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LÉSIONS DES MÉNINGES

qu'il avait ouverte, n'ont pas distingué entre les lésions des méninges et les lésions de la moelle; ainsi, Vogel, Hiifner (1), se sont bornés à étudier en bloc les effets de l'inflammation de la moelle, comprenant sous ce chef et la phlegmasie des enveloppes et celle de l'organe luimême; mais,dés 1810, l]ergamaschi(2) décrivaitisolément l'inflammation de la moelle épinière et celle de ses membranes, et cette distinction, qu'il fondait principalement sur l'anatomie pathologique, était cliniquemenl étabhe et démontrée quelques années plus lard par Parent-Duchatelet. Martinet et Ollivier (3) en même temps qu'Albers (li) portait l'analyse jusqu'à son extrême hmite, et cherchait à isoler et à différencier la phlegmasie de la dure-mère, celle de l'arachnoïde et celle de la pie mère. Cette tentative hasardeuse n'a pas été couronnée de succès, mais elle a contribué efficacement à individualiser les lésions des méninges à côté de celles de la moelle.

Bien qu'il soit rare de trouver les méninges altérées sans lésion simultanée de la moelle, cependant, des observations bien positives élabhssent la réalité du fait, et nous éclairent en même temps sur le mécanisme palhogénique de la paraplégie dans les cas de ce genre. On peut formuler à cet égard un principe général qu'il est bon de ne pas perdre de vue;lamoelleétantsaine, les lésions des mé-

(1) Vogel, Ilandbuch der prakUschen Arzncikunde.Leipzlg, 1795. Hiifner, Dissertalio de meduUœ spinalis inflammalione. Marburgi, 1799.

(2) Bergarnaschi, Osservazioni- suUa inflammazione délia spinale midolla e délie sue membrane. Pavia, 1810.

(3) Paient-Duchatelct et Martinet, Recherches sur l'inllammation de l'arachnoïde cérébrale et spinale. Paris, 1821.

Ollivier, loc. cit.

(4) Albers, Perimeningilis medullœ spinalis {Journ. fiir Chirurgie und Augenheilkunde, XIX).

228 PATIIOGÉNIE DES PARAPLÉGIES.

ninges, quelle qu'en soitli nature, ne peuvent délerminerla paraplégie que par compression. C'est pour cela que flans les méningites la paralysie est un phénomène tardif-, elle ne se développe que lorsque la plilegmasie a produit dans les membranes des dépôts liquides ou membraneux, qui exercent sur le tissu nerveux sous-jacent une compression suffisante pour en altérer la conductibilité. C'est aussi pour cela que dans les épanchements méningés, et, notamment, dans l'hématoracbis, la paraplégie est contemporaine de l'épanchement pour peu qu'il soit abondant; c'est pour cela, en revanche, que certaines tumeurs des méninges pourront, suivant leur siège, leur grosseur et leur mode de développement, rester des mois ou des années avant d'amener aucun phénomène paralytique dans les membres inférieurs.

Ces principes, je le répète, ne sont vrais que pour les lésions isolées des enveloppes; si une altération phlegmasique, par exemple, occupe d'emblée et les membranes et la moelle, il est clair que le tissu nerveux directement touché perdra ses propriétés fonctionnelles, avant même d'être soumis à aucune compression extérieure.

Méningites. — De toutes les lésions des méninges qui produisent plus ou moins rapidement la paraplégie, la plus fréquente est la méningite dans ses diverses formes. Qu'elle soit purulente, exsudative ou néo-membraneuse (pachyméningite), qu'elle soit aiguë ou chronique, elle peut exister seule, et amener la paraplégie par le mécanisme que je viens d'exposer ; un travail de Reeves- (1) nous permet d'apprécier, au moins approximativement,

(1) Reeves, Diseases of the Spinal Covd., I. Spinal Meniiigilis attd ils Complicalions {Monlhly Journ, ofmod. se, 1855).

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