvu d*un sillon ventral, partant de Falvéole, et de deux sillons latéraux. Type : Bel, (Pseudobelus) hipariitus
DE BlALN VILLE.
Duvalia Baïle 1879 (*). Rostre plus ou mcmis aplati latéralement, muni d*un sillon dorsal (opposé au siphon), partant de Talvéole et pouvant s'étendre presque jusqu'à la pointe. Type: Bei (Duvalia) dilalaius de Blainville.
(i) Là encore, il s'agit uniquement des sous-genres représentés dans mes matériaux.
(a) De Mojîtfort : Conchyliologie systématique, vol. I, p. 386. Il ne me paraît nullement prouvé que la figure de de Mostfort se rapporte à une de ces bélemnites plates, pour lesquelles Bayle a proposé le nom de Duvalia. Ce peut parfaitement être Bel. hastatus r ospccc qui existe effectivement aux environs de Gap, d'où vient le type.
(3) De Blai!«ville : Mém. sur les Bélemnites, p. iia. Des trois espèces citées par de Blaoville, une seule est reconnaissable {Pseudobelus bipartitus) ; elle a des caractères très particuliers, qui aident à préciser la définition du genre, plus que de Blai:«ville ne l'avait fait.
(4) Bayle : Explic. carte géol. Fr., vol. IV, PI. XXXI-XXXIII. Ce sous-genre correspond au groupe des Notocœli de d'Orbignt ; c'est également le groupe des ISotosiphiies de Duval-Jouve. Il faut cependant faire une remarque à propos de ce groupe : on admet actuellement que le siphon des bélemnites est toujours ventral; par conséquent, le terme est impropre. Le sillon sera dorsal dans le cas présent.
4o4 ETUDES DE PA.LÉONTOLOGIE TUNISIENNE
Sous-Genre DUVAUA
Belemnites (Duvalla) dllatatus de Blainyille
1827. Belemnites dilaiatus de Blainyille : Mém. sur les Belemnites, p. 99, PI. III, fig 13 a-e; V, 18.
1840. Id, d'Orbigny : Pal. fr., p. 39, PI. II, fig. 20-21 ; III, 4-5 (seulement).
1841. Id, Duval-Jouve: Belemnites Crét. inf., p. 54. PL IV.
1846. Id. d'Orbigny : Pal. Univ., p. 339, PI. LXV, fig. 7-15; LXVI, 20 21 ; LXIX, 4-5. (Synonymie).
1879. Duvalia dilalata Bayle : Explic. carte gcol. Fr., vol. IV, PI. XXXII, fig. 1-7.
Cette bélemnite est facile à reconnaître, grâce à sa forme très aplatie, à sa section elliptique, à la position presque médiane de sa pointe, à son alvéole large et à son sillon dorsal (^) très court (sensiblement de la longueur de l'alvéole). Ces caractères s'observent sur quelques belemnites de Tunisie, dont les unes (coll. de la Sorbonne) viennent du Dj. Ressas, où elles étaient associées à Bel, (Dav,) latus de Blaixv., tandis que les autres (coll. Albert) ont été recueillies aux environs de Zaghouan (pied j\ de la montagne, partie W).
Cette bélemnite est répandue dans toute la région méditerranéenne, où elle caractérise particulièrement l'Hauterivien ; toutefois, elle apparaît déjà au Valanginien et son association à Bel, latus y an Dj. Ressas, indiquerait plutôt ce dernier sous-étage. Un exemplaire du Zaghouan se trouvait en compagnie de Lissoceras Grasianum d'Orb. et de Bel. pistilliformis de Blainv., fossiles qui se trouvent dans tout le Néocomien ; on ne peut donc préciser exactement le niveau dont ils proviennent.
