TRANSMISSION DES EXCITATIONS MOTRICES. ÔÔ
lient que la section des cordons blancs antérieurs n'empêche pas la production des mouvements volontaires ; or, comme la section des cordons postérieurs, de l'aveu de tous les physiologistes, est sans effet quant à la transmission des excitations motrices, il ressort de ces faits la démonstration péreraptoire de nos deux premières conclusions; la substance grise conduit les impulsions volontaires, et elle n'a pas besoin pour accomplir cette fonction de l'intégrité des cordons blancs. D'autre part, les recherches des observateurs que je viens de citer, celles qu'avaient déjà faites avant eux Kùrschner et van Deen (1 ), étabUssent que les cordons antérieurs doublés de leur couche grise, transmettent parfaitement l'incitation motrice ; aucun doute possible en conséquence sur la légitimité de notre troisième proposition. Je n'insisterais pas plus longtemps pour justifier la dernière, qui a trouvé elle aussi sa sanction expérimentale (van Deen, Kiirschner, Stilling), si Longet (2), qui soutient encore aujourd'hui la conductibihté propre et indépendante des cordons antérieurs, n'invoquait à l'appui de son opinion une expérience de Schift', qu'il regarde comme décisive ; or, je crains que le savant physiologiste français n'ait un peu exagéré la portée de cette observation, car il lui attribue une valeur plus absolue que Schiff lui-même (3). Mais rappelons d'abord les détails de l'expérience.
Sur des mammifères et notamment sur des chats, Schiff enlève les cordons postérieurs au niveau des premières vertèbres dorsales, puis il coupe en travers la substance
(1) Kùrschner, van Deen, loc. cit.
(2) Longet, Traité de phijsiologie. Varis, 1800.
(3) Schiff, loc. cil., 1858.
grise en prolongeant cette section au delà des cornes antérieures. Il a répété celte opération un grand nombre de fois, et voici ce qu'il a vu : en général, la conductibilité motrice était complètement et définitivement perdue, mais dans des cas heureux les membres postérieurs ont présenté des secousses, tandis que l'animal exécutait avec ses membres antérieur^ des mouvements volontaires; ces secousses étaient surtout marquées au niveau des articulations du pied et des orteils; ces contractions, dont les membres postérieurs étaient le siège, pouvaient être regardées comme volontaires, parce qu'elles ne se produisaient pas sans mouvements des membres antérieurs, parce qu'elles ne duraient pas plus longtemps que ces derniers, parce que lorsqu'on ouvrait la porte de la chambre, l'espoir de la fuite, activant chez les chats les mouvements antérieurs, ceux des membres postérieurs croissaient également en force.
Quiconque se rappellera la disposition anatomique des cornes antérieures et leurs rapports avec la substance blanche, devra convenir qu'il est peu d'opération aussi difficile à réaliser, que celle qui consiste à retrancher la totahté des éléments gris, et cela sur l'animal vivant; mais n'importe, passons outre et admettons sans arrièrepensée que toute la substance grise a été bien et dûment coupée, l'expérience ne prend pas pour cela la signification que Longet lui a donnée. Elle prouve simplement que les cordons antérieurs privés de substance grise peu vent conduire les excitations volontaires pendant tme courte distance, c'est-à-dire au niveau des points où la substance centrale a été enlevée; mais elle ne prouve point que les cordons, ainsi dépouillés, puissent conduire