‹ Etudes de pathogenie et de semiotiqueChapitre 20 sur 111 · EXCITATION ET EXCITABILITÉ · texte numérisé non relu

EXCITATION ET EXCITABILITÉ

crampes tétaniques {crampe réflexe de Ludwig) ; c'est ce qu'on observe aussi, toutefois, avec des caractères moins accusés darfs les mouvements réflexes pathologiques, produits par les lésions phlegmasiques de l'axe rachidien, de sorte que l'on peut formuler cette proposition générale : les mouvements réflexes déterminés par l'accroissement anomal de la force cxcito-motrice de la moelle, ont la forme de crampes tétaniques, tandis que ceux qui sont produits simplement par l'excitation périphérique d'une fibre sensible, ont la forme de mouvements associés et coordonnés, résultant de la contraction et du repos alternatifs de plusieurs groupes musculaires. Ce n'est pas là, du reste, le seul caractère qui distingue ces deux sortes de phénomènes; il en est deux autres qui ne sont pas moins importants. La crampe réflexe persiste avec la même force, aussi longtemps que la force excito-moirice n'est point épuisée par son exagération même; de plus, l'intensité et la généralisation des phénomènes sont en rapport direct avec l'accroissement de l'excitabilité du centre spinal, mais elles n'offrent plus aucune relation avec l'intensité de l'excitation périphérique; il suffit en eff"et du plus léger attouchement pour déterminer des crampes réflexes générales.

Il est hors de doute, depuis les expériences de Stannius et de Meyer (1), si souvent répétées dans ces dernières

(1) stannius, Iwei Reihen physiologischer Versuche. Rostock, 1851. — Miiller's Archiv, 1837 et 1852.

Meyer, Ueber die Nalur des durch Slrychnin erseuglen Tétanos (Henle's und Pfeuler's Zeitschrifl, V).

Comparez :

Spiess, Phyaiologie des Norvensyslems. Braunschweig, ISlili. Martin-Magron et Buisson, Note sur les cU'els comparés du curare et de

aniiéés, que les substances toxiques qui ont la propriété d'exagérer la force excilo-molrice de la moelle, agissent directement sur ce centre nerveux, et non pas sur les nerfs moteurs qui en émanent. Le poison est sans effet si on l'applique immédiatement et uniquement sur un cordon nerveux moteur , et d'ailleurs chez l'animal empoisonné par la strychnine, si l'on coupe toutes les racines motrices d'un membre, cette extrémité cesse de prendre part aux mouvements tétaniques, quoique ses nerfs soient baignés, comme la moelle elle-même, par le sang chargé du principé tôiique. D'un autre côté, il est bien certain que les mouvements ainsi produits sont des mouvenls réaexes, car, si sur une grenouille empoisonnée on coupe les racines sensibles d'un membre, on ne peut plus déterminer la crampe tétanique par l'excitation de ce membre. Enfin, ce n'est pas parce que les nerfs sônsibles sont devenus plus irritables sous l'influence du poison que les phénomènes réflexes sont ainsi exagérés, car dans les stades ultérieurs de l'empoisonnement, lorsque l'animal est dans un état de mort apparente, il faut employer des excitants de plus en plus énergiques pour reproduire l'acte convulsif (Schiff) (J). Ainsi donc, la substance toxique agit directement sur la moeUe à laquelle elle est apportée par le sang, nous n'avons plus maintenant qu'à rechercher sur quelle

la strychnine {Comples rendus de VAcad. dos se, 1859). — Aclwn comparco du curare cl de l'exlraU de noix vomiquo sur l'dconomie animale [Leçons de physiologie, iSbd).

Van Dcen, Ein lieilracj sur Mherisalion (Kroricp's Noiizen, 18 J/).

Reclam, Uoberdio Wirkung der eingealhmelen DilmpfevonSchwefelalhcr {Zeilschrifl fur ration. Medicin, 1847).

(1) Schiff, loc cil,

ACTION DE LA STRYCIINllNE. lôO

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