Belemnites (Duvalla) latus de Blainville
1827. Belemnites latus de Blainville : Mém. sur les Belemnites, p. 121, PI. V, £]g, 10 a-b.
1840. Id. d'Orbigny : Pal. fr., p. 48" PI. IV, fig. 4-8 (seulement).
1841. Id. DuvAL-JouvE : Belemnites Crét. inf., p. 61, PI. VI.
1846. Id. d'Orbigny ; Pal. Univ., p. 324, PI. LXVII, fig. 1-9 ; LXVIII, 4-8. (Synonymie). 1858. Id. PicTET et de Lobiol : Néocomien Voirons, p. 11, PI. I bis, fig. 9-11. 1879. Duvalia Ma Bayle : Explic. carte géol. Fr., vol. IV, PI. XXXI, fig. 1-8. 1889. Bel. latus Po.\iel : Cépb. Lamoriciëre, p. 27, PI. I, Qg. 1-3. 1907. Duvalia lata: Palœontologia Universalis, fiche 114.
Quelques belemnites du Dj. Ressas (*) offrent exactement les caractères de Bel. laius : rostre allongé, modérément comprimé ; section presque circulaire à Talvéole, ovalaire dans la partie postérieure ; sillon dorsal assez peu large, mais profond et très long, disparaissant peu avant l'extrémité postérieure ; pointe bien plus rapprochée du côté du sillon que du côté opposé ; alvéole longue. Un échantillon
(i) Ventral pour beaucoup cTanciens auteurs.
(a) Je ne serais pas surpris que ce fussent les échantillons mêmes cités par Le Meslb (Mission géol. en avril, mai, juin 1887, p. 7, note).
trouvé au N du Zaghouan (coll. Aubert) présente aussi tous ces caractères. Par contre, un petit spécimen, que j'ai recueilli dans le Valanginien di; Dj. Oust, possède une forme un peu différente : les flancs sont aplatis ou même légèrement déprimés au voisinage de la pointe, tandis qu'ils portent plus haut un bourrelet médian, de telle sorte que la section est alors faiblement tétralobée ; le sillon est long et la pointe très excentrique ; le rostre a une tendance à se rétrécir du côté antérieur.
Un autre exemplaire du Dj. Oust (coll. Aubert) manifeste un rétrécissement beaucoup plus considérable ; il se distingue, en outre, par sa forme épaisse et par sa section, qui est presque exactement circulaire en tout point de la longueur (^), bien que le diamètre transversal surpasse faiblement le diamètre dorso-ventral, contrairement à ce qui se produit normalement. Comme les autres caractères (position excentrique de la pointe, forme et longueur du sillon) sont les mêmes que dans Bel. (Duvalia) latus, je ne crois pas nécessaire d'exclure ma bélemnite de cette dernière espèce; il me parait néanmoins avantageux de la distinguer, à titre de variété. Je propose donc de lui appliquer la désignation de var. Zeugitana ; la figure ci-contre (fîg. 167) permettra de constater les caractères de cette variété. Celle-ci n*est pas sans rapport avec cette autre variété de Bel. latuSy à laquelle Raspail avait appliqué le nom de Bel. ohesus (*) ; toutefois, cette dernière est plus arrondie à l'extrémité ; son sillon est plus long, surtout plus large, et moins bien délimité. Le représentant de cette variété Zeugitana était associé à Bel polygonalis var. trabiformis.
Bel. lalus est un des fossiles les plus caractéristiques du Valanginien ; on le rencontre, d'ailleurs, dans toute la région méditerranéenne.
Fio. 157. — Uel. {Duvalia) latus de Blainv. vir. Zeugitana Perv. Valanginien du Dj. Oust. (Coll. Aubert).
Belemnites (Duvalia) Qrasianus Duval-Jouve
1841. Delemnites Grasianus Duval-Jouve : Belemnites Crét. inf., p. 63, PI. VI!, fig. 1-4. 1846. Id. d'Orbiony : Pal. Univ.. p. 342, PI. LXXIII, (ig. 8-13; LXXIV, 1-6. 1883. Id. Uhlig : Wernsdorf, p. 50, PI. l, fig. 5, 6, 11.
