‹ Etudes de pathogenie et de semiotiqueChapitre 50 sur 111 · INFLUENCE DU SIEGE DES LÉSIONS · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU SIEGE DES LÉSIONS

Influence du siégo des lésions sur la produetion de la paraplégie.

Les lésions si nombreuses que je viens de passer en revue, donnent-elles toujours naissance à la paraplégie? Telle est la question que je dois examiner. La réponse est évidemment négative ; les notions que nous possédons sur l'anatomie et la physiologie de la moelle épinière, nous permettent de formuler à ce sujet une loi générale, d'une extrême simplicité ; pour que ces lésions déterminent une paraplégie, il faut qu'elles intéressent le système spinal antérieur soit dans ses couches blanches, soit dans ses couches grises. Il n'est pas besoin que ces deux ordres d'éléments nerveux soient atteints simultanément; une lésion portant uniquement sur les cordons blancs antérolatéraux amènera la paralysie des membres inférieurs, et il en sera de même d'une altération qui siégera dans les couches grises antérieures, sans compromettre en rien l'intégrité des cordons blancs. Toutefois, la physiologie indique entre ces deux ordres de faits une différence, qui a été confirmée par l'expérimentation et par l'observation clinique. Pour accomplir la transmission kinésodique dans l'intérieur de l'axe spinal, la substance grise n'a pas besoin du concours des fibres blanches, tandis que cellesci ne peuvent conduire l'impulsion motrice dans toute la longueur de la moelle, sans la participation des éléments gris; de là résulte qu'une lésion isolée des couches grises antérieures produira constamment la paraplégie, tandis qu'une altération isolée des couches blanches n'aura cet effet que si elle les intéresse dans une certaine étendue,

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et si elle l'rappe en même temps les filets originels des racines antérieures. Les travaux do Tûrck justifient celle proposition, et d'un autre côté une ancienne observation d'Ollivier suffirait pour démontrer l'inlluence d'une lésion isolée de l'axe gris sur la production de la paralysie.

Celte observation (la ^ 24" de l'édition de 1837) concerne un coffretier de trente-buit ans, qui éprouva d'abord du froid et de l'engourdissement dans le doigt indicateur de la main gauche, et plus lard dans les deux membres supérieurs; au bout d'un an, engourdissement des extrémités inférieures suivi de leur paralysie; persistance d'un sensibilité obtuse, contracture permanente des quatre membres. Mort dans la huitième année. A l'autopsie, disparition de toute la substance grise ; la moelle forme un long canal résultant du rapprochement des quatre cordons de substance blanche qui la composent. 11 y aurait déni de justice à ne pas rappeler, à propos de ce fait, qu'OUivier est le premier observateur qui ait signalé le rôle fonctionnel de la substance grise de la moelle. « J'ai avancé, contrairement à l'opinion de plusieurs physiologistes, dit-il, que la substance grise centrale n'était point aussi étrangère à la production du mouvement et de la sensibilité, qu'on a cherché à l'établir d'après diverses expériences et quelques faits d'anatomie comparative; j'ai dit qu'elle partageait avec les faisceaux de substance blanche auxquels elle correspond, la propriété départie à chacun d'eux, et que les connexions réelles des nerfs rachidiens avec la substance grise venaient à l'appui de cette opinion. L'observation qui précède justifie donc pleinement cette manière de voir, puisqu'il y avait ici paralysie do mouvement et de la sensibilité, et que la

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