LÉSIONS DU CANAL VERTÉBIUL
au moins prématurée, car il est un autre genre d'altération osseuse qui peut déterminer la paralysie, c'est la carie vertébrale, dont Dupuytren, Monlfalcon et Leprestre ont rapporté des observations avec examen nécroscopique (1).
Dans le fait d'Yvaren (2), la guérison a eu lieu, mais les caractères des lésions observées rendaient vraiment l'autopsie inutile ; chez la jeune fille qui est le sujet de cette observation, le sacrum était carié, les chairs qui le recouvrent étaient dévorées par un vaste ulcère, le corps était couvert de tubercules ulcérés. Le mercure à l'intérieur et à l'extérieur triompha à la longue des symptômes vénériens et de la paraplégie.
D'autre part, si l'on veut se faire une juste idée de la fréquence de la paraplégie syphilitique par carie vertébrale, il est essentiel de consulter aussi ce que les auteurs du dernier siècle ont écrit sur le rachitisme de l'épine ; en raison de la confusion qui régnait alors sur l'histoire des lésions osseuses, ils ont souvent rapporté à la maladie de Glisson des altérations que l'âge et les antécédents des malades nous permettent d'attribuer, en toute sécurité, à la carie ou à l'ostéo-myélite syphilitique. Ces lésions osseuses sont devenues d'ailleurs beaucoup plus rares depuis que les médecins ont appris à manier avec plus
(1) Les observations de Leprestre, de Dupuytren et de Montfalcon sont rapportées par Gros et Lancereaux sous les numéros 2/11, 2A2, 2lili.
Gros et Lancereaux, Des affections nerveuses syphilitiques. Paris, 1861.
(2) Yvaren, Des métamorphoses de la syphilis. Paris, 185/i. Comparez :
Allain, Compression de la moelle épinière par une ou plusieurs cxoslosos syphilitiques {Monit. des hûpil., 1858).
Passavant, Syphilitische Ldhmungcn {Virchow's Archiv, XXV. 1862).
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de prudence les préparations mercurielles , et depuis que la thérapeutique s'est enrichie de la médication iodurée.
S'il fallait en croire Lieutaud, Morgagni, Portai et Frank, je devrais ajouter à ce premier groupe d'altérations les lésions produites par la goutte dans les os et dans les ligaments de la colonne vertébrale. Je ne nie point la possibilité du fait ; mais jusqu'à plus ample démonstration, il me semble que nos connaissances actuelles sur la composition et l'évolution des concrétions arthritiques ne permettent pas d'admettre la carie vertébrale goutteuse, telle que l'entendaient les auteurs que je viens de citer ; si j'ajoute que Barthez l'a niée d'une façon absolue, que Scudamore n'en fait pas môme mention, que Cruvsilhier, Brodie, Todd, Budd et Garrod, qui ont si bien étudié les dépôts osseux et articulaires de la goutte, ne disent pas un mot de la prétendue carie goutteuse, je pense que j'aurai pleinement justifié mes réserves.
Je ne puis quitter ce sujet sans rappeler cette singulière forme de paraplégie qui résulte d'une compression exercée sur la moelle par le canal rachidien trop étroit. Le fait est extrêmement rare, et le cas de Portai est le seul dont j'aie connaissance. Le canal de la dernière vertèbre dorsale et des deux premières lombaires était diminué de moitié, et la surface interne était rendue rugueuse par de nombreuses éminences osseuses très-peu considérables (1).
Lésions des enveloppes membraneuses. — Les premiers observateurs qui suivirent J. P. Frank dans la voie
(1) Portai, Cours d'anatomie médicale. Paris, 180û.