DIAGNOSTIC PATHOGÉNIQUE
motrice proprement dite et toute la série des affection? convulsives, la chorée et la paralysie agitante par exemple.
Diagnostic patliogéniquc.
En lui-même ce diagnostic est beaucoup plus simple que pour les paraplégies, parce que les solutions du problème sout infiniment moins nombreuses ; l’analyse précédente lui enlève d’ailleurs toute difficulté.
Au point de vue sémiotique, l’ataxie présente trois formes , savoir : l’ataxie complète, l’ataxie incomplète par défaut de coordination volontaire , l’ataxie incomplète par défaut de coordination automatique ; les caractères propres de ces formes ont été décrits.
D’un autre côté, l’étude de tous les faits connus démontre, au point de vue pathogénique, quatre espèce? d’ataxies, deux appartiennent à l’ataxie organique, ce sont l’ataxie spinale et l’ataxie encéphalique; la troisième est une des suites possibles de la dyscrasie diphthérique; la quatrième est un des troubles fonctionnels déterminés par l’hystérie.
Amenée à ces termes, la question prend une simplicité inattendue; car s’il existe une relation constante entre les caractères sémiotiques du phénomène et le processus pathogénique , il est clair que la notion de ce dernier surgira aussitôt de la constatation pure et simple de la forme symptomatique. Or, l’observation révèle précisément des rapports de ce genre, et les propositions suivantes ressortent de l’examen comparatif des faits.
L’ataxie spinale (sclérose ou dégénérescence atrophique du système spinal postérieur) est toujours complète.
— L’ataxie encéphalique est toujours incomplète. Dans l’ataxie encéphalique cérébelleuse, on observe indifféremment, selon les cas, le défaut de coordination volontaire ou le défaut de coordination automatique. Dans l’ataxie encéphalique cérébrale (méningo-encéphalite diffuse, paralysie générale), c’est la coordination volontaire qui est pervertie. — Jusqu’ici l’ataxie hystérique s’est toujours montrée incomplète : tantôt elle résulte de l’abolition passagère ou persistante du sens musculaire (coordination volontaire); tantôt elle provient des désordres de l’excitabilité spinale (coordination automatique). — Quant à l’ataxie diphthérique, il est difficile de tirer des conclusions rigoureuses de l’interprétation rétrospective des faits qui ont été confondus sous le nom de paralysie; tout (ce que je puis dire, c’est que chez le malade que j’ai observé, l’ataxie était aussi complète que possible.
Que résulte-t-il de là? on peut le pressentir. Üne fois que l’étude clinique de l’ataxie en a fait connaître la forme, complète ou incomplète, les termes du diagnostic pathogénique se groupent deux à deux, et ce rapprochement met en parallèle des faits tellement dissemblables par le reste de leurs caractères, qu’il suffit pour révéler la solution définitive.
On a reconnu une ataxie incomplète : le diagnostic pathogénique sè limite dès lors entre une lésion encéphalique et l’hystérie ; n’est-il pas achevé par cela même? On observe, au contraire, une ataxie complète : la question se pose entre la lésion du système spinal postérieur et la dyscrasie diphthérique; qu’on soit alors renseigné sur les antécédents du malade , et il n’y a plus d’hésitation possible.
DIAGNOSTIC PATIIOGÉNIQUE.
Tels sont les éléments précis et rigoureux que l’analyse sémiotique de l’ataxie fournit au diagnostic pathogénique. Est-ce à dire que ces moyens de jugement soient les seuls qui se présentent au médecin? non certes; mais ce sont les seuls qui soient fournis par l’ataxie elle-même; conséquemment c’est à eux qu’il faut s’adresser d’abord lorsqu’il s’agit de déterminer l’origine du désordre; de même, par exemple, que lorsqu’on recherche la condition pathogénique du vomissement, on doit étudier les caractères de ce symptôme en lui-même, avant de prendre en considération les autres accidents dont il est accompagné. Cette règle de sémiologie est immuable ; qu’il s’agisse de l’ataxie motrice ou de l’un quelconque des phénomènes qui sont du domaine de la sémiotique, elle doit être suivie; dans l’espèce, elle doit l’être avec d’autant plus de rigueur, que l’étude du symptôme lui-même peut suffire pour en révéler le processus pathogénique. Quant aux désordres variés qui peuvent coïncider avec l’ataxie du mouvement volontaire, ils n’ont avec elle d’autre rapport que la simultanéité du développement et la communauté de l’origine; en d’autres termes, ils ne sont point le fait de l’ataxie, ils sont, comme elle et avec elle, les symptômes de la maladie quelconque, qui a troublé la motilité volontaire; voiLà le fait que j’ai à cœur de mettre en lumière, parce qu’une erreur grave a été commise à ce sujet; je ne crains pas d’v insister.
Dans le groupe des ataxies, il en est une qui, par sa fréquence non moins que par sa gravité, dépasse toutes les autres en importance, c’est celle qui est symptomatique de l’atrophie des couches postérieures de l’axe spinal. Eh bien! qu’est-il arrivé? le jour où l’on a eu la malen-
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conlreuse idée de dénommer cette maladie de la moelle par l’im de ses symptômes, on a été conduit fatalement à assigner à ce symptôme des caractères artificiels et arbitraires, et l’on a attribué à ce phénomène unique tout l’ensemble des accidents divers, qui forment la symptomatologie de l’atrophie spinale postérieure; faute aussi grande que si l’on rapportait à l’ataxie cérébelleuse, et non pas à la lésion du cervelet, les vomissements, la douleur et la contracture cervicales qu’on observe simultanément.
En résumé, l’ataxie est uniquement et exclusivement constituée par des désordres spéciaux de la motilité volontaire; les symptômes très-divers qui peuvent coïncider avec ces désordres ne relèvent point de l’ataxie, ils procèdent d’une lésion primordiale commune, qui tient sous sa dépendance tous les phénomènes observés.
J’ai étudié jusqu’ici les signes tirés de la motilité, c’està-dire les caractères différentiels fournis par l’ataxie ellemême; voyons maintenant ceux qui sont donnés par les symptômes antérieurs ou concomitants.
Ataxie dyscrasique et fonctionnelle. — Dans l’ataxie hystérique et dans la diphthérique, ces caractères sont de deux ordres : d’une part, les signes anamnestiques qui démontrent chez le malade l’existence de l’hystérie ou d’une diphthérie antérieures; d’autre part, l’absence des phénomènes caractéristiques d’une lésion matérielle des centres nerveux, et notamment l’absence de ces manifestations douloureuses qui revêtent, selon les cas, la forme de céphalalgie, de douleur en ceinture ou d’irradiations fulgurantes.
Ataxie encéphalique. — L’ataxie encéphalique céré-