(i) Longueur totale (il manque une grande partie de l'alvëole) : 68 mm.; plus grand diamètre dorsoventral : 21 ; diamètre transversal correspondant : 21,75.
(a) R\sPAiL : Ilist. nat. Bélemn., p. 87 (807), PI. VI, fîg. i3.
4o6 ÉTUDES DE PALÉOIfTOLOGIE TU?riSlEIHNE
Cette bélemnite, assez voisine de Bel, laiuSy s*en distingue par la présence, sur les flancs, de deux légères saillies, qui s'effacent sur la partie postérieure, où les flancs sont plats ; la pointe est un peu moins excentrique que dans Bel. latus ; enfin, le sillon dorsal ne dépasse guère le milieu de la longueur, tandis que, dans Bel. latus, il va presque jusqu'à la pointe et que, dans Bel: dilaiatus, il est limité au bord de Falvéole. Tous ces caractères sont très nets sur un bel exemplaire provenant du Dj. Ahmar (coll. Aubert), où il était associé à SU, Seranonis d'Orb.
Un autre spécimen de la même collection, qui a été recueilli à Mogbrane, également avec l'ammonite que je viens de citer, est un peu incomplet ; aussi sa détermination est-elle douteuse. Il est intéressant parce que sa pointe, rejetée de côté et incurvée, domine une petite cupule résultant, sans doute, d'une blessure. En outre, ce rostre montre ces petites fossettes qui ont été signalées à diverses reprises. Ces fossettes sont ici remplies par de la calcite blanc jaunâtre, où il est impossible de reconnaître une organisation quelconque. Ces petits grains ont de i à 3 mm. de longueur et un demi à i mm. de largeur. De plus, la surface du rostre porte encore quelques saillies ; en usant délicatement celles-ci, on voit apparaître un grain blanc, se détacbant sur la masse noire du rostre. 11 est donc évident que ces grains (ou tout au moins un certain nombre d'entre eux) étaient emprisonnés dans la substance du rostre ; ils ont été mis à nu par usure.
En France, Bel. Grasianus apparaît dans le Barrémien, mais persiste dans l'Aptien ; il semble en être de même en Algérie et, sans doute, en Tunisie.
Belemnites (Duvalla) polygonalls de Blainville
1827. Belemnites polygonalU de Blainville: Mém. sur les Bélcmn., p. 121, PI. V, fig. 11 ad.
1840. Bel. dilatatus (p. p.) d'Orbigny : Pal. fr., PI. II, fig. 1-8 (seulement).
1841. Bel. isocelis, ui^ula, trabifonnis, sicyoides Duval-Jouve : Belemnites Crét. inf., p. 46
sqq., PI. I, II.
1846. Bel. polygonalis n'ORBifiNv : Pal. Univ., p. 335, PI. LXVI, i]g. 1-8; LXXIl. 1879. Ditcalia trabiformis Bayle : Explic. carte géol. Fr., vol. IV, PI. XXXI, fig. 15-22.
J'adopte Fespèce de Blainville dans le sens que lui donnait son créateur, ainsi que d'Orbigny, c'est-à-dire que j'y comprends toutes les belemnites polygonales, et que je considère comme de simples variétés les diverses formes auxquelles Duval-Jouve a donné les noms spécifiques d*isocelis, urnula, trabiformis et sicyoides.
Bien que je n*aie en main qu'un fragment de cette espèce, sa détermination ne me paraît pas douteuse. II s'agit de la var. trabiformis, caractérisée par son rostre allongé, rétréci du coté alvéolaire, sa section tétragonale et ses fortes arêtes bordant la face dorsale. Cet échantillon répond complètement à la fig. aS de la Pi. LXXII de la Paléontologie Universelle ou à la fig. 17 de la PI. XXXI de Tatlas de Bayle.
