‹ Etudes de pathogenie et de semiotiqueChapitre 41 sur 111 · II. Les paraplégies ischémiques · texte numérisé non relu

II. Les paraplégies ischémiques

ITI. Les paraplégies dyscrasiques. IV. Les paraplégies fonctionnelles.

Ces divisions sont rigoureusement déduites des conditions nécessaires à l'action physiologique de la moelle, et cette classification, qui embrasse la totalité des faits, est basée sur le processus pathogénique.

Paraplégies organiques.

Les faits qui rentrent dans cette première classe, sont à la fois nombreux et dissemblables, mais ils présentent un caractère commun qui les relie naturellement entre eux : la condition pathogénique de la paraplégie est une lésion matérielle qui intéresse la moellC; soit primitivement, soit secondairement, et qui a pour effet d'interrompre plus ou moins complètement les voies de transmission qui unissent le cerveau aux racines motrices des membres inférieurs.

Je trouve dans la thèse de Cramer, soutenue à Gôttingen, en 1760, antérieure, par conséquent, au mémoire de Jean -Pierre Frank, et même au travail de Lud

PARAPLÉGIES ORGANIQUES. 219

wig (1), une proposition qui expose le mécanisme de ces paraplégies avec une netteté et une précision que ne désavouerait pas la physiologie contemporaine : « Sublato commercio medullœ spinalis et nervorum cum encephalo, per discissionem, dilacerationem, cmnpressionem, ligaturam, etc., motus voluntarios et sensationes illarum partium evanescere, quœ a medulla spinali nervos suos accipiunt, et ad quas nervus affectus tendit ; ita tamen ut payâtes, quœinfra nervum lœsum positœ sunt, tantum afficiantur, quœ vero supra locum lœsum sunt, illibatœ maneant. »

Les altérations qui donnent naissance à ces paraplégies, peuvent être divisées en trois groupes, selon qu'elles occupent l'enveloppe osseuse, les enveloppes membraneuses ou le tissu même delà moelle. Cette séparation, je ne l'ignore pas, a quelque chose d'artificiel parce que ces lésions restent rarement limitées dans leur siège primitif, et surtout parce que bon nombre d'entre elles occupent d'emblée et simultanément plusieurs de ces parties contiguës ; mais cette raison ne m'a pas semblé suffisante pour me faire rejeter une division, qui n'est pas sans avantages dans un sujet aussi complexe. J'indiquerai donc, en les rapportant successivement aux trois groupes précédents les conditions diverses des paraplégies organiques, après quoi je m'occuperai de deux altérations qu'il est vraiment impossible d'étudier isolément dans les méninges et dans

(1) Cramer, Dissertatio de paralysi el selaceo7'im adversus eam eximio usu. GottingaB, 1760.

Ludwig, Programma de paraplexia el fractura vertobrarum. Lipsiœ,

i. P. Frank, loc. cit.

220 TATIIOGÉNIE DES l'ARAPLÉGIES.

la moelle, savoir : la congestion et l'hydropisie méningospinales. On sait d'ailleurs que celle classe de paraplégies est celle qui présente le moins de diflîcullés au point de vue de l'interprétation palhogénique, aussi passcrai-je rapidement sur la plupart de ces conditions, dont le mécanisme n'offre aucune obscurité.

Lésions de l'knveloppe osseuse. — De toutes les causes de paraplégie, les plus anciennement connues sont les lésions traumatiques de l'épine, fractures ou luxalions; et sans remonter aux observations des médecins de la Grèce et de l'Italie anciennes, sans invoquer même les faits contenus dans le Sepidchretum et dans les recueils des Curieux de la Nature, je rappellerai que la paraplégie par lésion du canal vertébral donnait lieu dès la première moitié du dix-huitième siècle à des dissertations spéciales, tandis que l'histoire |des paraplégies par lésion spontanée de la moelle ou de ses enveloppes, était encore environnée de la plus complète obscurité. Ainsi Deggeler (1), en 1707, en étudiant le mécanisme et les effets des luxations des vertèbres, signalait la paralysie des m.embres inférieurs parmi les accidents possibles de la lésion, et Cuënotte (2), rapportait un peu plus tard, avec les détails les plus circonstanciés, l'histoire d'un individu qui avait été affecté de paralysie complète du mouvement et delà sensibilité dans les membres inférieurs, à la suite d'une subluxation delà dernière vertèbre dorsale;

(1) Deggeler, Dissertalio do luxalione vericbrarum. Allorf. 1707.

(2) Cu'cnolle, Dissertalio medico-chirurgica sislcns casum sublu.Tationis vortebrœ dorsi cum fractura compUcatœ, jjost faclam reposilionem et varia dira sywptomata duodecima dcn}im seplimana fiineslœ. Argenlorati. 1761.

Page 1