LÉSIONS DU CANAL VERTÉBRAL
d'une fille de seize ans, chez laquelle une paralysie mo- Irice des quatre membres fut produite par une tumeur osteo-périoslique, qui, née de la quatrième vertèbre cervicale, s'étendait par en haut jusque sur le corps de la troisième, et descendait jusqu'au niveau de la sixième. D'après Copland, il faudrait encore ranger parmi les altérations vertébrales capables de donner lieu à la paraplégie, l'ossification des ligaments intervertébraux; sous cette forme, l'assertion n'est pas acceptable; si cette ossification devient une cause de paraplégie, c'est parce qu'elle donne lieu à une production exubérante qui comprime la moelle, mais alors ce n'est pas l'ossification des ligaments qui est en cause, c'est l'exostose consécutive.
On sait quelle importance ont donnée à cette forme de paraplégie les travaux contemporains sur les altérations syphihtiques des os et des tissus fibreux; cependant, ces lésions atteignent beaucoup plus rarement les vertèbres que les os du crâne, et le nombre des autopsies est encore trop peu considérable pour que l'on puisse être fixé, même approximativement, sur la fréquence de ces altérations dans le squelette vertébral. Ainsi, dans la plupart des observations rapportées comme exemples d'exostose ou de périostose syphihtique, il ne s'agit après tout que que d'un diagnostic probable ; de ce que la péraplégie a disparu sous l'influence d'un traitement spécifique, il
oberslen Dorsalsiiickes des Ruckenmarics {l^'iener med. Wochenschrifl, 18G4).
Black, Malignanl Diseases of cervical Vertebrœ {Med. Times and Gaz., 1864).
Bauer, Poslerior Curvalwe of ihe Spine ; Paraplegia {American med. Times, 1864).
W4 P.VTllOnÈNlE DES PARAPLÉGIES.
s'ensuit, je le veux bien, que celle paraplégie était dô nature syphilitique; mais il n'en résulte pas le moins du monde, que la condition organique de la paralysie fût vraiment une tumeur osseuse ou périoslique. Dans quelques cas, cependant, la tumeur, en raison de son siège, est accessible à l'examen, du vivant du malade. Ainsi, chez le vieux soldat dont Minich a publié l'histoire, il y avait au niveau de la seconde vertèbre dorsale une saillie douloureuse, qui a pu être rapportée à bon droit à une exoslose syphilitique, lorsqu'on a vu l'iodure de potassium amener la guérison de la paraplégie; de même dans le fait de Piorry, on avait constaté une production exubérante (périostose ou exostose) sur l'apophyse transverse gauche de la troisième vertèbre lombaire ; au bout d'un mois, pendant lequel on avait administré l'iodure potassique et le protoiodure mercuriel, les accidents paralytiques disparaissent en même temps que l'apophyse reprend ses dimensions normales; ici encore, la conclusion est parfaitement légitime (1)
Mais ces conditions, si favorables pour le diagnostic, sont exceptionnelles, et il est bon d'en être averti ; car si l'on acceptait, sans réserve aucune, tous les cas de paraplégie qui ont été rapportés à une exostose ou à une périostose 'probable de la colonne vertébrale, on arriverait nécessairement à cette conclusion, que les tumeurs ostéopériostiques sont la cause pathogénique la plus ordinaire de la paraplégie syphilitique; or cette conclusion serait
(1) Minich (de Padoue), Exosloso de la deuù:îème verlèbre dorsale, etc. {Annales de Ihérapeulique, V) ; cité par Gros et Lancereaux.
Piorry, Périostose ou exoslose, scialique, paraplégie (Monil. des hôpi' taux, I) ; cité par Gros et Lancereaux-