‹ Etudes de pathogenie et de semiotiqueChapitre 7 sur 111 · TRANSMISSION DES EXCITATIONS MOTRICES · texte numérisé non relu

TRANSMISSION DES EXCITATIONS MOTRICES

les cxcilalions jusqu'aux racines antérieures, el c'est pourtant là ce qu'il faut établir pour faire accepter la conductibilité propre de ces cordons blancs. Les origines successives des fibres antérieures sur les cellules sont écbelonnées de haut en bas dans toute la longueur de la moelle, ne l'oublions pas, de sorte qu'au-dessous de la section les fibres blanches retrouvent, si je puis ainsi dire, des cellules nerveuses et rentrent dans la substance grise; celle-ci transmet dès lors, comme auparavant, les impulsions aux racines motrices des nerfs. Je le répète, pour un juge impartial, cette expérience ne démontre point du tout que les cordons aient la faculté de conduire les excitations dans toute la longueur de l'axe longitudinal de la moelle jusqu'aux racines motrices des membres inférieurs; elle prouve que dans les points où l'on a retranché la substance grise, les cordons blancs qui représentent alors une espèce de pont entre le segment supérieur et le segment inférieur des éléments gris, sont aptes à livrer passage aux excitations pendant cet intervalle, et à les transmettre de l'un de ces segments à l'autre ; c'est un chemin détourné qui supplée à l'interruption accidentelle de la voie ordinaire. Qu'on ne croie pas d'ailleurs que cetle interprétation soit une vue de l'esprit, et que je rabaisse à mon tour la valeur de l'expérience de Schiff. Le jugement qu'il en porte lui-même est de tous points conforme à l'appréciation que je viens d'en faire. « Ces recherches, dit-il, ne prouvent point que les cordons antérieurs puissent se passer totalement de la substance grise pour la transmission des impulsions motrices; elles montrent seulement que cette transmission, partie du cerveau, n'a pas besoin de l'intégrité ni même de la pré-

58i PHYSIOLOGIE DE LA MOELLE.

sence de la substance grise, pour franchir un point de la moelle distan.t des racines motrices qui doivent être excitées. Et même après ces expériences, il reste toujours cette possibilité, que les fibres longitudinales blanches, qui arrivent au renflement lombaire, s'y terminent dans les cellules grises, et n'excitent que médiatement les racines des nerfs. » J'ai montré que l'anatomie confirme de tous points cette explication.

Quant aux expériences de van Deen, citées également par Longet, je ne puis, dans l'espèce, leur accorder la moindre valeur; ces expériences, au nombre de deux, ont été faites sur des grenouilles; or, lorsqu'il s'agit d'étudier des mouvements, et de distinguer nettement entre les mouvements volontaires et les involontaires, les résultats obtenus sur les grenouilles ne sont point démonstralifs. Il me suffira pour le prouver de rappeler que chez les grenouilles décapitées, il se produit des mouvements réguliers et coordonnés, qui ont à un si haut degré le caractère de mouvements voulus et intentionnels ; que plusieurs physiologistes, et je parle des plus éminents, les regardent comme étant réellement des mouvements volontaires; tandis que d'autres n'y voient que des mouvements réflexes. Peu nous importe en ce moment la solution de cette question que nous retrouverons en nous occupant du sensorium spinal; mais il ressort de là que les mouvements observés par van Deen dans le train postérieur des grenouilles, auxquelles il avait coupé toute la moelle sauf les cordons antérieurs, ne peuvent être regardés sans hésitation comme des mouvements volontaires. Si, malgré les difficultés que je viens de rappeler, on accepte sans réserve les résultats de van Ueen, ils ne

Page 1