MÉNINGITES. 22Q
la Iréquence relative de ces cas simples, comparés aux cas plus complexes, dans lesquels la moelle cl ses enveloppes sont simultanément alleinles. Sur trente-neuf cas, l'observateur anglais a constaté l'inflammation isolée de l'arachnoïde huit fois, l'inllammation simultanée de cette membrane et de la pie-mère, ou la phlegmasie de cette dernière seulement, onze fois; chez sept malades, il y avait raéningo-myélite ; enfin, dans treize cas, la méningite spinale coexistait avec une méningite cérébrale.
Une étude de pathogénie et de sémiolique ne comporte pas de descriptions anafomo-palhologiques, à moins que ces descriptions ne soient indispensables pour l'intelHgence du processus morbide ; je n'ai donc pas à décrire les caractères anatomiques de la méningite, pas plus que je n'avais à étudier, il y a un instant, les fractures et les luxations des vertèbres ; mais je crois rester fidèle au plan général de mon travail en consignant ici deux faits, dans lesquels la paraplégie a été le résultat d'une lésion méningée extrêmement rare, si tant est qu'elle ait été déjà signalée.
Un homme sur les antécédents duquel on ne put obtenir aucun renseignement, avait été reçu à l'hôpital pour une paraplégie à laquelle il succomba au bout de quelques semaines. A l'autopsie, on a trouvé dans les espaces intercostaux, tout près de la colonne vertébrale, une série d'abcès, contenant chacun de une à deux onces de pus; les troncs nerveux sortant pur les trous intervertébraux étaient littéralement baignés dans le pus; il existait, en outre, d'innombrables {sic) abcès dans le psoas elles muscles sacro-spinaux. Lorsqu'on eut ouvert le canal vertébral, on vit la dure-mère recouverte d'une couche
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de liquide purulent ; la cavité de l'arachnoïde était également remplie de pus, qui avait fusé jusque dans l'encéphale. La moelle n'était pas enflammée, et le tissu sousarachnoïdien était sain.
Cette observation a été communiquée par Simon à la Société pathologique de Londres ; l'auteur pense que la suppuration a commencé dans le sac de l'arachnoïde (1).
L'autre fait appartient à William Ogle (2). Après une maladie qui dura six années, un ouvrier fort adonné à la boisson succomba dans un état typhoïde avec une paralysie des quatre membres, plus marquée, toutefois, dans les membres inférieurs, et une anesthésie complète de presque toute la surface du corps. L'autopsie a révélé les altérations suivantes : derrière le chiasma des nerfs optiques , sous l'arachnoïde, existe une masse solide d'apparence fibrineuse qui unit et confond les vaisseaux et les nerfs; la glande pituitaire est indurée et infiltrée de produits de même nature. Les ventricules latéraux sont remplis d'une sérosité limpide, les parties baignées par elle sont un peu ramollies, mais le reste de l'encéphale est sain. Les vertèbres et les méninges sont intactes ; l'arachnoïde est seulement un peu opaque et unie de distance en distance à la pie-mère par des adhérences. Mais dans la région cervicale inférieure, et dans la partie supérieure de la région dorsale, les racines nerveuses antérieures et postérieures sont
(1) Simon, Suppurative Inf animation of Ihe spinal Theka {Med. Times ^ and Gaz., 1855).
(2) W. Ogle, Case of Anœsthcsia etc. Iraceable to Ihe efj'ecls of effused Products wilhin ihe Spinal Canal iipon the varions spinal Nerves{Proceed. of Roy. Med. Chirurg. Society, 1860).