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DÉFINITION DE LA PARAPLÉGIE

paraplégie n'étant qu'une forme spéciale de paralysie, il importe d'être parfaitement fixé sur le sens précis de ce dernier terme. Or, il y a longtemps déjà que le savant professeur Monneret a montré l'insufTisance de cette définition vulgaire, la paralysie est l'abolition du mouvement et du sentiment.

« On a lieu d'être surpris, dit-il avec toute raison, que les vices de cette définition n'aient pas encore été signalés, et que l'on s'en soit contenté jusqu'à ce jour; si on l'acceptait, on devrait appeler paralysie l'immobilité d'un membre, dont toutes les jointures sont atteintes de rhumatisme, de goutte, ou soudées par l'effet d^une maladie des surfaces articulaires. On appellerait encore paralysie, l'immobilité d'un doigt ou d'un membre, dont les tendons sont détruits par la gangrène. Il y a plus, un membre frappé de contracture serait dit paralysé, puisque ses mouvements sont abolis ou impossibles (1). »

Ces remarques sont parfaitement justes, et le vice de la proposition incriminée provient d'une erreur trop fréquemment commise : en disant que la paralysie est l'abolition du mouvement et du sentiment, on se borne à énoncer un effet, sans se préoccuper des conditions variables qui peuvent produire cet effet, et conséquemment sans distinguer entre ces conditions, celles qui appartiennent véritablement à la paralysie et celles qui y sont étrangères.

En d'autres termes, la paralysie est bien l'abolition du mouvement, mais toute abolition du mouvement n'est

(1) Monneret etFleury, Compendium de médecine, VI. Paris, 1845.

212 PATIIOGÉNIË DES PARAPLÉGIES.

point une paralysie ; la définition proposée pèche par excès de généralisation, elle embrasse un trop grand nombre de faits.

De Haën avait formulé cette distinction en termes on ne peut plus nets : Error damnosus non tantum theoriœ sed et praxi dum medici jjaralysin vocant omnem mor-

bum in quo musculus moveri non jiotest Ergo para-

lysis non est omnis impotentia insuper abilis motus musmli, sed est impotentia insuperabilis motum exercendi in musculo, una cum flexibili laxitate (1).

On le voit donc, il importe de séparer entre toutes les impuissances motrices celles qui sont réellement du domaine de la paralysie; la définition, pour être rigoureuse, doit comprendre toutes ces dernières, mais elle doit exclure toutes les autres. Il sera facile, ce me semble, d'atteindre le but, si l'on reste fidèle aux conditions que la logique impose à toute définition, et si l'on caractérise la paralysie par le genre prochain et la différence spécifique. Guidé par ces principes, et désignant pour la rapidité du langage Vimpuissance motrice sous le nom générique d'akitiésie, et ïimjmissance sensitive sous le nom générique d'anesthésie , je me suis arrêté aux définitions suivantes :

Dans la sphère de la motilité, la paralysie est une akinésie coinplète ou incomplète (genre prochain) résidtant d'une ^perturbation dam l'innervation motrice (difrence spécifique).

Bans la sphère de la sensibilité, la paralysie est une anesthésie complète ou incomplète (genre prochain)

(1) De Haën, Prœlecliones in II. Boerhaavii Insliluliones, II. Coloiiia: Allobrogum, 178/i,

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