III. L'ataxie fonctionnelle
Ataxies organiques.
Toutes les lésions du système spinal postérieur ne donnent pas lieu à Tataxie du mouvement. Quelle que soit la dégradation des couches postérieures, l'ataxie fera défaut si la lésion intéresse également les couches antérieures ; alors, en effet, les voies de transmission de l'impulsion motrice sont interrompues, et il ne peut être question de désordre dans le mouvement volontaire, puisque ce mouvement n'est plus possible.
D'un autre côté, si le système postérieur n'est compromis que dans une très-petite étendue, le symptôme pourra manquer également ; en raison de la circonscription de la lésion, l'activité réflexe de la moelle n'est point atteinte dans son ensemble, les irradiations spinales restent normales, et la sensibilité peut demeurer intacte dans tous ses modes, comme je l'ai établi précédemment (1); et il en sera nécessairement ainsi, si cette lésion, circonscrite dans le sens longitudinal, l'est également dans le sens postéro-antérieur, c'est-à-dire si elle n'occupe que les cordons blancs postérieurs, sans toucher aux couches grises, non plus qu'aux racines correspondantes.
(1) Voyez page 634.
6d5 PATHOGÉNIE DE l'ATAXIE DU MOUVEMENT.
Enfin, robservation nous a appris que dans la nioelle, vu le petit volume de l'organe, les lésions à marche rapide ne restent, pour ainsi dire, jamais limitées à la région dans laquelle elles ont pris naissance. — Si l'on tient compte de ces diverses données, on verra que la lésion du système spinal postérieur ne peut déterminer l'ataxie motrice que si elle remplit les trois conditions suivantes : elle doit être limitée au système postérieur, — elle doit l'intéresser dans une longueur assez considérable (la totalité du renflement crural au moins) — elle doit présenter une marche lente.
Sclérose spinale postérieure. — Ces conditions sont toutes réalisées par la sclérose spinale postérieure, dont l'ataxie est le symptôme constant et quasi pathognomonique; dans nulle autre circonstance le phénomène n'est aussi complet, ilapparaîticiavec l'universalité de ses caractères, parce que toutes les conditions physiologiques de la coordination motrice sont également troublées; quel que soit, en efTet, le siège primitif de la lésion, elle finit ordinairement par intéresser, non-seulemçnt les cordons blancs, mais les racines postérieures, et le plus souvent même, elle envahit également les couches grises correspondantes. Sens musculaire, sens tactile, irradiations spinales, actions réflexes, tout est anéanti; aussi l'ataxie de la sclérose spinale postérieure est-elle le véritable type du genre.
De même que dans la sclérose antérieure, les méninges participent fréquemment au processus morbide , de sorte que dans bien des cas c'est une sclérose méningospinale qui est en cause ; mais comme il existe des faits dans lesquels l'altération était positivement limitée à la