PÂTHOGÉNIE DE L'ATAXIE DU MOUVEMENT
lésion secondaire résultant cle l'inertie fonctionnelle ou de la dégénérescence des nerfs périphériques. Dans un travail postérieur, Leyden a exprimé la même idée en disant « que la dégénérescence grise des cordons postérieurs se rattache à la fonction des nerfs, qu'elle est en général produite par elle, et qu'elle constitue une atrophie ou une dégénérescence spéciale des parties sensibles delà moelle ; c'est par là que peut être expliquée lalocahsation si nette de cette lésion, d (^).
Cette opinion, qui est incontestable au point de vue physiologique, et à laquelle les travaux de Tiirck donnaient déjà une démonstration indirecte et anticipée, trouve dans la sclérose secondaire de la spedalskhed, une sanction anatomique positive; elle est parfaitement exacte et légitime pour cet ordre de faits-là ; elle ne l'est pas moins pour ces cas dans lesquels les nerfs delà queue de cheval présentent une altération plus ancienne et plus profonde que les autres éléments de la moelle: mais c'est là tout, une générahsation plus étendue cesserait d'être vraie, et dans toutes les circonstances précédemment énumérées, c'est-à-dire au total, dans la majorité des cas, la méningo-myéhte scléreuse ou cirrhose spinale est une lésion primitive de la moelle; elle présente l'ataxie au nombre de ses symptômes caractéristiques, lorsqu'elle occupe le système postérieur, elle détermine une paraplégie à évolution lente, lorsqu'elle atteint le système antérieur.
Paralysie générale. — L'ataxie de la paralysie générale des ahénés a été depuis longtemps signalée, en tant
(1) Leyden, loc. cit., p. 153.
que fait clinique, par le professeur Bouillaud ; il 'a rnoniré que les désordres de la motilité dans les premières périodes de la maladie, ne constituent point une paralysie dans le sens rigoureux du terme, mais un trouble de coordination, qui atteint simultanément ou successivement les organes de la parole et les organes de la locomotion et de la préhension.
La description que donne Wunderlich prouve nettement qu'il a saisi et vérifié la distinction, formulée par Bouillaud : «Difficultés dans les mouvementsjdela langue, dans l'articulation et l'émission de certaines lettres, léger bégayement, ou bien hésitation toute particulière, et interruption de la réponse; au mi lieu d'une phrase ou d'un mot, la parole devient indistincte. — Tremblement des mains pendant les mouvements, inaptitude aux travaux délicats, irrégularité de l'écriture. — Désordres dans les mouvements des membres inférieurs, démarche roide et chancelante, affaissement des genoux, déjettement involontaire du tronc d'un côté à l'autre pendant la marche, tandis que la force matérielle des jambes peut être encore parfaitement conservée. » (1).
Mis en éveil par les travaux de Bouillaud et de Wunderlich , je n'ai jamais laissé passer l'occasion de m'éclairer sur la nature véritable de ces troubles de motilité dits paralytiques, et depuis quatre ans, sur trois individus atteints de paralysie générale et pouvant encore marcher, il m'a été facile de constater que ces désordres étaient constitués par le défaut de coordination volontaire, sans diminution appréciable de la force musculaire.
(1) Wunderlich, Handbuch der Pathologie und Thérapie. Stuttgart,