Cet unique exemplaire (coll. Aubert) provient du Dj. Oust, où il était associé à Bel. (Duvalia) latus var. Zeugitana ; il s'agit donc très vraisemblablement du Valanginien, niveau que Bel. polygonalis occupe également dans le Midi de la France.
CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES 4o7
Sous-Genre PSEUDOBELUS
Belemnites (Pseudobelus) bipartitus de Blainville
1827. Pseudobelus bipartitus de Blainville : Mém. sur les Belemnites, p. 113, PI. V, (ig. 19 a-c.
1840. Belemn. bipartitus d'Orbigny : Pal. fr., p. 45, PI. III, fig. 6-12.
1841. /d. Ddval-Jouve : Belemnites Crét. inf„ p. 41, PI. 1, fig. 1-8.
1869. Id. PicTET et de Loriol : Nédcomien Voirons, p. 2, PI. I 6is,.fig. 1-5.
Quoique je possède seulement un fragment (partie alvéolaire) de cette espèce, sa détermination n'est pas douteuse : la section subcarrée, le profond sillon ventral, les sillons latéraux (atténués et élargis dans cette partie alvéolaire) suffisent à caractériser cette bélemnite. 11 s*agit ici de la grande forme.
Gisement. -— Valanginien du Dj. Oust.
Sous-Genre HIBOLITES
Belemnites (HIbolltes) plstllllformls ? de Blainville
1829. Belemnites pistillifonnis de Blainville : Mém. sur les Belemnites, p. 98, PI. V, fig. 14-16.
1841. Id. Duval-Jouve: Belemnites Crét. inf., p. 72, PI. VIII. fig. 10-16.
1846. Id, d'Orbigny : Pal. Univ., p. 328, PI. XXXIV, Vig. 1-4; LXVIII, 9-16; LXX (?)
(Bibliographie).
1858. Id. PicTET et de Loriol : Néocomien Voirons, p. 5, PI. I, fig. 1-4.
La distinction de Bel. pisiilUformis de Blainv. et de Bel. subfusiformis Raspail parait légitime, quoique singulièrement difQcile à faire (*).
D'après leur forme générale, certaines belemnites de la collection Aubert et de la mienne se rapporteraient bien à Bel. subfusiformis ; malheureusement, le sillon est toujours très court, ce qui est un des caractères de Bel. pisiilUformis. D'autre part, tous les auteurs sont d'accord pour déclarer que les jeunes Bel. subfusiformis sont très grêles, « presque linéaires », ce qui n'est nullement le cas pour 4es exemplaires que j'ai sous les yeux. Je les rattache donc à Bel. pistilliformiSt en rappelant qu'ils sont fusiformes et non pas courts et trapus.
Gisements. — Une dizaine d'exemplaires plus ou moins complets. Pied N du Zaghouan (avec Liss. Grasianum)^ Dj. Ahmar (coll. Aubert) et Dj. Oust. Néocomien.
(i) Pavlow (Argiles de Spcelon, p. 77) a cru tourner la difficulté en employant le terme de Bel. jaculum Phillips, comme synonyme de Bel. subfusiformis, les deux espèces étant, d'après lui, de la même année. Il n'en est rien, dans la réalité. La description et la figure (auxquelles Pavlow renvoie) se trouvent dans la 3* édition de l'ouvrage de Phillips (1875), tandis qu'il n'en est pas question dans la première (iSag), qui, seule, est contemporaine du travail de Raspail.
4o8 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE
Belemnites (HIbolltes) semicanallculatus de Blainville
18^. Bel. semicanali4:ulatus de Blainville : Mém. sur les Belemnites, p. 67, PI. I,
fig. 13-13 a.
1840. Id. d'Orbigny : Pal. fr., p. 58, PI. V, fig. 10-15. 1845. Id. d'Orbigny: Pal. Univ., p. 343, PI. LXXIV, fig. 7-9; LXXVI, 10-15. 1903. Id, Pervinquière : Et, géol. Tun. cent., p. 45, 46.
