SCLÉROSE SPINALE POSTÉRIEURE
D'une autre part, les lésions des capillaires étudiées dans la sclérose spinale par Ordonez, Rindfleisch, Leyden (1), présentent une analogie parfaite avec celles qui marquent le début de la cirrhose hépatique, et je ne puis voir dans l'un et l'autre processus, antre chose qu'un travail inflammatoire à marche lente. Enfin, l'absence presque constante de graisse (toute réserve faite des capillaires), même dans les altérations anciennes, est encore un argument qui plaide contrel'hypothèsedela dégénérescence alrophique pure et simple.
L'ataxie étant le symptôme constant et caractéristique de la sclérose spinale postérieure, quelle qu'en soit la nature, il est clair qu'on l'observera dans toutes les formes de la maladie. Or, cette maladie chronique de la moelle est primitive ou secondaire.
Primitive, elle reconnaît pour causes les plus ordinaires, les conditions suivantes : l'action répétée du froid (2), les fatigues corporelles (3), les excès de coït ou d'onanisme (i), les chagrins et les impressions morales dépressives (5), enfin, l'hérédité (6). Ces causes ne sont pas
(1) Ordonez, Société de biologie, 1862.
Rindfleisch , Hislologisches Détail zu der grauen Degeneralion von Gehirn und Mchenmarli (Virchow's ArcUv, XXVI, 1863). Leyden, loc. cil,
(2) Cruveilhier, Romberg, Wunderlich, Eisenmann, Leyden {loc. cit.)
(3) Schcinlein, Allgemeine und specielle Pathologie und Thérapie. WOrzburg, 1822.
Canstatt, Specielle Pathologie und Thérapie. Erlangen, 18/i3.
Romberg, Teissier, loc. cil.
[Il] La plupart des auteurs qui ont traité du sujet.
(5) Eulenburg, cité par Eisenmann.
Vernay, Observation d'alaxie rmisculaire , etc. [Union méd., 1862). Bourdon, Teissier, loc. cit.
(6) Virchow, Ein Fall, von progressiver Muskelalrophie (Virchow's
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toutes également fréquentes ; malgré l'opinion si souvent exprimée par les auteurs anciens, il est certain que les excès vénériens ne tiennent pas le premier rang dans cette étiologie,W. Horn en avait déjà fait la remarque; l'action du froid et de l'humidité , les fatigues corporelles, notamment les marches forcées, y occupent, au contraire, la plus grande place. Il est certain que la maladie est plus fréquente chez l'homme que chez la femme; sur les soixante-dix observations réunies par Eisenraann, vingt seulement concernent des femmes ; je ne crois pas cependant qu'on doive admettre, d'après cela, une prédisposition particulière et innée du sexe masculin à l'atrophie spinale postérieure, cette différence dans les chiffres s'explique tout naturellement par ce fait que l'homme est beaucoup plus exposé que la femme à l'action des causes occasionnelles ou déterminantes; c'est pour le même motif que la maladie est incomparablement plus commune durant l'âge adulte qu'à toute autre époque de la vie.
Lasclérose spinale postérieure, avec elle l'ataxie, se développe comme lésion secondaire dans la spedalskhed. C'est dans la forme aneslhésique de la maladie qu'est observé ce mode de terminaison, que j'ai déjà signalé dans un travail antérieur, d'après les observations conformes de Danielssen et Bock, Kierulf, Hebra et Lôberg (1). Dans ces
Archiv, VIII, 1855). — Carre, De Vataxie locomotrice progressive. Thèse de Paris, 1862.
Friedreich, Ueber degeneralive Atrophie der spinalen HinlerstrUnge (Virchow's Archiv, XXVI, XXVII, 1863).
Trousseau, Leyden, lac. cit.
(1) Danielssen et Bock, Traite de la Spedalskhed, ou Éléphantiasis de^ Grecs. Paris, 1848.
Kienilf, Ueher die norwegiscfie Spedalskhed {Archiv fiir Path. Anato-
SCLÉROSE SPINALE POSTÉRIEURE. (Vl?
cas, la lésion est toujours complexe, elle est au moins aussi marquée clans les méninges que dans moelle, c'est une véritable sclérose méningo-spinale, avec atrophie des éléments nerveux.
Les symptômes du côté de la moelle sont précédés pendant un temps plus ou moins long d'une anesthésie superficielle et profonde, plus complète que dans aucune autre circonstance. Cette anesthésie résulte de la dégénérescence des nerfs sensibles, à leur terminaison périphérique (1), et les altérations du système postérieur de la moelle sont l'effet d'une propagation secondaire, qui est réglée comme dans les faits de Tûrck, par le sens de la conductibilité fonctionnelle; la lésion première atteint des nerfs centripètes, la lésion secondaire occupe dans la moelle les parties affectées à la conductibilité centripète, c'est-à-dire les éléments qui continuent directement ou indirectement les nerfs sensibles jusqu'à l'encéphale.
Romberg a détaché ces faits de l'histoire du tabès dorsualis pour en traiter dans le chapitre qu'il a intitulé anesthésie spinale; mais en présence de la similitude des lésions anatomiques et des symptômes, je cherche vainement, je l'avoue, les motifs de cette dissociation.
En me basant sur ces faits et sur d'autres observations analogues, j'ai émis l'opinion que celte altération remarquable du système postérieur de la moelle, peut être une
mie, 1852). — Hebra, Skizzen ciner Reise in Norwegea {Zeitsch. der k.'k. Geselsch. der Aerzle zu Wien, 1853).
Liiberg, Die Spedahkiied im SL Jurgcnhospilal zu Bergen {Norsk. Magasin. — SchmidCs Jahrh., LXXX).
Jaccoud, Sur l'alaxio musculaire {Gaz. hebdom., 1802).
(1) Virchow, Remak. Séance de la Société médicale de Berlin, du 2 février 1861.