SCLÉROSE SPINALE POSTÉRIEURE
moelle (1), j'ai préféré ne pas introduire dans la dénomination de cette lésion un caractère qui n'est pas constant.
Il est inutile sans doute de rappeler que cette maladie chronique de la moelle est celle qui a été décrite sous les noms de tahes dorsualis, atrophia medullœ spinalis, à une époque où l'on était moins bien éclairé sur
(1) Voyez, entre autres, l'observation 133 du livre d'OUivier ; l'observation de Horn (1833), citée plus haut.
L'observation 19 du mémoire de GuU : Cases of Paraplegia {Guy's Hos'pital Reports, 1858).
L'observation de Duménil ; Note sur la dégénérescence avec atrophie des cordons postérieurs de la moelle épinière, et ses rapports avec l'ataxie locomotrice progressive {Union médicale, 1862).
Les observations 24, 26 et 29 de l'ouvrage de Leyden, Die graue Degtneration der hinteren Riickenmarksstrunge. Berlin, 1863.
L'observation de Trousseau et Sappey [Union méiicale, 1862).
En revanche, les anciennes observations de Cruveilher, Hutin, Steinthal, Stanley, signalent les lésions concomitantes des méninges; elles se retrouvent dans tous les faits de Tiirck, moins un, et l'auteur y insiste à plusieurs reprises. Depuis lors, elles ont été maintes fois signalées, et leurs rapports avec la prolifération conjonctive interstitielle ont été de mieux en mieux établis par les observations de Friedreich (a). Bourdon et Luys (6), Oulmont (c), Marrotte (d), Charcot et Vulpian (e), et enfin par les faits de Leyden {f). L'observation 27 de ce dernier montre une sclérose méningée de forme membraneuse, limitée à la moitié posté'-ieure de la moelle, et dans l'observation 31, la lésion de la pie-mère et de ;=cs vaisseaux n'était appréciable qu'au microscope.
{a) Friedreich, Beilage zum Tugblatt der sechsunddreissigsten Versammlung deutscher Naturforscher und Aerzte in Speier, 1861. — Ueber degenerutive Atrophie der spinalen Hinterstriinge (Virchow's Archiu XXVI et XXVII, 1863). ' '
(6) Bourdon, Études cliniques et liistologiques sur l'ataxie locomotrice progressive {Arch. gén. de méd., 1861) . — Nouvelles recherches cliniques et anatomiques sur l'ataxie locomotrice progressive {eod. loco, 1862).
(c) Oulinont, Observation d'atuxie locomotrice, etc. {Union méd., 1862).
■d) Marrotte, Observation d'utaxie locomotrice {Union méd,, 1862).
(e) Charcot et Vulpian, Sur un cas d'atrophie des cordons postérieurs de la moelle épinière et des racines posténmres {Gaz. hebdom., 1862).
(/■) Leyden, Inc. cit.
61 Û PATHOGÉNIE DE l'aTAXIE vDU MOUVEMENT.
les caractères véritables de la lésion; c'est cette même maladie qui, par suite d'une double erreur nosologique et pathologique, a été décrite en France sous le nom d'ataxie locomotrice progressive.
L'interprétation de la sclérose postérieure donne lieu aux mêmes difficultés que la sclérose antérieure, je ne puis omettre d'en dire quelques mots. Cette sclérose estelle toujours l'expression d'une inflammation chronique, et l'atrophie des éléments nerveux n'est-elle que l'elTet tout mécanique de la morbi formation conjonctive ? auquel cas le processus est entièrement semblable à celui qui est connu sous le nom générique de cirrhose, et qui est observé dans le foie, le rein, le poumon, etc.; ou bien, au contraire, la lésion résulte-t-elle d'une déchéance nutritive comme le ferait croire l'augmentation souvent colossale des corps amylacés, et delà matière amyloïde, et l'atrophie des éléments nerveux est-elle le fait primitif et constant, tandis que la prolifération conjonctive est le fait secondaire et contingent? auquel cas, tout le processus doit prendre le nom dégénérescence atrophique.
Pour les raisons précédemment exposées à propos de la sclérose spinale antérieure, je n'hésite pas à accepter la première interprétation, et dans l'espèce, je puis invoquer d'autres considérations : alors même que la lésion du système postérieur est positivement secondaire, alors même qu'elle est déterminée par l'atrophie des nerfs périphériques, ce qui a lieu, ainsi que nous le verrons, dans la spedalskhed, on observe des altérations phlegmasiques non douteuses dans les méninges, et l'on trouve non pas une simple atrophie des éléments nerveux, mais une atrophie avec ôpaississement du réseau conjonctif interstitiel.