L . CASSATION DES IMPRESSIONS
travail postérieur, il lui a été facile de montrer le peu de solidité des objections qu’avait présentées Bergmann (1) contre la généralisation de cette loi. Je ne crois pas qu’il soit besoin de longs développements pour faire ressortir toute l’importance de ce principe. En nous apprenant, en effet, que ce sont les divers rameaux d’un même nerf mixte qui font mouvoir le muscle, et qui nous apportent les impressions cutanées résultant de ce mouvement, il nous donne la raison anatomique de cette étroite solidarité qui subordonne l’intégrité du mouvement à l’intégrité de la sensibilité cutanée; il nous montre qu’au point de vue des impressions transmises à l’encéphale, par V intermédiaire du tégument externe , chaque muscle doit être considéré comme pourvu d’une sphère de sensibilité indépendante de celle des muscles voisins, et il nous permet ainsi de concevoir plus clairement le mécanisme des désordres qui apparaissent dans les phénomènes de motilité, lorsque l’abolition de cette sensibilité extrinsèque a supprimé l’une des voies par lesquelles le sensorium prend connaissance de l’accomplissement et des caractères du mouvement.
Do l’action conductrice de la moelle dans ses rapports avec la localisation des impressions et l’associatiou coordonnée des mouvements.
Je cherche en vain pourquoi cette question a été passée sous silence par plusieurs physiologistes contemporains ; il n’en est pas cependant de plus importante au point
(J) Bergmann, GüUingische gelefirlc M^eigen^ 1$56,
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de vue des manifestations normales des fonctions de sensibilité et de motilité, et la connaissance de l’influence exercée par la moelle, comme organe conducteur, reste nécessairement incomplète, si l’on néglige l’étude de ce problème. La solution en est d’ailleurs singulièrement facilitée par les notions que nous possédons aujourd’hui sur la constitution anatomique de l’axe rachidien.
Les cordons postérieurs renferment au nombre de leurs éléments des fibres qui sont la continuation directe des racines postérieures, prolongées jusqu’à l’encéphale; d’un autre côté, toutes les fibres nerveuses élémentaires obéissent à la loi de la conductibilité isolée , en d’autres termes, elles sont douées d’une propriété en vertu de laquelle l’excitation quelconque qui les atteint reste confinée dans la fibre primitivement excitée, et la parcourt, dans toute sa longueur, sans passer jamais dans la fibre nerveuse voisine (1). Ces deux conditions réunies nous permettent de
(1) Cette propriété n’est pas la seule qui distingue la conductibilité dans les fibres nerveuses; il en existe une autre qui, pour être moins importante au point de vue pratique, n’en a pas moins un haut intérêt scientifique, et je ne puis passer outre sans la signaler en quelques mots. Cette propriété, dont la découverte et la démonstration sont dues aux immortels travaux de du Bois-Reymond est celle de la conductibilité en deux sens. Toute fibre nerveuse peut transmettre dans les deux sens, c’est-à-dire dans le sens centrifuge et dans le sens centripète, les excitations qui portent sur elle. Cette proposition semble tout d’abord être contraire aux faits fondamentaux de la physiologie du système nerveux , puisque la loi de Bell établit péremptoirement que les fibres motrices transmettent l’excitation aux muscles, c’est-à-dire dans le sens centrifuge, tandis que les fibres sensibles les apportent à la moelle et à l’encéphale, c’est-à-dire dans le sens centripète. L’apparence paradoxale disparaîtra si l’on songe qu’il faut distinguer ici entre la conductibilité fonctionnelle dont nous constatons facilement les effets, et la conductibilité absolue, qui ne peut être révélée que par une méthode spéciale d’expérimentation. Nous excitons un nerf moteur, nous ne voyons d’effet se produire qu’à f’e^tréniitô périphérique, c’est-à-dire