Bel. semicanalicalatus est caractérisé par un rostre souvent d'assez grande taille, presque cylindrique sur sa plus grande longueur, conique et mucroné en arrière, à section circulaire, sauf du côté antérieur, où celle-ci est ovale (flancs un peu aplatis) ; le rostre porte un sillon bien marqué sur la moitié antérieure. Cette espèce paraît commune en Tunisie, mais l'état de tous les échantillons recueillis par moi laisse planer des doutes sur l'exactitude de la détermination.
J'ai trouvé, d'autre part, dans la collection de la Sorbonne, des belemnites du Ressas (sans doute de la collection Le Mesle) (^), qui offrent les principaux caractères de Bel. semicanaliculatus, sauf que la pointe est moins aiguë et que les flancs sont encore plus aplatis. Malgré cela, je n'hésiterais pas à les rapporter à cette espèce, si je ne les avais trouvées dans la même boîte que des Bel. latus et dilaiatus. Y a-t-il eu mélange ? C'est bien possible, à moins qu'il ne s'agisse d'une mutation ascendante. En passant, je note la ressemblance très réelle de ces belemnites avec celles que je rapporte (avec doute) à Bel. siilus Blanford.
Gisements. — Tronçons de rostre dans presque tous les gisements de l'Aptien et quelques-uns de TAlbien. Néocomien (?) du Dj. Ressas. Barrémien ou début de TAptien du Dj. Telia et de Moghrane (coll. Aubert).
Belemnites (HIbolltes) mlnlmus Lister
1678. Belemnites minimm Lister : Hisl. anini. Angliœ, p. 228, fig. 32.
1840. Lf. d'Orbigny : Pal. fr., p. 5o, PI. V, fig. 3-9.
1858. Id. PicTET : Sainte Croix, p. 103, PI. XUI, fig. 1-6. (Synonymie).
1903. /d. Pervinquière : Et. géol. Tuu. cent., p. 63, 71, 72.
J'ai rapporté à Bel. minimus un certain nombre d'échantillons plus ou moins complets, qui s'en rapprochent par leur rostre allongé, fusiforme, à section circulaire ou à peine comprimée dans la région alvéolaire, et terminé par une pointe aiguë ; le sillon ventral est peu profond et limité au quart antérieur. Les impressions vasculaires sont rarement visibles sur nos échantillons. Quelques-uns d'entre eux sont courts et très fusiformes, comme ceux figurés par Pictet (PI. XIII, fig. 3);
(i) Sonl-ce les bélemmitcs que Le Mesle (Mission géol. en 1887. p. 7, note) a citées sous le nom de Bel. Orbignyanus ? C'est bien possible. En tous cas, il ne peut s'agir de celle espèce, qui a un rostre très trapu, presque arrondi à l'extrémité antérieure, quoique légèrement comprimé dans le sens antéropostérieur et non dans le sens transversal.
certains autres, de taille un peu plus forte, sont encore plus amincis du côté antérieur, comme cela s'observe chez Bel, pistilliformis de Blainville. Je ne sais s'ils appartiennent encore à la même espèce. D'ailleurs, le classement de beaucoup de ces individus est très incertain; bon nombre des échantillons recueillis sont même indéterminables.
Gisements. — Albien : Dj. Bargou (bou Tis, Dj. Oust), Dj. Serdj, Dj. Slata, Dj. Hamaïma, Dj. el Hamra. — Vraconnien: Si Abd el Kerim, Guern er Rhezal, Pont du Fahs.
Belemnites (Hibolltes) stilus? Blanford
1861. BeL siilus Blanford : Cret. S. India, p. 4, PI. I, fig. 1-12 ; II, 1-4. (Remarques par
Stoliczka, p. 201).
