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DE LA THÉORIE DES PARAPLÉGIES DITES RÉFLEXES

précédemment; c'était donc pour nous un sujet de surprise qu'on eût pu voir ces vaisseaux se contracter, » et plus loin, à propos de la contraction unilatérale : « les vaisseaux existants se ramifient sans aucune délimitation d'un côté à l'autre de la moelle. »

Les résultats annoncés par Brown-Séquard ne peuvent donc pas être acceptés comme constants, et en présence des observations contradictoires de Gull, il faut bien admettre que la contraction vasculaire vue par Brown a été l'effet d'une coïncidence fortuite. Je n'ai pas répété cette expérience, mais depuis trois ans j'ai ouvert bien des fois le canal rachidien dans mes autopsies, dans le but exprès d'apprécier exactement la disposition des vaisseaux de la pie-mère et de la moelle chez l'homme, et je dois dire que mes observations sont fort analogues à celles qu'a faites Gull sur les chiens et les lapins, notamment en ce qui concerne la rareté et la petitesse des vaisseaux artériels, et leur communication facile d'un côté à l'autre de la membrane vasculaire. Tout récemment encore, ayant eu l'occasion d'examiner l'appareil spinal d'un homme qui avait succombé à une atrophie musculaire progressive, et chez lequel les enveloppes de la moelle étaient le siège d'une hypérémie intense, portant à la fois sur le système artériel et sur le système veineux, j'ai pu faire constater aux élèves du service les particularités que je viens de noter, et je leur ai fait voir en outre de la manière la plus nette, comment sous l'influence de la simple pression du doigt le sang passait des vaisseaux d'un côté dans ceux du côté opposé, des vaisseaux inférieurs dans les supérieurs.

Telles sont les objections que soulève en elle-même

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l'hypothèse de lu contraction vasculaire. Acceptons la cependant comme possible, puisque Brown l'a constatée, et nous serons arrêtés par des difficultés bien plus grandes encore, si nous soumettons à une appréciation rigoureuse les rapports que suppose la théorie entre celle contraction des vaisseaux et la paraplégie.

Cette contraction doit être permanente, tout au moins doit-elle durer autant que la paralysie elle-même, c'est-àdire des semaines ou des mois; cette première condition est absolument contraire à tout ce que nous savons des actions nerveuses ; partout l'épuisement est le résultat d'une activité anormale, et pour nous en tenir aux vaisseaux, partout et toujours la dilatation passive ou par épuisement, succède à la contraction active; elle y succède d'autant plus rapidement que l'excitation initiale est plus intense.

Le fait a même été observé expérimentalement pour les artères de la pie-mère cérébrale, chez le lapin. Donders et van der Becke Callenfels ont vu l'excitation artificielle du sympathique cervical déterminer une contraction évidente de ces vaisseaux mis à nu; mais à ce premier elTet succédait immédiatement une dilatation énorme (1).

S'il existait réellement une ischémie permanente delà moelle, l'organe devrait présenter au bout d'un certain

(1) Donders, Bijdrag op het gebied der hœmodynamica (Versl. en mededeel von de K. Akad. van Wetensch., 1855).

Van der Becke Callenfels, Ondersoekingen ged. in hcl physiol. Laboratoriim de Ulrechl Hoogesch., 185/i-1855. — Ueber dcn Einfluss der vaso-nwlorischen Nerven auf den Kreislaiif und die Tempcralur (Hcnle's und Pfeufer's Zeilsch, Neue Folge, Vil).

Voyez aussi :

Funlic, Lehrbnch der Physiologie. Leipzig, 1860.

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