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DIAGNOSTIC NOSOLOGIQUE

En résumé, la connaissance de la cause spécifique est le seul moyen qui permette de distinguer entre elles les diverses variétés des paraplégies dyscrasiques et des paraplégies fonctionnelles; une seule fait exception, c'est l'akinésie saturnine, qui n'est probablement pas une vraie paralysie. Dans ce cas, la localisation de la paralysie sur les muscles extenseurs, l'atrophie rapide de ces organes, et l'absence de contractilité électrique, constituent un ensemble de signes ordinairement caractéristiques. Et même alors, cependant, un médecin affîrmera-t-il une paraplégie saturnine, s'il ne retrouve pas chez son malade d'autres preuves de l'intoxication? Je ne le pense pas; de sorte que dans ce cas encore, c'est la notion de cause qui assure le jugement; le diagnostic n'est plus physiologique, il est purement médical.

Diagnostic nosologiqiie.

Dans les paraplégies dyscrasiques et dans les fonctionnelles, le diagnostic nosologique se confond avec le diagnostic pathogénique ; une fois que la paraplégie est rattachée à une dyscrasie chlorotique, ou à une dyscrasie toxique, ou encore à l'hystérie, tout est dit, le symptôme, la condition organique et la maladie sont déterminés du même coup. Il n'en est plus de même dans nos deux premières classes, la connaissance de la condition organique n'implique point par elle-même la connaissance de la maladie; on a reconnu une paraplégie ischémique; c'est bien, mais ce n'est pas tout encore, et le médecin doit rechercher à quelle maladie se rattache l'oblitération vasculaire qui a produit la paralysie; il doit compléter sou

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diagnostic palhogénique par le diagnostic nosologique. L'obligation n'est pas moins impérieuse s'il s'agit d'une paraplégie organique. On a rapporté une paraplégie à une myélite ou à une congestion de la moelle : pour beauconp de médecins, le diagnostic est alors achevé, il est parfait ; il ne l'est pas pourtant, car il faut encore déterminer si la myélite est essentielle ou symptomatique d'un rhumatisme, par exemple, si la congestion est essentielle, ou symptomatique de la maladie hémorrhoïdaire, d'une maladie du cœur, d'une pyrexie actuelle, ou bien si elle est consécutive {sequela) à une pyrexie antérieure. A-t-on admis un ramoUissement de la moelle, on recherchera s'il appartient dans le cas particuher à une affection cardiaque, à la goutte, à la chlorose cachectique ou à la cachexie paludéenne. Cette partie du diagnostic n'est pas moins nécessaire que les précédentes; c'est elle seule qui fait du diagnostic anatomique un diagnostic médical ; il est clair que cette appréciation nosologique repose tout entière sur l'examen et sur l'étude du malade, et que les caractères de la paraplégie sont sans valeur aucune pour le jugement définitif. Je n'insiste pas davantage sur une question qui est par le fait étrangère à mon sujet; je tenais seulement à rappeler une obligation chnique qui est trop souvent méconnue.

Au moment de quitter ce sujet, je tiens à redire encore que l'élude sémiotique des paraplégies n'est pas moins importante pour la thérapeutique que pour le diagnostic; le phénomène paraplégie, en lui-même, ne fournit absolument aucune indication, souvent la notion He cause est elle-même stérile; ainsi le fait que la para-

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iysie est la conséquence d'une fièvre typhoïde, d'une hystérie ou d'un rhumatisme, n'apprend ahsolument rien pour le traitement; mais les indications surgissent dès que les conditions palhogéniques du phénomène sont déterminées, et ces conditions ne peuvent être révélées que par une analyse séraiotique complète et rigoureuse. Les indications organiques qu'elle fournit sont subordonnées, cela va sans dire, aux indications vitales tirées du malade, mais il n'en est pas moins vrai qu'elles apportent un précieux élément à la détermination thérapeutique.

« J'aimerais mieux, disait Boerhaave, un médecin qui ignorerait toutes choses, mais qui saurait la sémiotique, qu'un médecin qui, sachant toutes choses, ignorerait cette dernière. »

Ce que l'illustre médecin de Leyde disait de la science des signes, envisagée surtout comme source du pronostic, n'est pas moins vrai de la sémiologie apphquée au diagnostic et au traitement.

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