LÉSIONS DU CERVELET
élargissement du ventricule, tissu cérébral de consistance très-faible et très-anémique (1).
Lésions du cervelet. — L’ataxie de la paralysie générale n’est pas la seule forme de l’ataxie encéphalique ; ce genre comprend deux espèces, l’ataxie cérébrale dont je viens de m’occuper et l’ataxie cérébelleuse. Dans le plus grand nombre des cas, les altérations du cervelet ne déterminent pas une ataxie véritable : elles ont simplement pour résultat des modifications spéciales dans l’équilibre général du corps, et dans l’harmonie bi-latérale des mou- \ements; ce symptôme est connu sous le nom de titubation, et il doit être l’objet d’un diagnostic différentiel qui le sépare de l’ataxie (2). Il est extrêmement probable, sinon certain, qu’une lésion cérébelleuse, qui n’intéresse réellement que le cervelet, ne produit dans la motilité volontaire d’autre désordre que la titubation dont il vient d’être parlé. Mais les connexions du cervelet avec la partie supérieure de la moelle, avec le bulbe, avec la protubérance sont si intimes, que les altérations de cet organe peuvent facilement retentir, soit par extension, soit par irritation de voisinage sur les divers éléments du mésocéphale ; ce fait a été particulièrement mis en lumière par Brown-Séquard (3). C’est alors, et alors seulement, que des phénomènes positifs d’ataxie s’ajoutent à la titubation caractéristique.
(1) Westphal, Tabes dorsualis und Paralysis universalis progressiva (Allg. leitschr. für Psychiatrie, 1863).
(2) Voyez, dans le chapitre suivant, ce diagnostic différentiel.
(3) Brown-Séquard, Experimental Besearches appliedto Physiology and Pathology. Boston, 1853. — Course of Lectures on the Physiology and Pathology of the central Nervous System. Philadelphia, 1860. — On the Diagnosis of Hœmorrhage into the Cerebellum ( Lancet , 1861).
L’analyse dos fails montre que celle alaxic estloujours incomplète ; tantôt elle est produite par l’abolition du sens musculaire, tantôt elle résulte de mouvements désordonnés et involontaires, qui se jettent à la traverse de l’acte moteur normal, et lui impriment un caractère non douteux d’ataxie. Ainsi, dans l’observation de Dunn, nous voyons une fille être atteinte d’une hémiplégie droite imparfaite; les muscles du bras et de la jambe répondaient encore aux ordres de la volonté; avec sa main droite la malade pouvait saisir fortement un objet quelconque, et elle le tenait aussi longtemps que ses yeux et son attention étaient fixés sur lui, mais si les regards étaient détournés, si l’attention était suspendue, elle laissait choir l’objet sans en avoir conscience. A l’autopsie, on a trouvé dans le lobe latéral gauche du cervelet une masse tuberculeuse, placée un peu en dehors de la ligne médiane (1).
En revanche, dans le fait de Meynert, qui concerne une femme goutteuse, les troubles de la motilité volontaire ont consisté en un désordre véritable de l’harmonie des mouvements, et l’auteur a comparé ce défaut de coordination à celui qu’on observe dans la sclérose spinale postérieure. A l’autopsie, il a constaté une atrophie scléreuse avec dépôt amyloïde de l’hémisphère droit du cervelet, et de la protubérance. L’étude microscopique des coupes de la protubérance a montré que l’atrophie ne portait pas sur les fibres longitudinales qui relient le
(1) R. Dunn, An Essay on Physiological Psychology. London, 4858.
Comparez :
Carpenter Human Physiology. London, 1845.