1906. Id. Boule, Lemoine et Thévenin : Céph. Diégo-Suarez, p. 6, PI. I, fig. 4-4 a C),
Parmi les échantillons de Bel. minimus du Dj. Oust du Bargou s'en trouvent quelques-uns se rapprochant plutôt de BeL siilus Bl'anford, spécialement des fig. 6-7 de la PI. I et de la fig. i de la PI. II. Gomme on le verra par la figure ci-contre (fig. i58), le rostre est légèrement fusiforme, un peu aplati latéralement au voisinage de l'alvéole. Le sillon ventral est bien marqué et devait presque atteindre la moitié de la longueur (au lieu du tiers) ; les impressions latérales sont à peine sensibles.
Que vaut cette espèce? 11 m'est difiQcile d'en juger. Stoliczka (loc. cit., p. 201) la réunit à Bel. semicanaliculatus de Bla in ville. La longueur et l'accentuation du sillon ventral sur nos exemplaires parleraient en faveur de cette assimilation, quoique BeL semicanaliculalus soit généralement plus cylindrique et moins fusiforme. D'autre part, mes échantillons sont encore bien peu différents de certains autres que j'ai attribués à Bel, minimus Lister. Au surplus, il est peut-être bon de rappeler que Duval-Jouve (*) réunit Bel. minimus à BeL semicanaliculatus, et que Pictet (=•) n'est pas loin de partager cette manière de voir.
En somme, la revision de toutes les belemnites de ce groupe serait un travail bien utile, mais il faudrait d'autres matériaux que ceux dont je dispose.
Gisement. — Albien du Dj. Oust du Bargou. Le type provient de l'Ootatoor. Cette espèce a été également mentionnée à Madagascar.
Fig. 158. - Bel. {Hibolites) stilus Blanford. Albien du Dj. Oust du Bargou .
(i) C'est par erreur que ces auteurs attribuent à Stoliczka la paternité de celte espèce, ainsi que de Bel. seclusus. Tout ce qui concerne les belemnites et les nautiles a été fait par Blanford ; Stoliczila a seulement ajouté quelques remarques à la fin du volume.
(2) Duval-Jolve : Bélemn. Crét. inf., p. 75.
(3) Pictet : Sainte Croix, p. io/|.
4to études de paléontologie tunisienne
Belemnltes (HIbolltes) ultlmus d'Orbignt
1846. Belemnites ultimus d'Orbigny : Pal. Univ., p. 347 C),
1853. Id. Sharpe: Foss. Moll. Chalk, p. 3, PI. I, fig. 17.
1876. Id. ScHLûTER : Gepb. d. ob. Kreide, p. 184 (64), PI. LU, fig. 1-5.
1903. Id. Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 68, 70, 71, 72, 73, 81.
1906. Id. Boule, Lemoine et Thévenin : Céph. Diégo-Suarez, p. 5, PI. I, fig. 1-3.
Bel. ultimus est encore une espèce qui demanderait à être mieux caractérisée. Elle otîre un rostre cylindrique sur presque toute la longueur et quelque peu aplati latéralement au voisinage de l'alvcole (tandis que, dans Bel. minimus, Talvéole a une section circulaire). Du côté postérieur, elle est généralement mucronée. Le sillon ventral est bien marqué, mais très court.
Gisements. — Cénomanien. Mrhila (Foum el Guelta, A. Nakhla), Rebeiba (ben Habbes), Trozza, Serdj (Zriba, entre Foum Zelga et F. el Afrit), Pont du Fahs.
(i) D'Orbignt renvoie à une PI. LXV {ûg. 9-i3| qui semble n'avoir jamais paru. Schluter nous apprend qu'elle manque dans les deux exemplaires de cet ouvrage qu'il a pu consulter. D'autre part, l'exemplaire de la Sorbonne (qui vient de d'Orbiguty lui-même) ne renferme pas non plus celle planche.